
J’ai là un cri qui se veut dire toute ma colère.
L’on donne, aujourd’hui, « Les Misérables », « Notre-Dame de Paris », « Le Comte de Monte-Cristo » à refaire.
La chose, si elle n’était chagrine, prêterait sans doute à rire ; Victor Hugo et Alexandre Dumas ne sont point de ces hardes que l’on rapièce selon son humeur.
Il est pourtant manifeste que l’on ne porte point la main sur des œuvres qui ne nous appartiennent pas.
Notre temps a cette vanité singulière de croire que sa fantaisie est grandeur ; qu’elle va éclairer ce qu’elle dénature, qu’elle va rendre ébaubissant ce qu’elle profane.
Il devrait suffire d’une conscience un peu droite pour entendre ceci : l’on ne refait guère ce qui nous fut légué ; l’on le reçoit, l’on le lit, l’on le lègue.
Au demeurant, ces excentricités seront, comme je le crois, hélas, lues de ceux-là mêmes à qui les textes premiers n’eussent jamais inspiré quelque inclination.
Mon opiniâtreté, pour ce que je condamne, ne se flétrira qu’avec moi, dans le crépuscule de la tombe.
Laura Matthey-Jonais