Petition updatePour des transports publics en région morgienne accessibles à tousPour des transports publics en région morgienne accessibles à tous - Mise à jour
Sandra INDERMÜHLEMorges, Switzerland
Jul 2, 2026

Chères et chers signataires,

Je tenais à vous faire un message en rapport à la pétition que vous avez eu la gentillesse de signer.

Tout d’abord, force est de constater la difficulté qu’implique la collecte de signatures et combien le rappel est important. 

Je vous invite donc à réitérer les partages de cette pétition tout en donnant votre propre avis sur le sujet, ce qui ouvrira le dialogue et encouragera d’autres personnes à s’exprimer et suivre vos pas.

Ceci est d’autant plus important maintenant que les CFF ont également annoncé le démantèlement progressif des distributeurs dans les gares. Dans notre région, par exemple, celui de Bussigny a déjà été retiré, et ce n’est qu’un début…

Pour rappel, une pétition est un tout petit geste dans notre démocratie et n’implique aucune conséquence pour les signataires.

En attendant d’obtenir un nombre suffisant de signatures (je vise au moins 1000), j’ai d’ores et déjà envoyé un courrier en mon nom à la société MBC et la ville de Morges tout en mettant en copie la société Movodis SA qui va tout prochainement fusionner avec les MBC.

Je vous remets ci-dessous le contenu de ce courrier. En-dehors de la pétition, un courrier personnel peut aussi amener à des réflexions par nos dirigeants et, peut-être, faire la différence dans les futures décisions politiques qui seront prises en lien avec l’accessibilité aux transports en commun.

Dans l’intervalle, je vous remercie pour votre lecture et vous souhaite un excellent été. Prenez soin de vous et de vos proches, la canicule ne fait que commencer…

Chaleureusement,

Sandra Indermühle

(disponible pour les échanges et témoignages via mon adresse email sandra@halteautoutnumerique.ch)

__________

Madame, Monsieur,

Je vous écris en tant que citoyenne morgienne fervente défenseuse des intérêts du climat, de la planète et… du bon sens commun.

Durant toute ma vie d’adulte et malgré la possession d’une voiture, j’ai toujours fait en sorte d’utiliser les transports publics pour me rendre sur mon lieu de travail, ceci pour m’éviter du stress et réduire mon empreinte sur le climat. D’ailleurs, beaucoup de collègues s’en étonnaient, trouvant que « je perdais du temps » dans les bus et les trains alors qu’utiliser la voiture me faisait souvent diminuer de moitié le temps de trajet. Et moi de leur rappeler ce que c’était qu’avoir une conscience écologique…

Ma fidélité envers les sociétés de transports publics à Morges et à Lausanne a cependant été mise à très rude épreuve à partir du COVID. En effet, c’est à ce moment-là que vos sociétés ont choisi, prétextant les questions de sécurité envers leurs chauffeurs, de supprimer les caisses dans les bus (je dis bien « supprimer » et non pas « arrêter de les utiliser pendant un temps »). En outre, comme si cela ne suffisait pas, les MBC ont décidé de carrément retirer progressivement tous les distributeurs automatiques de billets.

Si nous étions 30 ans en arrière, nous n’aurions tout simplement plus aucune possibilité de prendre un billet.

A l’heure actuelle, c’est différent. Pourquoi ? Parce que la tendance « pollueur / payeur » est devenue telle que les services publics décrètent à présent que c’est de la responsabilité des usagers d’obtenir leur billet par leurs propres moyens… Bientôt, ce seront aux usagers de conduire les bus…

Par cette tendance, cela permet à ces mêmes services de réduire leurs coûts, prétextant « l’écologie » et «  la consommation de ressources » pour des machines qui, finalement, ne sont plus si utiles que ça vu que tout le monde a à présent un smartphone.

Ces mêmes services oublient que, non…, pas tout le monde n’a un smartphone, et que ceux qui en ont, pas tout le monde sait l’utiliser, et que le smartphone reste un bien PRIVE qui n’est pas une obligation légale à posséder...

Pour des villes « vertes » telles comme Morges ou Lausanne, agir de la sorte est une véritable aberration qui, à mon sens, va au détriment de la notion d’accessibilité et d’inclusivité du service public pour tous.

Et de rappeler les conséquences pour les usagers :

  • A présent, ils doivent non seulement se débrouiller pour acquérir leur titre de transport, mais également assumer les frais connexes, à savoir l'achat / l'abonnement de leur téléphone, l'électricité pour la recharge de leur batterie et le remplacement du téléphone en cas de perte / de vol / de casse (où est l’écologie dans tout ça, je vous le demande)
  • Cela contraint les familles à acquérir un téléphone portable pour tous leurs enfants scolarisés qui fréquentent les transports publics, engendrant ainsi des coûts supplémentaires pour ces mêmes familles qui ont un budget toujours plus serré
  • Cela oblige des personnes moins habiles dans l'utilisation de la technologie ou présentant des handicaps à acheter un téléphone et, surtout, à comprendre le fonctionnement de celui-ci et des applications à disposition
  • En cas de perte / de vol / de dysfonctionnement des téléphones pendant le temps de trajet, c’est pour la pomme des usagers qui se voient infliger une amende.

Conséquemment, ce revirement des responsabilités :

  • met les usagers sous pression, car ceux-ci sont forcés d'avoir un téléphone en parfait état de marche
  • décourage ceux pour qui la technologie les dépasse ou, tout simplement, qui ont le malheur d'avoir un téléphone défectueux. Malgré un porte-monnaie fourni, ces personnes finissent alors à pied, car la compagnie n'a plus aucune solution à leur proposer.

Un exemple tout simple :

Je suis à l'arrêt de bus. J'ai mon insupportable dans la main. J'ai un rendez-vous médical dans la demi-heure qui suit. Je me fais bousculer et mon téléphone se casse. Le bus arrive, j'explique mon cas au chauffeur. J'ai du cash dans mon porte-monnaie. Que me dit le chauffeur ? "Désolée, Madame, vous ne pouvez entrer sans titre de transport".

On en est là, en 2026. 

Et moi, pauvre citoyenne qui a encore une véritable conscience écologique, de me sentir démunie face à toutes vos décisions qui me contraignent à assumer le travail et les coûts qui doivent pourtant être du ressort de votre compagnie.

Compte tenu de ce qui précède, je vous prie de bien vouloir prendre bonne note de ces lignes et de me communiquer votre position et vos solutions quant à cette problématique qui ne touche de loin pas juste moi, mais des milliers de personnes entre Morges et Lausanne.

En vous remerciant pour votre attention et, dans l'attente de votre retour, je vous prie d'agréer, Madame, Monsieur, mes salutations distinguées.

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