Bonsoir à tous·tes,
Nous avons lancé cette pétition avec 2 objectifs raisonnables : d’une part permettre à celles et ceux qui partagent notre désarroi face à la désunion de la gauche de l’exprimer et d’autre part montrer aux candidat·es (qui tous·tes mettent en avant leur écoute des citoyen·nes) qu’un nombre conséquent de sympathisant·es de gauche veulent l’union. Avec 280 signatures, sans aucun relais médiatique, nous considérons que ces objectifs sont aujourd’hui remplis.
Pour appuyer cette initiative, nous sommes allés à la rencontre des messin·es sur les marchés et sur le campus pour leur parler d’un Front Populaire pour Metz et les inviter à signer la pétition. Cet exercice, que nous n’avions jamais fait auparavant, fut révélateur : nombreux·ses furent celles et ceux nous confiant leur incompréhension et parfois leur colère quant à la division de la gauche et dans le même temps leur enthousiasme à l’idée de l’union.
Nous avons même tracté en toute cordialité juste à côté des militant·es et même des candidat·es des 3 listes avec qui nous avons échangé : pas de nouveauté pour les motifs de désunion, critiques des méthodes/personnalités/programmes/partis d’appartenance des un·es et des autres… En parallèle, nous avons fait le choix (discutable sans doute) de ne pas nous rendre aux évènements publics organisés par les différentes listes, afin de respecter une stricte neutralité, étant donné l’impossibilité d’honorer ces nombreux rendez-vous de façon parfaitement équitable.
Au bout du compte, l’union ne s’est pas faite, 3 listes de gauche seront présentes au premier tour dans moins d’une semaine.
Nous reconnaissons la légitimité des candidatures de Mme Charlotte LEDUC, M. Bertrand MERTZ et M. Jérémy ROQUES (cité·es par ordre alphabétique), nous avons toujours salué leur engagement et celui de leurs équipes pour améliorer la vie des messin·es. En effet, pour des néophytes de la politique que nous sommes, comment ne pas être admiratifs de toute l’énergie déployée par chacun·e pour convaincre et défendre leur programme sur les marchés, en meeting, en réunion publique, en opération porte-à-porte ou encore sur les réseaux… ?
Vous l'avez vu, nous avons fait un choix totalement assumé ne pas limiter le périmètre de l’union. Et pour être parfaitement clairs en ces temps troublés : pas question d’en exclure la France Insoumise ou le Parti Socialiste. Pas de naïveté de notre part, nous sommes conscients des critiques, parfois légitimes, qui peuvent être adressées à certain·es de leurs représentant·es ou à leurs choix politiques nationaux, mais nous faisons une nette différence entre le local et le national, entre le sommet et la base, entre dirigeant·es et militant·es sur le terrain, entre les déclarations condamnables des premier·ères et le débat de qualité que nous avons eu avec les second·es. Ce n’est pas à nous de dire quelles places doivent prendre le PS ou LFI à gauche mais simplement dire qu’ils en ont une. La rupture entre le PS et LFI n’aura qu’un seul vainqueur : le Rassemblement National. Ne nous trompons jamais d’ennemi !
Ainsi, nous appelons à voter pour une liste de gauche au premier tour, celle qui vous inspire, et nous appelons à faire voter autour de vous, l’abstention étant plus délétère que la division.
Car l'espoir d'une victoire s'est-il envolé ? Non, la victoire de la gauche reste tout à fait possible mais passera forcément par une union au second tour, union que nous appelons sans aucune réserve de nos vœux, logiquement derrière la liste arrivée devant les autres. Faire du premier tour le moyen de départager les listes et désigner la·le candidat·e de la gauche à la mairie de Metz ? Ce serait un bel exemple de démocratie, si la fusion des listes et des programmes se fait bien au prorata des suffrages exprimés, surtout si l’écart est serré. Bien sûr, d’autres modes de désignation, originaux, aurait pu aboutir à un nom de candidat·e à la tête d’une liste d'union, portant un programme commun...
Pour conclure, nous ne sommes pas seul·es à souhaiter cette union au second tour : dans l’enquête électorale française menée par Ipsos BVA pour Le Monde, le CEVIPOF et la Fondation Jean Jaurès (portant sur 10927 personnes inscrites sur les listes électorales, https://www.ipsos.com/fr-fr/municipales-2026-lenquete-electorale-francaise), à la question « Lors des élections municipales, seriez-vous favorable ou opposé à une fusion de toutes les listes des principaux partis de gauche ? », les sympathisant·es de gauche ont répondu :
- « Opposé » : 16%
- « Favorable mais uniquement pour éviter une victoire du RN » : 15%
- « Favorable mais uniquement pour éviter la victoire d’une liste de droite ou d’extrême droite, quel que soit le ou les partis qui la composent » : 33%
- « Favorable, quelle que soit la configuration du second tour » : 36%
Espérons que ce message soit entendu, à Metz comme partout en France.
N’hésitez pas à nous faire part de vos réactions/commentaires/avis par rapport à la situation et à vos aspirations pour l’après-premier tour puis pour l’après-Municipales à l’adresse suivante : front-populaire-metz2026@lilo.org.
Julien Campagne
Kenzo Hugelé