Petition updatePour une loi spécifique au grand âge avec des moyens financiers et des moyens humainsChat, chien, lapin... Est-il possible de vivre en Ehpad avec son animal de compagnie ?
Jocelyne FRANEYMudaison, France
Dec 10, 2023

Selon TF1 du 8/12/2023:

Désormais, dans un Ehpad, on pourra vivre avec son chat/son chien", se réjouit Philippe Juvin. Le député LR y voit une "question de liberté" : il a déposé et défendu avec succès un amendement à ce sujet lors de l'examen à l'Assemblée d'une proposition de loi sur le "bien vieillir". Le texte, adopté en première lecture, devrait changer le quotidien de nombreuses personnes âgées ayant un animal de compagnie s'il est appliqué en l'état. Attention toutefois : si le message de l'élu laisse entendre que les chats ou les chiens sont aujourd'hui refusés, ce n'est en pratique pas toujours le cas. Le règlement intérieur des Ehpad varie en effet sur ce point..

Jusqu'à présent, c'est l'Ehpad qui fixe les règles
Lorsque l'on consulte l'amendement de Philippe Juvin, on découvre qu'il ne porte pas uniquement sur les chiens ou les chats, mais englobe les "animaux de compagnie" en général. Il s'agirait de garantir le droit des résidents "d’accueillir leur animal domestique", ainsi que de réclamer des Ehpad qu'ils "prennent les dispositions nécessaires à leur accueil". Un texte qui réjouit la fondation 30 millions d'amis : "Autrement dit, le règlement intérieur des établissements ne devrait plus pouvoir refuser la présence d’un animal", résume-t-elle.

À l'heure actuelle, il faut en effet souligner que les animaux ne sont pas systématiquement refusés. Sollicitée par TF1info, la Fédération nationale des associations de directeurs d'établissements et services pour personnes âgées (FNADEPA) confirme que les règlements intérieurs varient d'une structure à l'autre, et que certaines ouvrent la porte à une vie aux côtés de son animal de compagnie. Il est parfois mentionné que "l'accueil est possible sous réserve que la personne âgée ou un membre de la famille soit en capacité de s'en occuper au quotidien". De même, en cas de décès du résident, il est convenu que "l'animal sera confié à la famille".

n ligne, on lit parfois qu'une moitié des établissements pour personnes âgées accepteraient les animaux de compagnie. La FNADEPA préfère toutefois se montrer prudente et ne confirme pas ces données. Il n'existe en effet à sa connaissance "aucune source chiffrée" permettant de rendre compte des pratiques à travers la France. En revanche, la fédération note que les chats et chiens ne sont pas les seuls animaux qui sont accueillis, lorsque les établissements donnent cette possibilité aux résidents. Après avoir sollicité quelques-uns de ses membres, elle rapporte que des structures comptent entre leurs murs des perruches et des poissons. 

Une série d'obstacles potentiels
"Au-delà de l’attachement à leur compagnon, ce dernier aide le résident à socialiser, à rester actif, mais aussi stimule sa mémoire et lutte contre le phénomène de 'glissement'", souligne l'amendement adopté ces derniers jours. Des bienfaits "manifestes" qui "ont justifié récemment le développement de la zoothérapie ou médiation animale", peut-on également lire. Du côté des administrateurs d'établissements pour personnes âgées, on reconnaît volontiers l'apport des animaux, tout en s'interrogeant sur la mise en place du texte.

La FNADEPA met en avant le manque de personnel récurrent auquel font face les structures, et met sur la table une série de questions. Que faire en cas de conflits entre plusieurs animaux ? Quelle marche à suivre s'il faut consulter un vétérinaire ? Comment assurer les promenades d'un chien si le résident perd en autonomie et ne peut plus s'en charger lui-même ? Sans parler des éléments d'ordre sanitaires ou médicaux, avec les personnes allergiques notamment. Autant de potentiels écueils qui nécessiteraient d'être évités afin que les animaux de compagnie puissent être accueillis dans de bonnes conditions. 

L'amendement déposé par Philippe Juvin n'apporte en l'état pas de réponse à ces problématiques. Toutefois, il note que selon "des modalités définies par décret pris en Conseil d’État" seront à préciser en cas d'adoption, de manière à fournir aux établissements un cadre précis et une marche à suivre.

 

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