Petition updateNON à la DÉMOLITION du 3432 MetcalfeLe verdict est tombé pour le 3432 Metcalfe
Patrimoine Citoyen RAWDONRawdon, Canada
May 16, 2024

« Il est toujours trop tôt pour rentrer chez soi, et il est toujours trop tôt pour mesurer les effets d’une mobilisation. » Extrait de «Garder espoir» de Rebecca Solnit

Chers amies et amis,

Plusieurs d’entre vous le savez déjà : lundi le 13 mai dernier, le conseil municipal (qui fait office de comité de démolition) a rendu sa décision concernant l’avis de démolition du 3432 Metcalfe. Elle est autorisée à l’unanimité avec conditions, malgré l’absence d’une conseillère.

La salle était plus que pleine. Nous étions profondément émus de voir autant de concitoyennes et concitoyens se déplacer pour écouter et s’exprimer. C’était, malgré l’issue de la soirée, magnifique de voir autant de personnes se tenir debout, ensemble, exprimer leurs préoccupations et leurs souhaits pour notre belle municipalité avec autant de verve et d’aplomb. 

Comme plusieurs d’entre vous n’y étaient pas, on a cru bon vous rapporter ce qui s’y est dit. Et ce qui ne s’y est pas dit. C’est un peu long, à l’image de la séance qui aura duré 4 heures, mais il y a une surprise à la fin du texte pour les courageuses et les courageux.

D’abord, ne soyez pas surpris si vous n’avez pas vu le mot démolition dans aucun ordre du jour : aucune séance du comité de démolition n’avait été annoncée par les canaux officiels (avis publics ou documents des séances du conseil). Ce qui a été fait, c’est plutôt de suspendre la séance du conseil municipal en cours afin de permettre au comité de démolition de tenir une séance publique. Vous ne retrouverez pas non plus ce qui s’est dit durant cette séance publique du comité de démolition dans le procès-verbal de la séance du 13 mai, puisqu’étant suspendue, rien n’avait l’obligation d’y être inscrit. Elle est pas belle la vie?

Le conseil municipal a renseigné l’auditoire des démarches qu’ils ont effectué depuis le 8 avril :

  • Il y a eu l’analyse des commentaires dans 61 des 68 lettres d’opposition reçues.
  • Il y a eu des échanges et rencontres avec le promoteur.
  • Il y a eu un rapport d'expertise complémentaire réalisé par un ingénieur, à la demande du comité de démolition (aka le conseil municipal).
  • Deux membres du conseil ont rencontré des représentantes de la Société d’histoire de Rawdon.
  • Il y a eu des échanges avec le groupe de médecine familiale.
  • Il y a eu une rencontre avec les représentants du MTQ.

Cette déclaration renseigne également sur les démarches qui n’ont pas été effectuées :

  • Aucun résident du quartier n’a été consulté.
  • Aucune étude sur l’impact de la sécurité et la circulation n’a été effectuée.
  • Aucune analyse de la valeur patrimoniale n’a été réalisée.
  • Ni le comité municipal du patrimoine, ni le comité culturel n'ont été consultés.
  • Aucune étude sur l’impact de l’approvisionnement ou du traitement des eaux avec les infrastructures existantes n’a été réalisée, sachant que c’est un enjeu majeur dans le secteur.
  • Le CCU a été impliqué dans les demandes de dérogations mineures, dans la demande d’approbation d’un projet de construction, mais pas dans la demande de démolition.
  • Cette pétition-ci et ses plus de 2000 signatures (électroniques et papier) n’ont pas été considérées, ayant été jugée de « qualité discutable ».

Voici ce qui a été pris en considération pour prendre la décision d’autoriser la démolition du 3432 Metcalfe :

