

Comme affirmé par Patrick Mignola, le ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé des Relations avec le Parlement lors d'un débat à l'Assemblée nationale le 11 mars 2025:
« Pour le gouvernement, l’association des citoyennes et des citoyens à l’élaboration des politiques publiques est une question majeure et une condition indispensable de la solidité et de la vitalité de notre démocratie. »
Cette prise de conscience par le Gouvernement est une première étape mais le sentiment général actuel est que la parole citoyenne ne peut s’exprimer qu’au moment des élections et qu’il n’y a plus aucune participation directe pendant le déroulement du mandat représentatif à l'exception de grands conclaves qui débouchent souvent sur de bonnes propositions mais qui sont rarement reprises et mises en oeuvre par les décisionnaires.
Comme pour la participation - plutôt réussie - de représentants du Personnel dans les Conseils d’Administration des grandes entreprises, il est proposé de désigner des Représentants Citoyens participants aux différents organismes de la décision politique : au niveau des Cabinets Ministériels, dans les Commissions Parlementaires, et au niveau Gouvernemental, là où se discutent et se prennent les décisions.
Ils seraient tirés au sort (avec condition d’être inscrit sur les listes électorales) pour une certaine durée - de l'ordre de 6 mois ou un an - au bout duquel ils devraient rendre un rapport pour éclairer sur leur expérience et faire des recommandations pour améliorer le processus et la démarche citoyenne.
Ils seraient "parrainés" par un élu qui les suivraient tout le long de leur mandat.
Ils n'auraient pas le droit de vote mais devraient obligatoirement donner leur avis (qui serait rendu publique).
afin:
1. de faire entendre et de tenir compte d'une voix citoyenne sur les questions sociales, sociétales, fiscales, en amont des propositions de Lois ou des Décisions et Arbitrages
2. d’ inciter les gouvernants à plus de pédagogie, de clarté, d’explication avant de décider, en échangeant directement (et non pas au travers de sondages) avec des représentants de la Société Civile
3. de rendre compte des débats et d’émettre un avis - public - sur les décisions politiques, permettant un éclairage sur les enjeux, les différents exprimés et la prise en compte Citoyenne.
Il s’agit d’une mesure très simple à mettre en œuvre, sans bousculer le cadre des institutions actuelles, à caractère pérenne (contrairement aux Référendums ponctuels ou aux Grands Débats limités dans le temps), à même de répondre à la demande de plus de Démocratie Directe, de mieux et plus participer aux choix et orientations, de limiter l’entre-sois et de régénérer les institutions de la République.
Si l’expérience est concluante, le mécanisme peut être par la étendu aux autres organes institutionnels : le Parlement, le Sénat, les Ministères, la Présidence de la République..
Cette nouvelle approche citoyenne peut s'appeler la Col-libération.
C’est un processus décisionnel hybride qui intègre, en amont et de manière systémique, la participation citoyenne dans les organes de décision gouvernementaux, ministériels ou locaux. Elle repose sur trois piliers :
- La Collaboration : pour une co-construction des politiques publiques entre citoyens, experts et décideurs.
- La Libération : pour une émancipation des citoyens dans l’expression de leurs besoins, objections et propositions, sans filtre médiatique ou partisan.
- La Délibération : our un processus structuré de dialogue, d’argumentation et de vote, aboutissant à des décisions légitimes et partagées.
C'est une proposition ambitieuse, concrète et innovante. Elle s’inscrit dans une logique de démocratie délibérative et de représentation citoyenne directe, en s’inspirant de mécanismes éprouvés (comme la participation salariale dans les Conseils d’Administration) tout en les adaptant au secteur public.