Victoire confirmée

Non à l'expulsion d'Amjad !

Cette pétition a abouti avec 1 720 signatures !


Amjad est un jeune Soudanais de 19 ans. Arrêté le 20 mars dernier, il était jusqu’à présent retenu au Centre de rétention administrative de Oissel. Son expulsion est imminente. Il n’a rien fait de répréhensible, aucun délit n’a été commis : sa seule « faute » est de circuler sur le territoire français sans papiers. Surtout, il se trouvait lors de son arrestation sur Ouistreham qui, depuis quatre mois, fait partie des quelques zones frontalières où l’on peut procéder à des contrôles inopinés. L’arrêté du 28 décembre 2018 était défendu comme une mesure permettant de protéger les mineurs et de conduire les personnes migrantes vers des centres. Ce qui se passe pour Amjad confirme ce dont tout le monde se doutait : il s’agit surtout d’éloigner les personnes migrantes des côtes, de les faire disparaitre du paysage, voire de les expulser du territoire quand cela est possible.

On mesure mal encore les conséquences de telles pratiques, mais on sait qu’elles peuvent être terribles. On comprend aussi à quel point l’application de la nouvelle loi Asile et immigration durcit les conditions d’accès au statut de réfugié. Ceux qui renoncent au passage vers l’Angleterre et se tournent vers les autorités françaises s’aperçoivent bien vite qu’ils ont affaire à des procédures complexes, difficilement compréhensibles et relativement arbitraires, où les délais imposés ne leur permettent pas de défendre leurs droits. Bien qu’accompagnés par des associations compétentes juridiquement, ils sont en difficulté pour faire une demande d’asile, l’accès aux services devenant de plus en plus compliqué. Du côté des autorités, les refus sont de plus en plus rapides et ne laissent pas le temps de constituer un dossier solide. De surcroît, la charge de la preuve incombe de plus en plus aux demandeurs d’asile.

Ainsi, la demande d’Amjad a été refusée en moins de dix jours par l’OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides), qui faisait valoir qu’il ne disposait pas de preuves suffisantes de la dangerosité de sa situation au Soudan. Et pourtant, Amjad, qui est originaire du Darfour, a été arrêté arbitrairement, emprisonné et interrogé de manière musclée au Soudan. Il y a fait l’objet de menaces réitérées et a dû fuir. Aucun de ces faits n’a vraiment été contesté par les autorités chargées d’examiner son dossier. Aujourd’hui encore, elles permettent à Amjad d’avoir recours à CNDA (Cour nationale du droit d’asile), qui doit encore examiner son dossier.

Faut-il attendre que des personnes soient torturées ou meurent pour qu’on reconnaisse la légitimité de leurs craintes ? Le pire, ici, est que des personnes soudanaises expulsées d’Europe ont déjà vécu ce genre de situation. Il semble qu’en France on s’en lave les mains. Et la situation politique actuelle du Soudan n’y change rien : si le dictateur Omar El-Bechir a été renversé par l’armée, rien ne dit que le système qu’il a mis en place et que les hommes qui l’ont soutenu disparaissent. Dans une organisation de ce genre, avec des hommes formés à la dénonciation et à la torture, n’importe quel individu revenant d’Europe peut être suspecté de trahison.

Malgré l’opacité de la procédure comme de la rétention des personnes, malgré la difficulté de communiquer avec Amjad, ses amis et ceux qui l’ont hébergé reçoivent des nouvelles des plus inquiétantes. Ils sont extrêmement, et légitimement, préoccupés. Non seulement pour lui, mais pour ce qui peut se passer ensuite. Si on peut arrêter n’importe qui en France, et traiter comme des criminels des personnes dont le seul tort est d’être étrangères et sans papiers, si on s’autorise à faire fi de la dignité qui est due à chacun, comme des précautions les plus élémentaires, si on s’habitue à de telles ignominies, alors nous nous préparons au pire. Et nous deviendrons un pays qui, au regard de l’histoire, se sera associé à des actes criminels. Arrêtons cela le plus vite possible !



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