
Bonjour à tous,
N’ayant malheureusement pas reçu cette étude d’impact par la voie officielle, que nous avions pourtant sollicitée par des lettres recommandées avec accusé de réception, nous avons dû nous
débrouiller autrement avec nos différents contacts pour en obtenir une copie.
La première remarque à faire est qu’il s’agit là d’un rapport provisoire et, en conséquence, il faut s’attendre au dépôt d’un rapport définitif ultérieur qui ne reprendra peut-être pas les mêmes conclusions.
Méthodologie
S’agissant de la méthodologie employée, ce rapport provisoire est particulièrement bien fait, richement illustré de photos très probantes, et a manifestement tenu compte des arguments que nous avions insérés dans notre plainte, en particulier en ce qui concerne le risque d’infection des arbres par un champignon(le chancre coloré). De nombreux sujets ont été répertoriés, examinés et analysés et, concernant cette méthodologie il n’y a rien à redire tant elle a été parfaitement menée.
Ce rapport fait 41 pages.Il a distingué, d’une part les arbres de la voie nord du boulevard et, d’autre part, les arbres de la voie sud Il nous a fait faire des découvertes fort intéressantes d’ordre général.
Nous allons vous en donner quelques extraits.
Il existe actuellement en place 256 arbres sur un linéaire de 770 m, constitués en majorité de platanes. Il a été réalisé 10 sondages au niveau de la voie nord et 14 au niveau de la voie sud, avec quelquefois des décroûtages de façon à examiner sérieusement le système racinaire de l’arbre étudié.
Systèmes racinaires et conséquences
Il apparaît que le système racinaire des arbres sur les deux voies se développe de façon nettement plus importante du côté de la chaussée/stationnements que du côté du mail en lui-même.Ceci est
peut-être dû à une recherche par les arbres d’humidité qui serait plus présente en dessous des chaussées qu’en dessous du mail.En outre, le système racinaire se développe en surface à moins de 50 cm de profondeur. En conséquence, un décaissement au niveau des chaussées est plus préjudiciable. L’expert n’hésite pas à dire que la mise en œuvre sur les chaussées de terrassements plus ou moins profonds peut s’avérer ainsi lourde de menaces vis à vis de l’intégrité des systèmes
racinaires qui y seraient éventuellement disposés, et constituer par ailleurs une restriction sensible des espaces et des ressources actuellement à la disposition des arbres. Cette étude nous apprend
d’ailleurs qu’une racine coupée, d’un diamètre de 3 à 5 cm, ne se régénérera pas par la suite.On voit donc mal comment des travaux de cette ampleur vont préserver de telles racines..
En conséquence de quoi et fort de ces arguments, l’expert exclut, sauf retentissement majeur, tous travaux sur la voie sud du boulevard : « ce côté sud s’associe a priori à nos plus grandes réserves vis à vis d’une mise en œuvre potentielle de travaux sur ces emprises du fait de ces constats d’en -racinement très orienté vers le boulevard.
Nous recommandons en ce sens de limiter au maximum les interventions et les aménagements lourds de ce côté de la plantation ».
Inutile d’en rajouter, cela ne peut pas être plus clair, et, pourtant, nous entendons encore Mr Schwartz prétendre vouloir faire de nouvelles études pour une ligne côté nord et une autre au sud…
Autres types d’atteintes
A côté des terrassements qui constituent la menace principale sur les arbres de l’alignement, d’autres mises en œuvre peuvent entraîner des impacts plus ou moins sensibles sur la plantation. On peut en esquisser 2 principales :
1/ la modification (ou la perturbation) des ressources en eau à la disposition des arbres. L’orientation d’une partie des racines vers le boulevard et sous sa chaussée peut laisser supposer que des ressources hydriques sont présentes sous ces emprises. La reprise et l’imperméabilisation de ces zones peuvent entrainer des désordres physiologiques potentiels qu’il serait très difficile de compenser par la suite après le chantier. Il est souhaitable de comprendre comment les arbres s’abreuvent dans ce contexte urbain et très minéralisé et quelles sont leurs sources hydriques principales de manière à éviter d’induire des stress à la suite d’une privation d’une part peut-être importante de leurs ressources.
2/ la mise en œuvre de tailles de réduction sur les charpentes à la suite d’implantation de structures ou de réseaux en proximité des arbres nécessitant un dégagement important des couronnes pour
éviter les conflits. Le milieu dense et concurrentiel de l’alignement implique de limiter les atteintes à leur intégrité sous peine d’induire des stress et d’accentuer les contraintes sur les sujets les plus jeunes ou les moins développés. Des blessures peuvent également favoriser la diffusion de parasites sur les charpentes.
Les risques d’infection
En plus, il rappelle fort justement les risques qui existent à long terme à la suite d’une infection par un champignon pour les sujets dont les systèmes racinaires seront découverts avec abattage,pouvant survenir jusqu’à 10 ans, voire plus, après les travaux. Il est très vraisemblable que
l’installation d’une ligne de tramway à cet endroit ne s’accompagnera pas des précautions indispensables pour éviter une contamination des racines qui ont été utilisées apparemment pour cette expertise.
Il est prévu d’implanter sur le boulevard 2 stations, ouest et est, et il conviendrait donc, ce que nous nous proposons de faire prochainement, de déterminer exactement l’emprise d’une station qui nous semble beaucoup plus importante que ce qui est prévu actuellement dans les plans. Selon le schéma proposé, l’expert conclut, qu’en l’état actuel, il existe un risque d’impact majeur pour 34 sujets, l’expert démontrant au passage, à la suite de la découverte de la section ancienne d’une racine
vraisemblablement secondaire à des travaux de voirie, comment un arbre peut être impacté.Tout au long de l’étude l’expert différencie les différents risques d’impact soit majeurs, soit vraisemblables, soit absents, concernant les sujets, et il existe bien entendu une très faible minorité de sujets (environ 10) ne risquant pas d’impact secondaire aux travaux.
En conséquence de quoi, continuer à envisager un passage sur le boulevard Béranger sans craindre un retentissement écologique majeur, relève d’une ignorance totale de ce rapport.
Bien cordialement.
Richard Moreau.