Petition updatePour la protection du patrimoine littéraire françaisIl nous faut désormais nous faire entendre
Laura MATTHEY-JONAISSaint-Genis-Pouilly, France
25 Dec 2025

Chères signataires, chers signataires,

En ce saint jour de Noël, je vous adresse mes vœux les plus sincères, et vous rends grâce pour la fidélité constante de votre engagement.

Je souhaite, avec une profonde gratitude, vous tenir informés de la suite donnée à notre démarche.

Ainsi que je vous l’exposai naguère, le ministère de la Culture a bien voulu répondre à notre appel, et rappeler que, si le droit moral de l’écrivain demeure, en principe, perpétuel, il peut toutefois, lorsqu’aucun ayant droit identifiable ne se trouve plus en mesure de l’exercer, cesser d’être défendu en pratique. L’œuvre survit alors — mais comme privée de la voix tutélaire qui la protégeait.
Or voici que cet écueil n’a plus, présentement, rien qui demeure dans l’abstraction.
Non.
Plus rien.

L’on voit déjà paraître, çà et là, certaines entreprises éditoriales qui annoncent ouvertement des « versions impropres » de nos classiques. Il s’en est même trouvé, tout dernièrement, une qui mit la main sur "Le Horla", de Maupassant.

De telles initiatives en dévoilent l’écueil : dès lors qu’aucun héritier — soit qu’il n’en existe plus, soit qu’aucun ne puisse, ou ne veuille, se manifester afin d’en porter dignement la voix — n’est plus en état d’exercer le droit moral, l’œuvre peut être remodelée selon des intentions étrangères à celles de son écrivain, sans qu’aucune instance ne soit plus à même de s’y opposer utilement.

C’est cela, très précisément, que notre démarche entend interroger.

Je tenais à vous en avertir, car votre soutien généreux a permis que cette question fût portée avec sérieux et constance. Et je demeure convaincue qu’il nous faudra poursuivre ensemble cette réflexion, afin que ces œuvres devenues orphelines ne soient point livrées, sans recours, à toutes sortes de dévoiements.

Mais il ne suffit plus, désormais, de constater.
Non.
Il nous faut nous faire entendre — véritablement.

Si nous demeurons silencieux, d’autres décideront à la place des œuvres ; et l’on verra paraître des textes « réécrits », que liront des lecteurs qui, parfois, n’auront jamais approché l’original. Quelques-uns le confessent, déjà, bien ouvertement.

C’est pourquoi je vous convie à poursuivre : à faire connaître cette démarche, à recueillir de nouvelles signatures, à songer avec moi aux moyens par lesquels nous pourrons, ensemble, faire bouger les choses. Une œuvre littéraire ne se défend point seule : il lui faut des voix pour la porter,
— au plus haut.

Demeurons vigilants, unis et résolus ; avec calme, mais avec cette fermeté d’âme tranquille qui ne cède point.

Recevez, je vous prie, l’assurance de ma profonde gratitude pour votre engagement fidèle.

Laura Matthey-Jonais
Écrivaine, éditrice
Éditions Léopoldine

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