

SERVICE NATIONAL
Devenez soldat ? Le Mouvement de la Paix dit non à la militarisation de la jeunesse
Actualités – Corrèze
Annoncé comme volontaire, attractif et formateur, le nouveau « service national » présenté par l’Armée de Terre comme une opportunité pour les jeunes de 18 à 25 ans soulève de profondes inquiétudes. Pour le Mouvement de la Paix de la Corrèze, ce dispositif marque une étape supplémentaire dans la banalisation de la guerre et la militarisation de la jeunesse, sous couvert d’engagement citoyen.
Présenté comme l’héritier du service militaire suspendu en 1997, ce nouveau service n’a pourtant rien d’anodin. Il ne s’agit plus de sensibilisation civique ou de cohésion sociale, mais bien d’un engagement militaire opérationnel, avec maniement des armes, entraînement au combat et participation à des missions de sécurité intérieure. Autrement dit : former rapidement des jeunes civils à devenir des soldats.
Une réponse militaire à des problèmes civils
Dans un contexte international marqué par la guerre en Ukraine et l’augmentation des tensions géopolitiques, le choix du gouvernement est clair : préparer la société à la guerre plutôt que renforcer les outils de paix. Or, rien ne prouve que l’accumulation de forces armées et l’élargissement du recrutement militaire garantissent la sécurité des peuples. L’Histoire montre au contraire que la logique de dissuasion et d’escalade nourrit les conflits au lieu de les prévenir.
Pour le Mouvement de la Paix, la sécurité durable passe par la diplomatie, la coopération internationale, le désarmement, la justice sociale et la prévention des conflits — pas par l’apprentissage accéléré du combat à des jeunes en construction.
Le volontariat… sous contrainte sociale
Si l’engagement est officiellement volontaire, peut-on vraiment parler de libre choix quand on s’adresse à une jeunesse confrontée à la précarité, au chômage, aux difficultés d’accès aux études et au logement ? Une solde de 800 euros, le logement et la nourriture assurés, des réductions de transport : autant d’arguments qui peuvent transformer un choix présenté comme citoyen en choix par défaut.
Ce service national risque ainsi de devenir une armée de la précarité, attirant en priorité celles et ceux qui manquent d’alternatives, plutôt que de véritables volontaires éclairés.
Former à obéir, pas à penser
Ponctualité, obéissance, discipline, maniement des armes : les valeurs mises en avant interrogent. Former des jeunes à l’obéissance militaire est-ce vraiment la meilleure manière de former des citoyens libres, critiques et responsables ? À l’heure où la démocratie a besoin de débat, d’esprit critique et d’engagement citoyen, le modèle proposé repose sur la hiérarchie, la soumission aux ordres et la normalisation de la violence légitime.
Le Mouvement de la Paix rappelle que l’usage des armes n’est jamais neutre et que l’on ne peut dissocier leur apprentissage des conséquences humaines, psychologiques et éthiques qu’elles impliquent.
D’autres engagements sont possibles
Plutôt que d’investir massivement dans des dispositifs militaires, pourquoi ne pas proposer aux jeunes un véritable service civique de paix, renforcé et valorisé, dans les domaines de l’éducation, de la solidarité, de l’environnement, de la santé ou de la médiation sociale ? Pourquoi ne pas former des jeunes à la résolution non violente des conflits, à la coopération internationale, à l’aide humanitaire ou à la transition écologique ?
Construire la paix demande du courage, de l’intelligence collective et des moyens politiques. Ce sont ces choix que nous appelons de nos vœux.
Pour une jeunesse actrice de paix, pas chair à canon
Le Mouvement de la Paix de la Corrèze affirme son opposition à ce nouveau service national militaire. Nous refusons que la jeunesse soit préparée à la guerre plutôt qu’à la paix. Nous appelons les citoyennes et citoyens, les parents, les éducateurs et les élus à ouvrir un véritable débat démocratique sur le sens de l’engagement proposé aux jeunes.
Parce que la paix ne se décrète pas avec des armes, mais se construit par la justice, la solidarité et le dialogue.