La mairie vient de diffuser une lettre au sujet du projet industriel à Carhaix. Plutôt que d’apporter des réponses concrètes, ce document vise un opposant politique et détourne le débat du fond.
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Bonjour à tous et à toutes,
Aujourd’hui, j’ai découvert dans ma boîte aux lettres une nouvelle communication de la mairie. Ce document vise directement un opposant politique, M. Prigent, au lieu de répondre sereinement aux inquiétudes des habitants. Je trouve regrettable qu’une institution censée représenter tous les citoyens se livre à des attaques personnelles plutôt qu’à une discussion de fond.
Dans cette lettre, plusieurs affirmations sont avancées :
– M. Prigent habiterait à 700 m du site,
– Le projet représenterait 137 emplois,
– Le gardiennage de la friche coûterait actuellement 400 000 € par an (la mairie payerait elle l'entretien d'un terrain qui ne lui appartient pas ?),
– Les agriculteurs sont en difficulté (on parle d'une friche industrielle à la base),
– 400 000 visiteurs auraient été « perdus » chaque année (je doute que des camions supplémentaires attirent des visiteurs).
Mais aucun de ces arguments ne répond réellement aux questions essentielles que posent les habitants : pourquoi un tel projet, à cet endroit, et à quel prix pour notre qualité de vie ?
J’habite tout près du site, et je suis convaincu que les conséquences dépasseront largement les seuls riverains :
- Trafic routier massif : tout axe confondu: 7 camions par heure à venir (et autant à repartir) ; Un camion toutes les 6 minutes sur l'axe des écoles. Environ 336 camions par jour. au total En un an, cela représente plus de 122 000 camions qui traverseront nos routes. Et on ne parle ici que des poids lourds.
- Impacts urbains évidents : l’entrée Est de Carhaix sera d'avantage saturée aux heures de pointes, affectant tous les usagers de cet axe au moment où ils en ont le plus besoin.
- Pollution sonore et atmosphérique : ces nuisances n’ont pas de frontières et toucheront l’ensemble des quartiers alentours.
- Infrastructure fragilisée : les routes subiront une usure accélérée… financée, inévitablement, par les contribuables. Je serai curieux de savoir combien cela nous coutera par an...
- Proximité d’établissements scolaires : un collège, deux lycées et une maternelle, soit environ 1 340 enfants, qui étudient à proximité directe de ces axes (Collège Beg Avel, Lycée Paul Sérusier (général + pro), École maternelle Kerven).
À l’échelle humaine, ces chiffres parlent d’eux-mêmes. Faut-il croire que la promesse de 130 emplois justifie durablement ces risques ? Combien de ces 130 emplois persisteront dans 10 ans avec l'avènement de l'IA, l'automatisation massive et les transports autonomes ?
Une municipalité devrait œuvrer avant tout dans l’intérêt de ses habitants, en pesant objectivement les coûts, les avantages, les risques, et en évitant toute décision qui compromet la sécurité, la santé ou la tranquillité de la population.
Dès lors, je m’interroge : à qui ce projet profite-t-il réellement ? Pourquoi ignorer les objections pourtant fondées ? Et pourquoi cette communication partisane, plutôt qu’un vrai débat public ?
Notre démarche n’est pas un refus du développement économique, mais une demande de cohérence, de transparence et de respect du bon sens.
Partagez ce message. Continuons à faire entendre notre voix. Une prise de conscience collective s'impose.