Petition updatePour une 3e ligne métro-politaine et optimisée à Toulouse

Clôture du débat public : communiqué du collectif citoyen pour une 3e ligne métro-politaine

Collectif citoyen en faveur d'une 3e ligne métro-politaine pour Toulouse
Feb 16, 2017
La commission nationale du débat public (CNDP) a publié aujourd'hui son rapport sur le projet Toulouse Aerospace Express (TAE), qui clôture plus de trois mois de débat. Le document synthétise la perception du projet par la population (habitants, associations etc.) et par les acteurs institutionnels (collectivités, chambres consulaires, syndicats, entreprises etc.). À vocation informative, il n'a aucune valeur contraignante pour le maître d'ouvrage Tisséo. Notre positionnement Le positionnement du collectif est simple : nos propositions de tracé doivent être étudiées en profondeur, avec rigueur et indépendance, afin de pouvoir être comparées de façon bilancielle à celles du maître d'ouvrage Tisséo. En toute transparence et conformément aux bonnes pratiques en matière d'investissement public. Par ailleurs, nous regrettons que le débat soit régulièrement caricaturé entre partisans et opposants du métro. Le choix du tracé optimal est au moins aussi engageant que celui du mode. Pourquoi nous nous mobilisons Car nous estimons que le projet urbain ne doit pas prendre le pas sur le projet transport. Il est certes nécessaire d'articuler mobilité et urbanisme, personne ne le conteste. Mais il faut également répondre aux besoins de transport d'aujourd'hui avant d'inventer ceux de demain. Pour que la 3ème ligne proposée par Tisséo soit rentable, ce ne sont pas moins de 150 000 nouveaux habitants qui devraient s'installer dans les quartiers Nord de Toulouse (La Vache, Fondeyre et Barrière-de-Paris). Cette hypothèse nous semble bien trop optimiste. Elle est d'autant plus surprenante que les besoins d'aujourd'hui ne sont pas satisfaits par le réseau actuel : comment imaginer que des quartiers péricentraux denses comme les Amidonniers, les Ponts-Jumeaux ou Guilheméry soient condamnés pour le siècle à venir au bus, alors que des secteurs pavillonnaires et logistiques 20 fois moins denses et déjà desservis, comme La Vache, le soient avec 2 lignes de métro à 100M€ du kilomètre (auxquels il faut rajouter le projet d'aménagement ferroviaire AFNT à 620M€). Le collectif note que pour élaborer les lignes A et B, les techniciens de l'époque s'étaient basés sur la fréquentation du réseau de bus pour dessiner le tracé optimal. Désormais, la méthode est strictement inverse : les pôles générateurs et les principaux projets urbains (ZAC Malepère, Brouardel Europe, Ponts-Jumeaux ou Cartoucherie) sont évités et on recherche le vide, requalifié pudiquement « zone à fort potentiel ». Aujourd'hui, Tisséo n'est plus dans cette logique et s'affranchit des règles de l'art de conception d'une infrastructure métro en proposant un projet à 2,5 milliards d'euros ne répondant même pas à la demande actuelle. Par exemple, un quartier comme Fondeyre (rue Adonis, où Tisséo projette une station TAE à proximité d'un site SEVESO) n'est en 2017 même pas desservi en bus ! À l'inverse, nos propositions s'appuient sur les lignes les plus densément fréquentées (Linéo 1,2, lignes 22, 10, 38). Dans métro, il y a métropolitain, et c'est donc pourquoi nous jugeons indispensable que la ligne desserve le centre-ville mais embrasse également davantage l'agglomération : nous défendons aussi 3 stations supplémentaires hors de Toulouse et un terminus Ouest dans le secteur de Malepère, plus gros projet urbain de la décennie à venir, avec 10 000 logements prévus. Au reste, des choix techniques aberrants imposés par le politique ont été présentés sans aucune justification. C'est ainsi que Tisséo privilégie un passage de la ligne au carrefour Jean Maga (absence de connexion au tramway, insertion en lisière du Touch sur une zone naturelle et inondable, au milieu d'un rond-point et à cheval sur une voie rapide), quelques mètres après la limite communale de Toulouse, pour bénéficier de financements de Blagnac, plutôt qu'un kilomètre au Sud, au CHU Purpan, où pourtant l'interconnexion pourrait être idéale entre le métro et le tramway vers l'Aéroport. Malgré plus de 20 questions posées officiellement à Tisséo, nous n'avons pas eu de réponse technique valable sur ce choix visiblement très orienté. Nos actions pendant le débat Tout au long du débat, le Collectif Citoyen en faveur d'une 3ème ligne métro-politaine a fédéré près de 900 soutiens en faveur d'une optimisation du tracé et des grandes fonctionnalités du projet TAE. Autour d'un noyau dur composé de 30 spécialistes des transports, architectes, économistes mais aussi usagers, le « collectif citoyen » a « largement nourri le débat » de sorte que la commission en a conclu « qu'il avait contribué à sa notoriété et à la richesse de son contenu ». Pendant trois mois, dans une démarche bénévole et indépendante (notamment politique), notre collectif a en effet : - Analysé finement le projet complet proposé par Tisséo et a identifié des faiblesses et des pistes d'optimisation : nous ne sommes pas dans de l'opposition stérile puisque 60% du tracé fait consensus ; - Proposé des variantes, étayées par des études, documents de synthèse, statistiques, analyses économiques et des cartes ; - Posé plus d'une centaine de questions techniques au maître d'ouvrage tous médias confondus ; - Participé à