Petition updatePour un mémorial en hommage aux personnes handicapées victimes du régime nazi et de VichyDes propositions éloignées de l’esprit et de l’objectif de notre projet
Charles GARDOULYON, V, France
Oct 27, 2015
Chers signataires, Les 50 000 personnes fragilisées par la maladie ou le handicap mortes de faim et de froid dans les hôpitaux psychiatriques et les hospices français entre 1940 et 1945 auront-elles enfin droit à ce que leur mémoire soit honorée ? Notre combat n'est pas totalement gagné, à lire les propositions qui concluent le rapport de Jean-Pierre Azéma, rendu public le mardi 20 octobre. Suite à l’appel que vous avez soutenu, comme des milliers d’autres signataires, le Président de la République a en effet demandé à cet historien, responsable du Comité scientifique de la mission du 70e anniversaire de la seconde guerre mondiale, de rédiger un rapport sur ce drame. Au terme d’un document d’une vingtaine de pages de texte proprement dit, que propose-t-il ? D'ériger un « monument dédié à la mémoire de toutes les victimes civiles dans la France, prise dans sa totalité », car il lui semble « préférable d’élargir le propos». Ce geste mémoriel serait dédié « à toutes les victimes civiles mortes de faim et de froid dans l’indifférence, durant l’Occupation ». Pour les personnes victimes d’abandon dans les hôpitaux psychiatriques ou les hospices, une plaque serait apposée « à l’entrée des hôpitaux psychiatriques qui furent en service durant la guerre ». Il suggère que la commémoration officielle se déroule «  lors de la journée nationale des personnes en situation de handicap ». Sans doute le 3 décembre, journée internationale du même nom, car il n'existe pas de journée nationale. Chacun comprendra que ces propositions ne sont en résonance ni avec l’esprit, ni avec l’objectif de notre démarche. Sous prétexte d’ « élargir le propos »  et de « ne pas faire de distinction hiérarchique au sein des populations», l’auteur du rapport donne à penser que toutes les victimes civiles, dont le nombre est estimé à 250 000, sont semblablement mortes de faim et de froid, dans l’indifférence. Or, sans négliger les autres victimes, c’est le sort, singulièrement cruel, des plus fragiles qui mérite ici d’être spécifiquement pris en compte. On ne saurait s’en tenir à une reconnaissance a minima de ce drame, en diluant en quelque sorte une tragédie singulière dans le « général ». Les plaques commémoratives à l’entrée des hôpitaux psychiatriques -où, d’ailleurs, parfois elles figurent déjà- apparaissent comme un pis-aller. De plus, comment pourrait-on craindre « que notre société place ces victimes au-dessus des autres » ?, comme on le lit dans ce document. En l’état, les propositions de Jean-Pierre Azéma ne peuvent donc pas ouvrir sur un hommage signifiant aux plus vulnérables, soumis à des abandons coupables et à des traitements indignes. Ce tout au long du grand récit de l’humanité, bien au-delà de la sombre période dont il est question. Cela étant, les deux ministres, auquel ce rapport a été remis, précisent, dans un communiqué, que « ces propositions doivent maintenant être partagées et discutées avec les divers partenaires du Mouvement pour une société inclusive, afin de suggérer au Président de la République les gestes qui permettront d’inscrire dans la mémoire nationale le souvenir de ces victimes trop longtemps oubliées. » Aussi, avec notre Mouvement, créé suite au succès de l’appel, allons-nous proposer les conditions et la forme d’un acte de reconnaissance digne de ce nom. Un acte tout consacré à honorer la vulnérabilité, qui relie et humanise et à rappeler que, ni hier ni aujourd'hui, il n'est pas de vies minuscules méritant le mépris et l'oubli. Car telles sont les interrogations essentielles : que dit ce drame à notre temps, enclin à tenir les fragilités en coulisses ? En quoi son « ombre » peut-elle nourrir une réflexion sur notre vie commune ? Soyez assuré que nous continuerons à oeuvrer pour parvenir au mieux. Solidairement et cordialement à vous, Charles Gardou
Copy link
WhatsApp
Facebook
Nextdoor
Email
X