PROTEGEONS INTEGRALEMENT LES PARCS NATIONAUX DE VIRUNGA ET SALONGA EN RD CONGO

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Pétition des organisations des sociétés civile et savante contre la désaffectation des Parcs des Virunga et de la Salonga, patrimoines mondiaux de l’humanité en danger

 

Nous, personnalités et membres des organisations des sociétés civile et savante œuvrant dans le domaine de l’environnement, sommes abasourdis par  les notes du ministère des Hydrocarbures portant n° M-HYD/ANM/PNI/hnb/0382/CAB/MIN/2018 et n° M-HYD/ANM/PNI/hnb/0383/CAB/MIN

/2018 adressées au gouvernement pour déclencher la procédure de désaffectation des blocs 4 et 5 du Parc National des Virunga et des blocs pétroliers 1 et 2 du Parc National de la Salonga ;

Constatant avec amertume que ces correspondances du ministère des hydrocarbures sont en contradiction flagrante avec les accords internationaux librement signés par le gouvernement de la République Démocratique du Congo et avec l’engagement du pays à augmenter la superficie des aires protégées de 11 à 17 % du territoire national. Engagement qui s’est manifesté notamment par la création du parc national de la Lomami ;

Déplorant que ces intentions affichées tendent à annihiler, par la réduction du couvert forestier, tous les efforts nationaux de lutte contre le changement climatique dans le cadre de la REDD+ ;

Rappelant que les parcs nationaux des Virunga et Salonga sont inscrits au patrimoine mondial de l’humanité et, de ce fait, doivent être intégralement protégés par le gouvernement de la République Démocratique du Congo ;

Regrettant que cette démarche de désaffectation est contraire aux dispositions de  la convention de l’UNESCO du 16 novembre 1972 sur le Patrimoine mondial, culturel et naturel ratifiée par la République Démocratique du Congo ;

Réaffirmant que la préservation de ces patrimoines est particulièrement indispensable en cette période où les effets de changement climatique sont alarmants dans notre pays et où le monde entier se mobilise pour protéger les écosystèmes en vue de l’équilibre global dont dépend l’avenir de toute l’humanité ;

Observant que cette démarche visant à détruire ces écosystèmes au profit de l’exploitation du pétrole ne fera qu’accentuer les problèmes des Congolais et entrainera une perte de millions de dollars qu’on pourrait gagner autrement en préservant la biodiversité et sans conséquences fâcheuses ;

Considérant que l’exploitation du pétrole aura des conséquences fâcheuses irréversibles sur l’environnement ;

Considérant que l’expérience a démontré dans le monde entier que, pour une exploitation pétrolière respectueuse de l’environnement et soucieuse des intérêts des communautés locales, il faut préalablement un Etat de droit, une bonne gouvernance, une stabilité politique et sociale, une sécurité minimale et une administration publique efficace ;

Réaffirmant que le point de départ pour le gouvernement et le pays  devrait être plutôt la définition de la politique énergétique pour déterminer quelle énergie pour le développement de la RDC;

Soulignant qu’au plan écologique, les deux aires protégées sont des écosystèmes fragiles et uniques qui nécessitent une surveillance continue. Elles sont déjà confrontées aux multiples problèmes comme l’activisme des groupes armés,  l’incapacité du gouvernement à fournir de moyens de fonctionnement nécessaires etc. Si à cela venait s’ajouter l’exploitation des hydrocarbures, ces aires protégées auront à faire face aux problèmes ci-après :

-          Erosion de la biodiversité à grande échelle, surtout halieutique à cause de rejet du déchet de l’exploitation pétrolière ;

-          Contamination des eaux du bassin du Nil, source probable de conflits internationaux entre les pays exploitant  ce bassin ;

-          Destruction des tourbières tropicales sur lesquelles l’espoir de toute l’humanité est actuellement fondé pour la séquestration de carbone ;

-          Destruction des zones de nidification et réduction de taille de domaines vitaux des plusieurs espèces de mammifères, d’oiseaux, de reptiles et d’amphibiens ce qui pourrait entrainer leur disparition ;

-          Augmentation de l’émission de CO2 dans l’atmosphère avec la destruction des espèces végétales lors des activités de l’exploitation pétrolière ;

Rappelant qu’au plan socio-économique, la dépendance des populations riveraines aux deux aires protégées au travers de divers services écosystémiques de subsistances dans les zones destinées à cette fin pourrait en pâtir. Parmi ces activités on peut noter :

-          Les pêcheries traditionnelles sur le Lac Edouard dont les revenus sont estimés selon le Rapport de WWF (2013) à plus de 90 Millions de dollars américain par an ;

-          L’exploitation de l’eau du lac pour la boisson et services de ménages des riverains pourraient également être estimés en millions de dollars ;

-          Les ramassages et cueillette organisés par la population riveraine à ces aires protégées ;

-          Des millions de dollars qu’on gagnerait dans les services environnementaux fournis par les forêts  et la végétation de ces aires protégées pour plusieurs générations du monde ;

Constatant que tous les avantages susmentionnés comparés aux prétendus 7 milliards  de dollars pouvant être générés par l’exploitation de quelques milliards de barils de pétrole dans les aires protégées appellent à renoncer à ce projet morbide et que l’exploitation du pétrole ne constitue pas un besoin urgent pour le moment avec la hausse du cours du prix des métaux stratégiques (Cobalt, cuivre etc.) exploités en RDC ;

Convaincus de la nécessité d’établir des priorités de développement de l’agriculture, de l’industrie manufacturière et des services pour diversifier l’économie nationale;

Sachant que l’expérience de l’exploitation du pétrole dans d’autres pays d’Afrique subsaharienne s’est révélée plutôt bénéfique aux multinationales et aux élites au pouvoir au détriment des populations et de l’environnement ;

Exhortons Monsieur le Président de la République à user de son autorité  pour sauver nos deux patrimoines mondiaux de l’humanité de la disparition annoncée en arrêtant cette démarche mortifère et vexatoire qui va apporter davantage de problèmes que de solutions à la population congolaise.

Ainsi fait, le 5 mai 2018



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