Bonsoir à toutes et à tous,
Merci d’être venus ce soir à 18h à la Bourdonnière. Votre présence montre à quel point nous sommes nombreux à nous sentir concernés par l’avenir de notre cadre de vie, et en particulier par ce qui se passe à la Bourdonnière.
Avant de parler du projet qui nous inquiète, nous souhaitions commencer par quelque chose d’important : remercier la municipalité.
Oui, remercier, car il faut le dire : ces dernières années, Avranches a fait de vrais efforts pour améliorer notre environnement. La commune a été labellisée "Territoire Engagé pour la Nature" en 2021, puis à nouveau en 2025. Ce label, c’est la reconnaissance d’un engagement concret pour la biodiversité, pour des espaces verts mieux pensés, pour un cadre de vie plus agréable.
Et à la Bourdonnière, on en a vu les résultats :
Une salle socioculturelle rénovée et agrandie, pour 1,68 million d’euros, qui accueille nos événements, nos associations, nos fêtes.
Des jeux pour enfants, installés grâce à un projet participatif de près de 29 000 euros, qui font le bonheur des familles.
On ne peut que saluer ces choix. Ils montrent que la commune sait investir dans des projets utiles, durables, et qui rassemblent.
Mais c’est justement pour ça que nous ne comprenons pas le projet d’aire de camping-cars sur ce même site.
Pourquoi ce projet pose problème ?
Ce que je vais dire ici, ce n’est pas juste l’avis d’une personne. C’est le fruit de nombreux échanges entre habitants, depuis l’annonce du projet. Des discussions entre voisins, entre parents, entre membres d’associations. Ce sont des inquiétudes largement partagées.
D’abord, parce que la Bourdonnière est un refuge de nature. C’est un espace fragile, vivant, qu’on devrait continuer à protéger. Y faire venir des camping-cars, c’est risquer de dégrader ce lieu, d’y introduire du bruit, de la pollution, du béton. Ce n’est pas cohérent avec les engagements Territoire Engagé pour la Nature que nous soutenons.
Ensuite, parce que ça va à l’encontre des objectifs de circulation. On nous parle de contournement pour alléger le trafic à Saint-Martin-des-Champs, et en même temps on veut faire passer des camping-cars par nos petites routes ? Ça n’a pas de sens. Cela va créer plus de nuisances, plus de risques, plus de tensions.
Et puis, soyons clairs : le site n’est pas adapté. Il est difficile d’accès, loin des grands axes, sans commerces à proximité. Les points de tri sont déjà saturés. Ce n’est pas un endroit pratique pour ce type d’accueil.
Et les avantages touristiques ?
Les élus évoquent une opportunité pour le tourisme. Mais quel tourisme ?
La Bourdonnière est éloignée des lieux incontournables d’Avranches. Il n’y a pas de piste cyclable, pas de chemin sécurisé, et pour rejoindre le centre-ville, il faut traverser l’accès à l’école, souvent en voiture. Ce n’est ni pratique, ni sécurisant.
On parle aussi de retombées économiques. Mais si le site n’est pas adapté à la circulation de camping-cars, il faudra sûrement prévoir des aménagements coûteux. Et ces coûts risquent de dépasser largement les gains espérés.
Enfin, même si le site est agréable, les camping-caristes risquent d’être déçus par le manque de commerces et de services de proximité et l’absence de facilité de déplacement. Ce n’est pas une aire qui répond aux standards attendus par les voyageurs.
Une atteinte à un lieu de vie
La Bourdonnière, ce n’est pas un terrain vague. C’est un endroit où il se passe des choses :
- des vides-greniers,
- des fêtes d’école,
- des animations de plein air,
- des jeux collectifs pour les enfants,
- des activités associatives comme le yoga ou les ateliers nature.
Et on pourrait faire encore plus ! Ce site a un potentiel énorme pour devenir un véritable lieu de vie intergénérationnel, avec des événements réguliers, des rencontres, des moments de partage. C’est dans cette direction qu’il faut aller.
Et maintenant, que peut-on faire ?
Aujourd’hui, il nous reste une petite chance d’empêcher ce projet de voir le jour. À notre connaissance, la convention entre la commune et le prestataire n’a pas encore été signée. Mais si elle l’est, ce sera pour 10 ans. Dix ans d’engagement, dix ans de conséquences.
C’est pourquoi nous avons lancé une pétition et nous appelons chacun d’entre vous à partager son point de vue, à soutenir cette démarche, à faire entendre sa voix.
Notre objectif est clair : envoyer un courrier au maire, accompagné de la pétition et de tous les témoignages recueillis, pour lui demander d’abandonner ce projet.
Alors aujourd’hui, on dit non à ce projet, mais on dit aussi oui à une autre vision :
Une vision où la Bourdonnière reste un lieu de nature, de vie, de rencontres.
Une vision où les décisions se prennent avec les habitants, pas sans eux.
Merci à toutes et à tous pour votre mobilisation.
Continuons à nous faire entendre, avec calme, avec respect, mais avec détermination.