

Pour une ouverture des Archives d'Alsace 5 jours par semaine
Le problème
Monsieur le président de la Collectivité européenne d’Alsace, Mesdames et Messieurs les élus,
Usagers des Archives d’Alsace – site de Strasbourg (AAS), nous avons appris avec stupeur la décision prise à compter du 15 janvier 2025 de ne plus ouvrir que trois jours par semaine, non consécutifs qui plus est. Cette nouvelle organisation, incompréhensible et inexpliquée, constitue le point final à une regrettable dégradation du service public confié à cette institution.
Avec quatre jours d’ouverture, les AAS se classaient déjà en-dessous de 43 services équivalents sur le territoire national, départements ultramarins compris ; en passant à trois jours, elles font certes mieux que le Loir-et-Cher (deux jours), mais situent Strasbourg dans les 10% des sites les moins accueillants de France. Nous avons bien du mal à comprendre et à expliquer à nos collègues français ou étrangers, se heurtant à des portes closes, comment il se fait qu’on puisse travailler normalement dans des départements pourtant moins riches que le nôtre, tels la Haute-Marne (cinq jours), la Meuse (cinq jours) ou les Vosges (quatre jours). La promesse faite aux citoyens par les créateurs de la CEA n’était-elle pas une amélioration de la vie quotidienne grâce à la mutualisation des moyens, à une trajectoire budgétaire intégrée et à une meilleure cohérence territoriale ?
Force est de constater que cette promesse a fait long feu. Outre la réduction du nombre de jours d’ouverture, chacun a pu constater la dégradation de l’accès à distance. Quand le site des AD57 de Metz brille par sa fiabilité, sa lisibilité et son caractère très complet, celui des AAS offrait déjà un outil imparfait, ne permettant pas de prolonger les recherches préalables au-delà d’un certain niveau de détail. Depuis plusieurs semaines, la préparation du travail en salle de lecture est rendue très difficile par le « plantage » du site en dehors des horaires d’ouverture. Il n’est pas rare que, sur le site même, le système devienne inaccessible, obligeant les responsables de salle à repasser au système antique de commande papier.
Les personnels des AAS, manifestement en sous-effectif, sont d’une efficacité et d’une égalité d’âme qui rend honneur à leur sens du service public. Cependant, plusieurs semblent à la limite de leurs capacités physiques, devant assurer des journées rendues très intenses par la surfréquentation de la salle de lecture. Nombre de fonds de grand volume ou récemment déposés ne sont pas inventoriés, faute de temps, et restent donc incommunicables en dépit des obligations légales. Les inventaires des Archives d’Alsace – site de Colmar ne sont plus accessibles en ligne depuis plusieurs mois, et consistent toujours en des fichiers PDF d’un « classement provisoire » qui s’éternise.
Les enseignants-chercheurs de l’université de Strasbourg ne peuvent plus assumer leur propre mission de formation : faute de personnel d’encadrement, il n’est plus possible d’emmener des étudiants pour des ateliers de recherche en archive. Les étudiants d’Alsace, dont les visites ont fortement augmenté ces dernières années, ne parviennent plus à s’organiser pour venir aux archives en dehors de leurs heures de cours. Faire un choix entre les deux nuit à la bonne marche de leurs études et complique une vie déjà handicapée, pour certains, par l’obligation d’habiter loin de Strasbourg, faute de logements étudiants en nombre suffisant. Cela met donc en péril la réalisation de leurs mémoires de recherche, qui s’appuient bien souvent sur les fonds archivistiques de la CEA.
Tous les usagers ont droit à un service public à la hauteur des défis contemporains. La production d'une analyse du passé appuyée sur les documents d'archives est cruciale pour notre démocratie. Plus que jamais, nous avons besoin d'archives ouvertes cinq jours par semaine, dotées d'un site Internet fonctionnel et d'outils de recherche performants, conformes aux standards du XXIe siècle.
Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les élus, nous espérons que vous saurez prendre en considération notre requête de citoyens et d’usagers.
