
M. Le Préfet de région,
En dépit des multiples interpellations pour une nouvelle concertation, émanant de plusieurs élus locaux, aux rangs desquels on peut citer la Présidente du Conseil Départemental de Guadeloupe, Mme Josette Borel-Lincertin, les parlementaires, Messieurs Victorin Lurel et Max Mathiasin, respectivement sénateur et député de Guadeloupe, et au mépris de l'expression pétitionnaire de plus de 16 200 Guadeloupéens contre la mise en expérimentation du département pour ce déploiement inédit de 100 radars tourelles sur les 1000 kms de routes du département, par ailleurs en totale contradiction avec vos propres déclarations publiques, annonçant un planning de déploiement qui consisterait, dans un premier temps aux remplacements des radars fixes existants ou détruits; vous persistez votre « radarisation » dans un flagrant délit de mensonge à la population, et à votre ministre de tutelle, puisque l'installation récente de radars à Gourbeyre et Capesterre Belle-Eau ne sont pas des remplacements, mais bien de nouvelles implantations.
Votre entêtement prend une allure obsessionnelle. Alors même que vous avez fixé un rendez-vous de concertation avec les élus au début du mois de décembre sur ce déploiement, vous semblez mener une course contre la montre, pour mettre les élus devant vos faits accomplis au moment de cette nouvelle concertation.
Mais nous avons bien compris, au regard de plusieurs de vos actes récents, que les avis de la population Guadeloupéenne ainsi que ceux de leurs élus étaient le cadet de vos préoccupations.
Vous semblez vous plaire dans une posture d’arrogance, de passage en force et d'interventionnisme outrancier, contrevenant à l'esprit de la décentralisation.
Par deux fois, et très récemment, sur d’autres dossiers, vous vous êtes permis de faire des relevés de conclusions contraires à ce que les élus ont affirmé.
Ceci est très grave pour celui qui est dépositaire de l'autorité de l'état.
Il en est de même pour le dossier des radars pour lequel vous vous permettez des libertés d'interprétations des préconisations du Document Général d'Orientations (DGO) 2018-2022. Vous prenez ainsi à contrepied et mettez dans l'embarras les élus locaux vis-à-vis de leurs administrés, en décidant de façon unilatérale du nombre et du planning du déploiement.
Votre mise en doute récente de la parole donnée par un ministère à un député de la république constitue un élément accablant supplémentaire qui en dit long sur votre appréciation de la démocratie, et de la façon que vous avez d'envisager la conduite de votre règne en tant que préfet de la Guadeloupe.
Nous, le collectif Sentinelle Guadeloupe vous rappelons que vous êtes un haut fonctionnaire, nommé par le Président de la République, et qui, depuis 1982 doit être à l'écoute et dans la concertation avec toutes les strates de la représentation démocratique.
Mais votre fascination annoncée pour le « tan sorin » expliquerait peut-être votre entêtement.
Un adage dit que nous avons les élus que nous méritons. Mais vous n’êtes pas notre élu. Nous ne pourrons donc pas vous sanctionner par le suffrage universel aux prochaines élections
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Aux motifs de tous les éléments exprimés ci-dessus, soyez assuré que notre mobilisation se poursuit et s'amplifie et pourra prendre d'autres formes si vous persistez à ne pas entendre le peuple.
Sentinelle Guadeloupe