

Ils étaient là, eux, face à ce mur, à attendre la mort, 46 furent fusillés, coups de grâce, seuls cinq rescapés survivront : Auguste Mary- Gratien Soureillat – Émile Bouchet, Joseph Coutton et Alfred Buey, ce dernier succomba de ses blessures à l’hôpital.
Je citerai le témoignage de Jean Louis Chaulot Talmon âgé de 13 ans, présent devant le mur avec sa maman, Jeanine Talmon, responsable de la Croix-Rouge :
« Et brusquement , des coups de feu. Les prisonniers qui tombent sont ceux les plus près de l'entrée de la route d'Orange. Le premier est un homme âgé. Il me semble qu'il porte des vêtements de travail d'agriculteurs, peut-être en velours. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il a un chapeau de feutre sur la tête. Quand il tombe en arrière, le chapeau se met en travers mais reste sur sa tête. L'homme se retourne à plat ventre et tente de se mettre sur les coudes, face aux Allemands, les mains jointes. Presque aussitôt, venant de l'autre côté de la route, un soldat allemand s'approche de lui. D'un coup de pied, il envoie rouler le chapeau au loin, braque son arme sur la tête de l'homme et tire »
Pendant l’attaque, sept résistants et otages seront tués. Leurs noms sont inscrits sur ce Mur.
Ils étaient tous conscients qu'en mourant, ils abandonnaient ceux qu'ils aimaient, exprimant leur immense angoisse face à la peine et à la souffrance que leur sacrifice causerait.
La population sera épargnée au vu de ce sacrifice.