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Le problème
Monsieur le président de la Collectivité européenne d’Alsace, Mesdames et Messieurs les élus,
Usagers des Archives d’Alsace – site de Strasbourg (AAS), nous avons appris avec stupeur la décision prise à compter du 15 janvier 2025 de ne plus ouvrir que trois jours par semaine, non consécutifs qui plus est. Cette nouvelle organisation, incompréhensible et inexpliquée, constitue le point final à une regrettable dégradation du service public confié à cette institution.
Avec quatre jours d’ouverture, les AAS se classaient déjà en-dessous de 43 services équivalents sur le territoire national, départements ultramarins compris ; en passant à trois jours, elles font certes mieux que le Loir-et-Cher (deux jours), mais situent Strasbourg dans les 10% des sites les moins accueillants de France. Nous avons bien du mal à comprendre et à expliquer à nos collègues français ou étrangers, se heurtant à des portes closes, comment il se fait qu’on puisse travailler normalement dans des départements pourtant moins riches que le nôtre, tels la Haute-Marne (cinq jours), la Meuse (cinq jours) ou les Vosges (quatre jours). La promesse faite aux citoyens par les créateurs de la CEA n’était-elle pas une amélioration de la vie quotidienne grâce à la mutualisation des moyens, à une trajectoire budgétaire intégrée et à une meilleure cohérence territoriale ?
Force est de constater que cette promesse a fait long feu. Outre la réduction du nombre de jours d’ouverture, chacun a pu constater la dégradation de l’accès à distance. Quand le site des AD57 de Metz brille par sa fiabilité, sa lisibilité et son caractère très complet, celui des AAS offrait déjà un outil imparfait, ne permettant pas de prolonger les recherches préalables au-delà d’un certain niveau de détail. Depuis plusieurs semaines, la préparation du travail en salle de lecture est rendue très difficile par le « plantage » du site en dehors des horaires d’ouverture. Il n’est pas rare que, sur le site même, le système devienne inaccessible, obligeant les responsables de salle à repasser au système antique de commande papier.
Les personnels des AAS, manifestement en sous-effectif, sont d’une efficacité et d’une égalité d’âme qui rend honneur à leur sens du service public. Cependant, plusieurs semblent à la limite de leurs capacités physiques, devant assurer des journées rendues très intenses par la surfréquentation de la salle de lecture. Nombre de fonds de grand volume ou récemment déposés ne sont pas inventoriés, faute de temps, et restent donc incommunicables en dépit des obligations légales. Les inventaires des Archives d’Alsace – site de Colmar ne sont plus accessibles en ligne depuis plusieurs mois, et consistent toujours en des fichiers PDF d’un « classement provisoire » qui s’éternise.
Les enseignants-chercheurs de l’université de Strasbourg ne peuvent plus assumer leur propre mission de formation : faute de personnel d’encadrement, il n’est plus possible d’emmener des étudiants pour des ateliers de recherche en archive. Les étudiants d’Alsace, dont les visites ont fortement augmenté ces dernières années, ne parviennent plus à s’organiser pour venir aux archives en dehors de leurs heures de cours. Faire un choix entre les deux nuit à la bonne marche de leurs études et complique une vie déjà handicapée, pour certains, par l’obligation d’habiter loin de Strasbourg, faute de logements étudiants en nombre suffisant. Cela met donc en péril la réalisation de leurs mémoires de recherche, qui s’appuient bien souvent sur les fonds archivistiques de la CEA.
Tous les usagers ont droit à un service public à la hauteur des défis contemporains. La production d'une analyse du passé appuyée sur les documents d'archives est cruciale pour notre démocratie. Plus que jamais, nous avons besoin d'archives ouvertes cinq jours par semaine, dotées d'un site Internet fonctionnel et d'outils de recherche performants, conformes aux standards du XXIe siècle.
Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les élus, nous espérons que vous saurez prendre en considération notre requête de citoyens et d’usagers.
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Pétition lancée le 11 février 2025