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TAGS EN PAGAILLE
Lyon va-t-elle quitter la liste du patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO ?
En mars 2022, LyonMag alertait sur la prolifération des tags en ville, ainsi que la propreté des rues laissant de plus en plus à désirer. « Lyon devient moche », titrait notre rédaction. Un an plus tard, des habitants se mobilisent.
Sa pétition a recueilli près de 2000 signatures.
Édouard Hoffmann est aujourd'hui le visage de la lutte contre les tags qui s'accumulent en Presqu'ile. Il faut dire que les manifestations hebdomadaires contre la réforme des retraites, s'accompagnent systématiquement de nouvelles inscriptions, rarement très artistiques. « Un parpin (sic) pour Darmanin », « C plus joli cassé » ou « Mort aux flics » sont autant d'exemples des messages fleuris proposés par les casseurs armés de bombes à peinture.
Edouard Hoffmann réclame un sursaut de la part de la Ville de Lyon, qui a tendance à catégoriser le moindre tag comme une œuvre d'art. Si la préfecture avait pour habitude de faire comprendre que toute inscription anti-flic comme « ACAB » devait être rapidement enlevée par les services de la mairie ou de la Métropole, il semble qu'elle a baissé les bras.
D'où les demandes formulées par le citoyen outré de voir sa ville s'enlaidir :
* L'enlèvement systématique, rapide et qualitatif dans le secteur UNESCO de tous les tags qu'ils soient sur des bâtiments privés ou publics, des vitrines des commerces, des portes, des sculptures, des murs des quais des fleuves, des ponts ou du mobilier urbain », « la création dune brigade de proximité efficace qui assure la sécurité du centre de Lyon, avec des missions de prévention et de verbalisation » et des « campagnes publicitaires et de communication massives sur le civisme, le jet des mégots de cigarettes sur la voie publique, l'abandon des déjections canines et la pollution visuelle des tags avec les amendes encourues ».
À ses mails et requêtes, la Ville ne lui a pas répondu.
PROJET DE LABELLISATION DES MURS PEINTS
Robert Cambet, qui fut le président de feu Canol, l'association des contribuables de la Métropole de Lyon, a également sollicité des élus. Et ce sont les services qui lui ont indiqué que les tags se multipliant sur le mur de l'Annonciade ne pouvaient pas être enlevés. Pourquoi ? Parce que les murs peints sont généralement privés, ici propriété de la clinique Saint-Charles, et que la mairie ne peut intervenir. L'adjoint au Patrimoine, Sylvain Godinot, s'est donc lancé sur un projet de labellisation des murs peints « pour lesquels nous pourrions conventionner avec les propriétaires privés, afin de contribuer dorénavant à leur entretien ».
Mais la mairie de Lyon réclame encore un délai de plusieurs mois de travail et de concertation, tout en sachant que tous les murs peints ne seront pas concer-nés, et que cela ne règle pas le problème des autres surfaces, allant des statues aux murs plus classiques.
Comme soulevé par Edouard Hoffmann et sa pétition, le risque serait de voir Lyon sortir de la liste du Patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO qu'elle avait intégré en 1998. Le Vieux-Lyon et Fourvière sont plutôt épargnés, mais les Pentes de la Croix-Rousse et la Presqu'ile changent de visage. La statue de Louis XIV place Bellecour est taguée depuis des semaines, et ce n'est que la partie la plus visible d'un iceberg qui pose question.