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Éducation
Cuisery
Collège : la grève maintenue, pas de conséquences pour les épreuves du Brevet
Jeudi 26 et vendredi 27 juin, les épreuves du brevet des collèges battent leur plein. Mais au collège de Cuisery, une vingtaine d’enseignants ont décidé de ne pas surveiller les élèves. Une décision prise à l’encontre de la décision de l’Académie de fermer deux classes, qui ne pénalise pas les élèves dans l’obtention de leur diplôme.
Thibaut Magnien - Hier à 19:16 | mis à jour hier à 19:16 -
Les professeurs grévistes se sont réunis devant le Collège avant le début des épreuves du brevet. Photo Thibaut Magnien
Les professeurs grévistes se sont réunis devant le Collège avant le début des épreuves du brevet. Photo Thibaut Magnien
Ce jeudi 26 juin, à 8 h 30, alors que les collégiens de Cuisery débutaient leur première épreuve, 16 professeurs se réunissaient devant l’établissement pour protester. La veille, une visioconférence avec Catherine Pierre, directrice académique des services de l’Éducation nationale, leur confirmait la fermeture d’une classe de 5 e et de 4 e pour la rentrée 2025-2026.
Un long combat perdu par le corps enseignant
Les éducateurs, en conflit avec l’Académie depuis le début de l’année, ont multiplié les actions ( Opération “collège mort” , pétition, etc.) et avaient déposé un préavis de grève la semaine passée auprès de l’administration, pour ne pas pénaliser leurs disciples. La mobilisation consistait à ne pas surveiller les épreuves du Brevet national des collèges. De quoi laisser le temps à l’administration de s’organiser et mobiliser du personnel complémentaire. De plus, certains signataires avaient à cœur d’aider les élèves et, déclarés grévistes, étaient bien à leur poste dans les classes d’examens. Selon les grévistes, une vingtaine de professeurs en sont signataires.
« Il n’y a pas de prise en compte de l’humain, nous sommes des chiffres »
Pour les fonctionnaires, pas de doute, l’académie veut maximiser sa rentabilité. « Il n’y a pas de prise en compte de l’humain, nous sommes des chiffres », scandent-ils. Les seuils d’élèves pour la création d’une classe ne cessent d’augmenter. En 2025, une classe peut maintenant supporter jusqu’à 31 étudiants. « Un élève en plus par classe ça ne paraît rien, mais ça leur fait des économies énormes » affirme Charlotte Boiston, professeure de Mathématiques.
Un effectif non viable pour Nicolas Delgado, professeur d’EPS. « En escalade, je ne peux pas surveiller tout le monde, cela devient dangereux. » D’autres disciplines manuelles se verraient dans l’obligation de changer de méthode. Sciences ou arts plastiques, trop peu de matériel sera à la disposition de 30 élèves.
Plusieurs revendications
La réduction du nombre de classe n’est pas l’unique revendication. La gestion des heures supplémentaires est aussi un problème. L’académie oblige ces derniers à les réaliser dans d’autres collèges pour de petites tâches non pourvues, coûtant moins cher à l’institution. Un énième paradoxe pour les enseignants. D’autant que d’autres professeurs font le sens inverse pour le collège Les Dîmes. « On nous bassine avec l’écologie, mais on doit prendre la voiture pour faire des kilomètres et enseigner quelques heures seulement. » Des problématiques inquiétantes pour les Cuiserotains qui mèneront à terme, à l’accentuation des inégalités sociales entre élèves.
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