toutes les réunions publiques et à tous les évènements organisés par la commission ; - Analysé, commenté et diffusé toutes les auditions d'expert ; - Demandé une expertise complémentaire indépendante de toutes les variantes, requête partiellement acceptée par la CNDP ; - Lancé sur change.org une pétition et contribué à informer les habitants de la métropole ; - Été auditionné à 2 reprises par les membres de la commission ; - Été très actif sur les réseaux sociaux, les forums spécialisés et le site de la commission ; - Créé un site web informatif (toulouse-metro-politaine.com) répertoriant tous les documents et les études produites par les membres du collectif. Le positionnement du maître d'ouvrage Tisséo-SMTC Au cours du débat, Tisséo n'a pas souhaité nous répondre et a choisi la stratégie du silence et du mépris face à nos propositions, jouant la partition convenue des « conservateurs » contre les « visionnaires ». Mais de quelle vision parle-t-on ? Est-ce aux toulousains de déménager vers le métro ou au métro d'aller vers eux ? Est-ce nécessaire de doubler en souterrain un tramway fraîchement inauguré vers l'aéroport ? Ne devrait-on pas mieux articuler les modes et promouvoir un développement conjoint métro-tramway-RER ? Veut-on s'endetter de 3 500€ par habitant de l'agglomération pour financer TAE ou préfère-t-on utiliser les leviers de la fiscalité écologique, soit quelques centimes par déplacement en voiture ? M.Moudenc et M.Lattes plastronnent aujourd'hui sur un sacro-saint « consensus politique et institutionnel » sur ce projet TAE, entre la région, le département, l’État et les acteurs locaux. Ils oublient pourtant que le tracé qu'ils ont soumis aux électeurs en 2014 passait par les Amidonniers, les Ponts-Jumeaux et Guilheméry. Ce consensus politique, s'il existe (Quid du Sicoval ?), empêcherait tout amendement de la 3e ligne. Quelle place accorder alors au débat public ? Étais-ce une simple parodie démocratique ? En deux ans, entre fin 2014 et fin 2016, le projet n'a pas bougé de sorte que l'on puisse considérer que ce ne sont pas les ingénieurs et les économistes qui ont rationnellement conçu le projet de façon itérative, mais bien les élus sur un coin de table. Quand par exemple M.Lattes répond au collectif que le CHU de Purpan ne veut pas du métro, M.Lattes oublie aussi de dire que le président du conseil de surveillance du CHU de Toulouse est aussi le Maire de Toulouse M.Moudenc. Triste illustration de l'entre-soi des fameux « acteurs institutionnels » de la 4ème ville de France où tout le monde se tient et avance pour ses propres intérêts au mépris de l'intelligence collective. Notre interprétation Finalement, en refusant d'étudier nos propositions alternatives de tracé, Tisséo admet aussi implicitement qu'elles sont meilleures. C'est méconnaître les dispositions réglementaires sur les grands projets d'infrastructures qui imposent pourtant à Tisséo de conduire objectivement une analyse socio-économique approfondie de toutes les variantes (Cf. Décret n°2013-1211 du 23 décembre 2013 relatif à la procédure d'évaluation des investissements publics, en tant que projet bénéficiant d'un financement public de 20M€ HT). En d'autres termes, Tisséo et M.Moudenc parent leur tracé des vertus de l'articulation urbanisme-transports pour éviter de dévoiler les vrais ressorts de leur stratégie : éviter le centre pour limiter l'impact du chantier et gagner du temps, dans l'optique de lancer coûte que coûte le premier coup de pelle quelques mois avant les municipales de 2020. Passer par La Vache, Fondeyre ou Jean Maga au lieu de Jeanne d'Arc, Ponts-Jumeaux Amidonniers et Purpan, c'est avant tout privilégier l'insertion en viaduc, supposément plus rapide à construire (mais pas forcément moins chère en milieu urbain). On a connu justification plus étayée. Il a fallu un siècle pour que l'Île-de-France se dote de sa première ligne de métro en rocade...nos élus locaux estiment que Toulouse peut décemment se le permettre en 20 ans. Utopique et dangereux alors même que de nombreux quartiers denses de la métropole sont encore à plus d'un kilomètre à pied d'une station de métro. La recommandation de la CNDP La CNDP soutient aujourd'hui nos demandes en recommandant dans son rapport final que « Tisséo étudie avec soin et rigueur les solutions alternatives proposées par le Collectif citoyen ». Le collectif devra être associé à cette démarche : « Afin que la légitimité de la démarche soit complète, il importe que ces alternatives soient soumises à expertise dans la présentation et la description qu’en feront leurs initiateurs et avec leur concours ». Les suites à donner au débat Le collectif sera donc très attentif à la suite donnée par le maître d'ouvrage au débat public. Nous poursuivons notre mobilisation et notre travail d'information auprès du plus grand nombre. Nous exigeons que les variantes de tracé soient toutes étudiées et comparées objectivement avec celles de Tisséo. Auquel cas, dans les phases à venir qui déboucheront sur l'enquête publique, nous ne verserons alors plus dans « l'approbation critique » mais bien dans l'opposition pure et simple au projet. Nous serions alors contraints et prêts à utiliser toutes les voies de droit à notre disposition pour opposer un recours juridique, susceptible d'empêcher tout lancement du chantier avant la fin du mandat municipal.
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