Petition updatePétition pour le Rétablissement Rapide de l'Ordre et la Sécurité en Nouvelle-CalédonieLettre ouverte au Président de la République Française - Envoi pétition
L'auteur DE LA PÉTITIONNew Caledonia
Jul 11, 2024

Bonjour

Grande nouvelle !

  • Cette pétition a dépassé les 10.000 signataires : un très grand merci à chacun d'entre vous !
  • la pétition et la lettre ouverte à l'attention du Président de la République Française sont envoyées ce jour à l'Elysée (on travaille à une publication dans la presse écrite et sur le WEB)

C'est un petit pas pour la Nouvelle-Calédonie mais un grand pas pour la pétition : à nous de continuer nos efforts pour inverser cette phrase, en continuant à partager le lien https://chng.it/TrgTsKLpQG 

Voici la lettre :

Lettre ouverte au Président de la République

Paix Espoir Et Attentes

 

Nouvelle-Calédonie

9 juillet 2024

Monsieur le Président de la République,

Cette lettre ouverte est celle de citoyens alarmés par la situation actuelle, dramatique en Nouvelle-Calédonie. Depuis près de 2 mois, cette collectivité est en proie à des émeutes incessantes, perturbant gravement la vie quotidienne des habitants et mettant en péril leur sécurité physique et mentale. Le renfort actuel des forces de l’ordre est insuffisant puisque de nouvelles exactions sont régulièrement commises, pour ne citer que les plus récentes : embrasements le lundi 24 juin, plusieurs car-jackings avec arme à feu et empêchement d’aller voter via la route de Saint-Louis le 7 juillet, locaux du syndicat mixte des transports urbains SMTU incendiés le 8, navette maritime pour le Mont-Dore incendiée le 9, un couvre-feu nocturne dont la levée est régulièrement reportée… S’instaure un climat véritablement anxiogène, rendant impossible la reprise du quotidien et du dialogue, la reconstruction, annulant ou repoussant les investissements et poussant à la fuite les forces vives du territoire.

C’est dans ce contexte qu’une pétition demandant un rétablissement rapide de l'ordre et de la sécurité en Nouvelle-Calédonie a mobilisé en seulement quelques jours, plus de 10 000 signataires. Témoignage indiscutable de l’inquiétude de tous et des attentes fortes vis-à-vis des plus hautes instances de l’Etat. Voici le lien https://chng.it/TrgTsKLpQG et le QR code pour lire cette pétition, la signer et la partager. Comment peut-il en être autrement quand rien n’indique la fin des exactions et que le constat est catastrophique ?

Des vies perdues. Un stress permanent. Une détresse psychologique. Un accès aléatoire aux soins et aux structures médicales telles que les centres de dialyse. Une libre circulation non garantie. A ses risques et périls. Des agressions physiques. Des pillages. Des incendies. Face à cette insécurité omniprésente, comment éviter que les habitants n’érigent des barricades pour assurer leur propre protection quand les forces de l’ordre préviennent qu’elles ne pourront être partout simultanément ? Toutes les communautés – y compris des populations Kanaks comme les 3 chefferies de Wé à Lifou – voient de simples citoyens transformés malgré eux en ‘voisins vigilants’. Que dire à nos enfants, quand, au beau milieu de la nuit, le bruit d’une déflagration de grenade de désencerclement qui semble être plus puissante, plus proche que les autres, pourtant synonyme de présence rapprochée et rassurante des forces de l’ordre, déforme leur visage empreint d’inquiétude ?

Les chiffres – inimaginables – parlent d’eux-mêmes dès lors qu’ils sont convertis en équivalent métropolitain (en utilisant un rapport de 1 à 200, soit le plus faible des ratios de comparaison calculés entre la Nouvelle-Calédonie et la France) : ce serait l’équivalent de 15.000 décès de plus que la normale durant les 2 premières semaines des émeutes en mai. En à peine 2 mois, le bilan est dramatique : ce serait l’équivalent de 600.000 véhicules brûlés, 40.000 maisons incendiées, 140.000 entreprises totalement ou partiellement détruites, 4 millions de nouveaux chômeurs, 5.000 établissements scolaires totalement ou partiellement détruits, 1,6 millions d’élèves perturbés dans leur scolarité. Tout le réseau de transport public routier est d’ailleurs à l’arrêt jusqu’à nouvel ordre. Des décennies de construction réduites à néant. 

Le pays se vide. Parler du droit démocratique bafoué dans des communes (Houaïlou, Le Mont-Dore) aux élections législatives 2024 semble bien dérisoire face aux départs du territoire estimés à 12.000 au mois de juin. L’équivalent métropolitain serait de quelques 2,4 millions de personnes qui fuiraient l’hexagone. Si rien n'est fait pour endiguer cette vague, le risque est d’atteindre un seuil irréversible : Comment espérer reconstruire un territoire vidé d’un trop grand nombre d’investisseurs et de compétences clés ? Il sera trop tard. 

Monsieur le Président, nous, simples habitants de la Nouvelle-Calédonie, ne sommes pas des soldats, et nous ne souhaitons pas l’être. Seul l’État disposant du monopole de la force publique, a légalement la capacité à déployer les moyens nécessaires pour rétablir et maintenir l’ordre sur les territoires soumis à son autorité, comme la Nouvelle-Calédonie en vertu de l’Accord de Nouméa (1). En tant que garant de la sécurité et de l'intégrité de notre République, au titre de votre fonction de Chef des Armées (2), c’est avec respect et humilité que nous sollicitons votre pleine implication dans cette situation critique, au travers de mesures radicales pour ramener rapidement le calme et la sécurité sur ce territoire : plan Vigipirate ? intervention de l’armée ? déclaration d’un état de siège ? mise sous tutelle du territoire ? appel à la coopération internationale ?...  

Monsieur le Président, que feriez-vous à notre place ? Que feriez-vous en tant que père ? En tant que victime d’agression ? En tant qu’actif devenu chômeur ? En ayant tout perdu, les économies d’une vie ? Comment réagir lorsque le sentiment d’impunité semble si fort chez ceux qui sèment la terreur et le chaos ? Comment vivre face à la dégradation de l’offre de soins, la disparition d’une partie du système éducatif ? Quel avenir pouvons-nous entrevoir pour la Nouvelle-Calédonie et nos enfants ? 

Impossible de nous résoudre à rester impuissants. Nous gardons encore l’espoir que notre appel, à la paix, au retour à l’ordre et à la sécurité, soit entendu.

En vous remerciant par avance pour l'attention que vous porterez à notre appel au secours, nous vous prions de bien vouloir agréer, Monsieur le Président de la République, l'expression de notre plus haute considération.

Le collectif Liberté et Démocratie de Nouvelle-Calédonie

(1)   Point 3.3 de l’Accord de Nouméa du 5 mai 1998 ; article 21 de la Loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie.

(2)   Article 15 de la Constitution du 4 octobre 1958.

Copy link
WhatsApp
Facebook
Nextdoor
Email
X