  • Le CCU était favorable à majorité au programme de réutilisation du sol dégagé (PPRSD) et aux dérogations mineures à majorité.
    • Ce qui n’implique pas que le CCU ait été favorable à la démolition.
  • Le rapport d’ingénieur commandé indiquait que l’état du bâtiment était insuffisant pour un usage commercial moderne (par exemple que le bâtiment «shiftait» de 2 pouces et demi sur 30 pieds et que la fondation [en moellon] était dégradée).
    • Ce n’est pas un rapport d’architecte ou d’ingénieur spécialisé en structures patrimoniales qui a été commandé.
    • Les recommandations ont été formulées en projection de l’utilisation d’un « bâtiment commercial moderne » neuf, sans intégration de l'immeuble existant.
    • Évidemment que la maison nécessite de l’entretien. Les citoyens qui n’ont pas de passe-droit, eux, doivent les faire les travaux d’entretien.
  • Le bâtiment est situé sur des artères commerciales.
    • Ce qui sous-entend que n’importe quel autre bâtiment historique sur Metcalfe est à risque de démolition.
  • L’incidence sur le voisinage est possible, mais dans la balance, il a été jugé que les bénéfices à l'ensemble de la population surpassaient les inconvénients.
  • Le bâtiment n’est pas classé patrimonial au sens de la loi.
    • Il s’agit d’une drôle d’interprétation de la Loi sur le patrimoine culturel. Celle-ci établit pourtant une méthode d’évaluation précise pour déterminer la valeur d’un élément patrimonial, AVANT même qu’il ne soit cité ou classé (section I.1 si vous voulez aller vérifier).
    • Cette valeur est basée sur l’intérêt que présentent plusieurs caractéristiques, qui se définissent comme suit  : « [...] sa valeur archéologique, architecturale, artistique, emblématique, ethnologique, historique, paysagère, scientifique, sociale, urbanistique ou technologique, notamment un bâtiment, une structure, un vestige ou un terrain” (Chapitre 1-2). »
  • Le coût de la restauration serait élevée pour le promoteur.
    • Mais on va quand même exiger la restauration à n’importe quel autre citoyen qui réside dans ce secteur.
    • Et... on n'a pas eu de chiffre. C'est quoi, un coût élevé?
  • L’utilisation prévue de l’espace dégagée serait utilisée pour y déplacer la clinique médicale, une pharmacie et la clinique de physiothérapie.
    • Ça, ça a pesé lourd dans la balance, parce que ça a été considéré comme un projet d’intérêt public.
    • Ironiquement, vous allez le voir plus loin, aucune condition n’oblige le promoteur à ce qu’il y ait réellement une clinique médicale à cet endroit.
    • Le comité de démolition a d'ailleurs laissé sous-entendre que la clinique médicale menaçait de quitter la municipalité si le projet n’allait pas de l’avant.

Cette déclaration renseigne, elle aussi, sur ce qui n’a pas été pris en considération pour prendre cette décision :

  • La réelle participation citoyenne dans cette décision qui les concerne.
  • La qualité de vie des résidents du Vieux-Rawdon.
  • La sécurité des citoyens.
  • La protection des arbres centenaires.
  • La possibilité de déplacer la maison ailleurs.
  • Les locaux qui seront laissés vacants par le déménagement d’au moins 3 commerces existants (une pharmacie et une clinique de physiothérapie qu’on-ne-peut-pas-nommer-publiquement-parce-que-leurs-contrats-ne-seraient-pas-encore-signés ainsi qu'une clinique médicale de Rawdon qui compte 10 médecins).

On a dit que la demande de démolition avait été approuvée, avec des conditions. Sortez le pop-corn : les voici.

  1. Le promoteur doit permettre l'installation, sur la propriété extérieure, d’une plaque commémorative, aux frais de la municipalité.
  2. Le promoteur doit permettre l'installation, dans l'aire d'accueil intérieur, une maquette du bâtiment actuel, aux frais de la municipalité.
  3. Le promoteur doit déposer un rapport et un plan d'un architecte paysagiste qui devra être approuvé par la municipalité.
  4. Le promoteur doit verser une garantie financière de moins de 30,000$ à la Municipalité avant de mettre le bulldozer dans la maison.
  5. Le promoteur a cinq mois pour terminer la démolition.

La plaque commémorative et la maquette aux frais des citoyens, ça ajoute l’insulte à l’injure. Nulle part on n’exige comme condition le fait que ce soit réellement une clinique médicale publique qui y siège, ni le pourcentage de la superficie qui devrait être occupé par ladite clinique, ni combien de temps les occupants des lieux devraient rester une clinique médicale, malgré le fait que ça ait pesé si fort dans la balance de la décision. La garantie financière ne sert pas à obliger le promoteur à garantir une clinique médicale, mais plutôt à garantir l’installation de la plaque commémorative, de la maquette et du dépôt d’un plan d’architecte paysagiste. Que se passera-t-il s’il change d’idée après coup? 

Alors voilà. Nous vous écrivons donc aujourd’hui pour vous annoncer que nous avons perdu une bataille. Mais qu’il y a quelque chose que nous avons gagné dans le processus : nous nous sommes rencontrés. Nous ne sommes plus seuls. Nous avons constaté un nombre grandissant de personnes qui avaient sincèrement à cœur l’amélioration des conditions de notre belle municipalité.

On n’a aucune idée de ce qui se passera par la suite. Mais on sait une chose : le courage est aussi contagieux que la peur. Ensemble, on est plus forts. 

Si vous aussi, vous avez envie de croire qu’il soit possible de faire mieux pour Rawdon, si vous avez envie de davantage de protection du patrimoine, de justice sociale, d’écologie, de démocratie, et que vous avez envie de participer de quelque manière que ce soit (à réfléchir, à connecter les gens, à se mettre en action concrète, peu importe), écrivez-nous à sauvons.metcalfe@gmail.com. Ça n’engage à rien, et ça pourrait faire toute une différence.

 

Merci à toutes et à tous pour votre soutien.

À bientôt.

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