Paris 8. Face à la crise, validation sans conditions

0 personas han firmado. ¡Ayuda a conseguir 1.000!


Avec la mise en place du confinement dû au Covid-19, les étudiant.e.s ont vu leurs conditions de vie et d’études se dégrader radicalement du jour au lendemain. À titre d’exemple, suite à la vague de licenciements abusifs et d’astreintes au chômage, plus de 1 000 demandes d’aides alimentaires ont été adressées en urgence au Service Social de l’Université Paris 8, témoignant d’une gestion catastrophique de cette crise sanitaire qui a rendu impossible un besoin pourtant primaire comme se nourrir pour les plus précaires. Dans un contexte où se sont également exacerbées les violences conjugales et familiales ainsi que la répression d’ampleur dans les quartiers populaires, qui se répercutent sur les plans économique et psychologique, se rajoutent en ce moment des exigences scolaires absurdes. Ainsi, depuis les ordonnances du 27 mars, il est imposé aux étudiant.e.s de passer les partiels en ligne, en leur mettant une grande pression pour ne pas perdre les notes d’un seul semestre.

Concernant l’accessibilité à des modalités de validation spécifiques qui concernent les étudiant.e.s en situation de handicap ou en difficulté scolaire, elles n’existent simplement plus durant cette période : il leur est demandé le même travail qu’à tou.te.s les autres étudiant.e.s, choix qui atteste, sans fard, d’une discrimination décomplexée. De plus, alors que l’université Paris 8 recense environ 25 % d’étudiant.e.s étranger.ère.s, iels sont les premier.e.s à subir l’amplification de leur précarité, n’ayant rarement ni de travail stable ou même de contrats légaux, ni des familles pouvant les aider financièrement à vivre et donc à étudier. La question de la validation s’avère être un enjeu quasiment vital pour elleux, puisque pour des raisons administratives, dues à leur statut d’étrangers.ères, iels risquent de ne pas pouvoir renouveler leur carte de séjour, faute « d’assiduité », et sont donc exposé.e.s à l’expulsion du territoire en cas de contrôle policier.

Pour tenter de palier à ces inégalités, de nombreux.ses professeur.e.s de différents départements ont décidé — à juste titre — d’accorder « une note plancher » améliorable aux étudiant.e.s, comme c’est le cas dans l’UFR Arts, dans le Master Genre ou encore dans le département de Sciences Politiques. Cependant, à l’heure actuelle et alors qu’il est impossible pour tou.te.s de passer les partiels en ligne, des examens continuent d’être organisés à distance par celles et ceux qui préfèrent mettre en avant la question du « mérite » par-dessus les conséquences de la crise sanitaire. On note également que beaucoup d’étudiant.e.s n’ont pas pu assurer des partiels en ligne du premier semestre, comme en Droit, et se retrouvent donc avec une double charge de travail. Pourtant, iels n’ont eu de cesse d’alerter sur la situation auprès des enseignant.e.s, que ce soit individuellement ou sous forme de communiqué commun. Iels se sont bien souvent heurté à des non-réponses, à des réponses tardives, ou ont reçu une invitation à se débrouiller avec l’existant en sous-entendu, et cela concerne également la recherche d’un.e professeur.e pour s’inscrire à des cours, même quand celleux-ci étaient pré-inscrit.e.s aux cours dont l’accès est par conséquent refusé. Cette situation de crise ne peut décemment garantir le principe d’égalité de traitement de l’ensemble des candidat.e.s aux examens, et leur maintien à tout prix implique l’application d’une sélection universitaire brutale dans la continuité de la loi ORE, ou de l’augmentation des frais d’inscriptions pour les étudiant.e.s extra-communautaires.

Or, selon l’article D611-12 du Code de l’éducation, les examens en ligne ne peuvent avoir lieu si les étudiant.e.s n’ont pas les conditions nécessaires pour passer leurs examens : « La validation des enseignements contrôlée par des épreuves organisées à distance sous forme numérique, doit être garantie par la vérification que le candidat dispose des moyens techniques lui permettant le passage effectif de l’ensemble des épreuves ». Dans ce sens, un questionnaire réalisé par les Départements de Sociologie et de Sciences politiques permettant d’évaluer l’accès à internet des étudiant.e.s de Paris 8 ainsi qu’à des conditions d’études décentes a démontré que seulement 17 % de l’échantillon sont dans des conditions matérielles favorables (tandis que pour les autres universités ce chiffre tourne autour de 30 %) !
En plus des initiatives à Paris 8, plusieurs étudiant.e.s de différentes universités sont actuellement mobilisé.e.s pour se positionner contre ces méthodes de validation « aux moyens », qui impliquent une sélection universitaire brutale, et défendre le droit d’accès aux études pour tou.te.s. C’est le cas aux universités Paris-Tolbiac, Paris-Nanterre, à celle d’Evry-Val-d’Essone, à Science Po Rennes, celle de Rouen, en Lorraine ou encore à Toulouse.

Pour toutes ces raisons, une réponse objective, adaptée et équitable en faveur des étudiant.e.s est plus que nécessaire. Le confinement perdure depuis plus d’un mois, et rien n’indique un retour à la normale à court terme. Dans cette continuité, nous interpellons la présidence de Paris 8 pour exiger le passage automatique à l’année supérieure sans conditions de validation. Et afin de ne pas pénaliser l’accessibilité en master pour les étudiant.e.s extérieur.e.s à Paris 8, ni pour les bachelièr.e.s, nous exigeons qu’aucune politique de quotas ne soit effectuée.
Nous nous adressons donc à vous, professeur.e.s et étudiant.e.s de Paris 8, à se coordonner avec nous pour cette revendication qui s’impose comme la seule solution crédible.

Étudiant.e.s et professeur.e.s mobilisé.e.s de Paris 8, avec comme premiers signataires :

NPA-Jeunes, France Insoumise, Solidaires Étudiant-e-s, Association CLE-Autistes, Collectif des Étudiants Congolais de France, Collectif Bok-Xalaat