« La réforme a été mise en place de façon trop brutale. »
« Beaucoup d’étudiants ont été maltraités. »
« Faire une licence de droit pour vouloir faire médecine, est-ce que c’est vraiment logique ? »
Pr Didier Samuel, président de la Conférence des Doyens des Facultés de Médecine
« Le Téléphone Sonne », France Inter, mardi 20 septembre 2022.
Trois phrases que ne saurait renier le Collectif National Pass L.as tant il les a répétées depuis deux ans, leitmotivs de son combat contre la réforme du 1er cycle des études de Santé mise en place en 2020.
Trois phrases, trois aveux par ceux qui conduisent cette réforme de sa violence et de son absurdité.
Trois phrases pour une confirmation sans équivoque de la véracité du combat que nous menons.
Les propos du Pr Samuel ouvrent des perspectives de dialogue et de concertation que nous appelons de nos vœux et auxquels nous voulons apporter notre expertise, fruit de notre ancrage sur l’ensemble du territoire. Elle nous a conduits à lancer des alertes sur les dérives auxquelles pourrait mener cette réforme et que l’actualité vient malheureusement matérialiser:
*désaffection de la filière pharma due à une absence de visibilité (1100 places non pourvues en pharma en 2e année lors de cette rentrée)
difficultés, échecs ou abandon en P2 médecine pour les étudiants issus de L.AS 1
*fuite vers l’étranger pour les étudiants reçus-collés
*mal-être des étudiants noyés dans cette réforme
*mal-être des étudiants noyés dans cette réforme auxquels on ose dire qu’ils avaient seulement compris qu’il n’y aurait plus de sélection à l’entrée des études !
Le Collectif National Pass Las veut croire que cette prise de conscience, certes tardive mais nécessaire, marque une avancée capitale dans la révision en profondeur de cette réforme qui, en seulement deux ans, a brisé la vocation de milliers d’étudiants et envoyé vers les facultés étrangères des centaines d’autres.
Nous aurions ainsi toutes les raisons de nous réjouir de ces propos. Ils ne lèvent malheureusement pas tous nos doutes. Au contraire. Si nous nous accordons sur le bilan déplorable de cette réforme, nous nous opposons toujours sur le chemin à emprunter pour redonner du sens, de l’équité et de la clarté à ces études.
S’il reconnaît que la réforme « doit être améliorée à tous les niveaux », le Pr Samuel prévient cependant qu’il ne reviendra pas en arrière. Il s’aligne sur la position de la nouvelle ministre de l’enseignement supérieur, Mme Sylvie Retailleau qui affirme qu’il n’est pas question de l’abroger. Elle la considère même comme « un chantier capital » de son ministère.
Nous condamnons l’usage de cette sémantique terrifiante. Deux ans après son application, cette réforme en est donc bel et bien toujours à l’état de chantier. Et pendant qu’ils jouent aux apprentis architectes, qui tentent de redresser une réforme déjà à l’état de ruines, combien d’autres étudiants-ouvriers vont voir leur vocation déconstruite?
Les ministres se succèdent mais l’aveuglement, l’entêtement et le mépris affiché à l’encontre du mal-être des étudiants restent finalement désespérément les mêmes. Malheureusement, partir la fleur au fusil, sans préparation, demeure une spécialité bien française bien qu’on sache qu’elle mène à la déroute. Cette réforme du 1 er cycle des études de Santé en est une nouvelle preuve.
Mais tant qu’ils suivent la feuille de route qu’on leur a fixée, qu’importe finalement pour ces élus bien installés sous les ors de leur ministère, pourtant censés agir pour le bien de leurs concitoyens, que des étudiants soient menés à l’abattoir, victimes de la désorganisation majuscule de cette réforme.
Le Collectif National Pass Las maintient que la solution pour sortir tous ces étudiants du marasme dans lequel cette réforme les a plongés est de repartir d’une feuille blanche :
Seule l’abrogation de cette réforme inique, inégalitaire, injuste et maltraitante permettra d’y parvenir.
Le Collectif Pass/L.as national
collectifpasslasnational@gmail.com