

Professionnels de l'enfance et parents, nous ne pouvons pas nous taire
Le problème
Nous, professionnels de l'enfance et parents, sommes profondément choqués par les blessures graves infligées ces derniers jours à des adolescents lors des blocages de lycées. À Lens, un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade assourdissante devant son établissement ; à Saint-Ouen-l'Aumône, un garçon de 14 ans a eu la mâchoire fracturée par un tir de lanceur de grenades ; à Tours, un lycéen a été grièvement blessé à l'œil.
Ces cas sont heureusement rares. Mais un seul suffit à nous alerter : ce sont des mineurs, et ces blessures entraînent des séquelles physiques et psychiques durables, parfois irréversibles, à un âge où le corps et l'identité se construisent.
Quelle que soit l'appréciation portée sur les blocages, et y compris lorsque des tensions surgissent, l'usage d'armes capables de mutiler n'a pas sa place face à des adolescents. La force publique doit rester proportionnée, a fortiori devant un lycée.
C'est à l'adolescence que se forge le rapport à la loi, à la justice et aux institutions. Lorsque celles-ci font preuve de retenue et de discernement, elles enseignent mieux que tout discours ce qu'est une démocratie ; lorsqu'elles blessent, elles laissent une génération entière douter de la protection qu'elle est en droit d'attendre. L'exemplarité de l'État envers sa jeunesse n'est pas une faveur : c'est la condition de la confiance future.
Nous ne pouvons pas non plus ignorer ce qui a mis ces jeunes dans la rue. Classes surchargées, professeurs non remplacés, bâtiments vétustes, rythmes scolaires non respectueux des besoins physiologiques des adolescents, pression de l'orientation : l'école est le premier lieu de vie des adolescents, et ses conditions pèsent directement sur leur équilibre. Or leur santé mentale est déjà fragile : selon Santé publique France, près d'un lycéen sur cinq présente aujourd'hui un risque important de dépression. Entendre leurs inquiétudes plutôt que d'y répondre par la force relève aussi de la prévention.
Nous demandons :
- l'interdiction des armes de force intermédiaire face à des mineurs ;
- des enquêtes indépendantes et transparentes sur chaque blessure grave ;
- une doctrine de maintien de l'ordre adaptée aux abords des établissements scolaires ;
- une écoute réelle des revendications des lycéens sur leurs conditions d'études;
Protéger les enfants est notre responsabilité commune. C'est aussi le devoir de l'État.

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Le problème
Nous, professionnels de l'enfance et parents, sommes profondément choqués par les blessures graves infligées ces derniers jours à des adolescents lors des blocages de lycées. À Lens, un lycéen de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade assourdissante devant son établissement ; à Saint-Ouen-l'Aumône, un garçon de 14 ans a eu la mâchoire fracturée par un tir de lanceur de grenades ; à Tours, un lycéen a été grièvement blessé à l'œil.
Ces cas sont heureusement rares. Mais un seul suffit à nous alerter : ce sont des mineurs, et ces blessures entraînent des séquelles physiques et psychiques durables, parfois irréversibles, à un âge où le corps et l'identité se construisent.
Quelle que soit l'appréciation portée sur les blocages, et y compris lorsque des tensions surgissent, l'usage d'armes capables de mutiler n'a pas sa place face à des adolescents. La force publique doit rester proportionnée, a fortiori devant un lycée.
C'est à l'adolescence que se forge le rapport à la loi, à la justice et aux institutions. Lorsque celles-ci font preuve de retenue et de discernement, elles enseignent mieux que tout discours ce qu'est une démocratie ; lorsqu'elles blessent, elles laissent une génération entière douter de la protection qu'elle est en droit d'attendre. L'exemplarité de l'État envers sa jeunesse n'est pas une faveur : c'est la condition de la confiance future.
Nous ne pouvons pas non plus ignorer ce qui a mis ces jeunes dans la rue. Classes surchargées, professeurs non remplacés, bâtiments vétustes, rythmes scolaires non respectueux des besoins physiologiques des adolescents, pression de l'orientation : l'école est le premier lieu de vie des adolescents, et ses conditions pèsent directement sur leur équilibre. Or leur santé mentale est déjà fragile : selon Santé publique France, près d'un lycéen sur cinq présente aujourd'hui un risque important de dépression. Entendre leurs inquiétudes plutôt que d'y répondre par la force relève aussi de la prévention.
Nous demandons :
- l'interdiction des armes de force intermédiaire face à des mineurs ;
- des enquêtes indépendantes et transparentes sur chaque blessure grave ;
- une doctrine de maintien de l'ordre adaptée aux abords des établissements scolaires ;
- une écoute réelle des revendications des lycéens sur leurs conditions d'études;
Protéger les enfants est notre responsabilité commune. C'est aussi le devoir de l'État.

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Pétition lancée le 6 octobre 2026