La Madrague, lieu de mémoire : laissez-nous vous raconter l’histoire de Belinda


Bonjour à toutes et à tous,
Avant toute chose, nous souhaitons remercier chaleureusement chacune et chacun d'entre vous pour votre mobilisation et vos nombreux partages sur les réseaux sociaux.
Il y a maintenant trois mois, nous lancions cette pétition afin de demander que La Madrague, demeure emblématique de Brigitte Bardot à Saint-Tropez, soit préservée et puisse faire l’objet d’une véritable reconnaissance patrimoniale.
Après avoir volontairement attendu la fin de la période estivale pour engager les démarches auprès des services compétents, notre mobilisation vient de franchir une nouvelle étape.
Le 24 août 2026, nous avons adressé à la Conservation régionale des monuments historiques (CRMH) de la DRAC Provence-Alpes-Côte d’Azur un dossier argumenté demandant officiellement que soit étudiée la possibilité d’une protection patrimoniale de La Madrague.
Dans ce dossier, nous avons souhaité montrer que protéger La Madrague ne signifie pas seulement préserver une maison indissociable de la vie et de l’histoire de Brigitte Bardot. La Madrague est aussi un lieu de mémoire.
Et quelques jours seulement avant l’envoi de notre dossier, des images diffusées à la télévision sont venues illustrer de manière particulièrement forte cette dimension.
Le 21 août 2026, France Télévisions diffusait un documentaire consacré aux 40 ans de la Fondation Brigitte Bardot.
Au cours de ce documentaire, les téléspectateurs ont notamment pu voir le petit cimetière des animaux de Brigitte dans le jardin de La Madrague, où reposent les nombreux compagnons qui ont partagé sa vie.
Mais parmi les croix montrées à l’écran, l’une d’elles porte un prénom :
BELINDA.
Le lieu est présenté dans le documentaire comme le cimetière des animaux de Brigitte. Pourtant, la croix de Belinda apparaît elle aussi à l’image, sans qu’une seule phrase ne soit consacrée à son histoire.
Peut-être cette histoire était-elle simplement inconnue des auteurs du documentaire. Elle a pourtant été racontée par Brigitte elle-même dans son livre Larmes de combat, publié en 2017.
Alors aujourd’hui, laissez-nous vous raconter l’histoire de Belinda.
Belinda était une jeune femme avec laquelle Brigitte avait entretenu une longue correspondance. Toutes deux partageaient notamment un profond amour des animaux.
Gravement malade, Belinda est décédée le 24 novembre 2004, à seulement vingt ans.
Avant de partir, elle avait formulé un souhait très particulier : que ses cendres soient déposées au cimetière des animaux de Brigitte, à La Madrague.
Dans Larmes de combat, Brigitte raconte qu’après la disparition de Belinda, ses parents sont venus à Saint-Tropez. Une cérémonie religieuse fut organisée avec le prêtre de Saint-Tropez et les cendres de la jeune femme furent déposées auprès des animaux disparus de Brigitte.
Une croix portant son prénom marque ce lieu.
C’est cette croix, portant le nom de BELINDA, que les téléspectateurs ont pu apercevoir dans le documentaire diffusé le 21 août dernier.
L’histoire de Belinda prend une dimension encore plus particulière lorsque l’on poursuit la lecture de Larmes de combat.
Brigitte y explique l’importance fondamentale qu’elle accordait aux lieux où reposent les êtres qu’elle avait aimés. Elle évoque ses animaux enterrés à Bazoches, à La Madrague et à La Garrigue, et indique avoir laissé des instructions afin que leurs tombes continuent d’être entretenues après sa propre disparition.
Elle écrit notamment ces mots :
« L’oubli après la mort est pire que la mort elle-même… »
Ces quelques mots disent beaucoup de la valeur que Brigitte accordait à ces sépultures et à la préservation de leur mémoire.
C’est pourquoi nous avons tenu à ce que l’histoire de Belinda figure dans le dossier de demande de protection patrimoniale transmis à la CRMH.
Nous y avons joint les pages de Larmes de combat dans lesquelles Brigitte raconte son histoire et exprime l’importance qu’elle accorde à ces lieux de repos, ainsi que des captures du documentaire diffusé par France Télévisions le 21 août, attestant de la présence actuelle de la croix de Belinda dans le jardin de La Madrague.
Car protéger La Madrague ne signifie pas seulement préserver ses murs.
C’est préserver un lieu intimement lié à la vie de Brigitte Bardot, à son histoire, à ses combats et à son engagement pour les animaux. C’est aussi préserver son jardin, son cimetière et les traces de ceux qu’elle a voulu garder auprès d’elle.
Et parmi ces histoires se trouve celle, profondément humaine et probablement méconnue, d’une jeune femme de vingt ans dont le dernier souhait l’a liée pour toujours à La Madrague.
Belinda.
Notre dossier est désormais entre les mains de la Conservation régionale des monuments historiques. Nous vous tiendrons bien entendu informés des suites qui seront données à notre demande.
En attendant, continuons à signer, à partager et à faire connaître cette pétition. Plus nous serons nombreux, plus nous pourrons témoigner de l’attachement collectif à ce lieu et de notre volonté de voir sa mémoire préservée.
Protéger La Madrague, c’est aussi protéger les histoires qu’elle abrite.
Et ne pas oublier Belinda.