Une commission d'enquête parlementaire sur les violences policières

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Les habitants des quartiers populaires et les zadistes en font les frais depuis longtemps, souvent de manière étouffée par l'indifférence et la distance médiatique : la répression des oppositions en France s'aggrave d'année en année. 

Depuis les mouvements contre les lois "travail" de 2016 et 2017, les mouvements syndicaux et étudiants de 2018 et surtout la révolte populaire des Gilets Jaunes, la répression la plus brutale a gagné nos centres-villes, faisant de nombreux blessés graves, des mutilés, une morte, et traumatisant un bon nombre de manifestants, dans leur immense majorité pacifiques. 

L'armement démesuré des policiers et l'usage disproportionné de la force qui est fait interroge quant aux consignes reçues par les forces de l'ordre.

Depuis des années, notamment après la mort de Rémi Fraisse d'une grenade de la police, des institutions internationales comme l'ONU ou la cour européenne des droits de l'homme, des ONG comme Amnesty international, et des institutions nationales comme le défenseur des droits, alertent les autorités françaises sur cette situation préoccupante, sans effet.

Récemment, un appel d'offres gouvernemental faisait même état d'une escalade prochaine de la répression, avec une commande massive de lanceurs de balles de défense et de grenades, certains multi-coups.

Il est intolérable que dans une démocratie et l'une des principales puissances du monde, le droit de manifester soit ainsi menacé, en amont et en aval par un arsenal judiciaire façonné en marge des lois antiterroristes, et pendant les manifestations elles-mêmes par la peur et la violence. 

Il est donc temps d'exiger une commission d'enquête parlementaire afin  d'auditionner les ministres de l'intérieur successifs, les préfets, des représentants des forces de l'ordre, des victimes de la répression et des associations de défense des citoyens. 

Comment expliquer cette gradation ininterrompue ? Quels sont les ordres ? Quelle est la véritable doctrine du gouvernement en terme de maintien de l'ordre ? Pourrait-on faire autrement ? Quelles poursuites ont-elles été engagées contre les policiers fautifs ? 

Cette commission devrait aboutir à une interdiction du flashball en manifestation (sauf en cas de défense, en dernier recours) ainsi que des grenades de désencerclement. Elle devrait aussi conduire à révéler la composition exacte des gaz lacrymogènes copieusement utilisés contre les cortèges, et dont certains semblent particulièrement toxiques. Enfin, elle devrait permettre d'établir une chaîne de responsabilités claires dans cette situation. Il est tout de même surprenant, pour ne pas dire honteux, de constater que les morts de plusieurs opposants ces dernières années n'aient entraîné aucune démission de responsables politiques, pas d'excuses publiques, aucun changement de méthodes. 

Enfin cette commission pourrait aussi entrouvrir le voile sur un autre versant de la répression, judiciaire celui-ci : quelles consignes exactes sont-elles données aux procureurs, notamment dans les cours où se jugent les comparutions immédiates ? Les condamnations, souvent disproportionnées, s'appuient-elles sur des faits et des preuves incontestables ?