Stop à la chasse à la glu et au martyre des animaux

0 a signé. Allez jusqu'à 1 500 !


La chasse à la glu est de nouveau autorisée : Les conséquences pour la biodiversité sont lourdes. Protégeons notre avenir

Le Conseil d’Etat a débouté fin décembre la requête de la Ligue française pour la protection des oiseaux (LPO) qui exigeait l’annulation des arrêtés autorisant de la chasse à la glu sur certains territoires français.

Entre folklore et tradition ?

La chasse à la glu, ou gluaux, fait partie des chasses dites « traditionnelles » comme les tendelles ou le filet. Elles sont décrites par l’Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS), la police de la chasse, comme étant des pratiques légales et encadrées, nécessitant une grande connaissance du gibier chassé. Ce qui induit un aspect sélectif des espèces. La chasse à la glu consiste à capturer différentes espèces de grives et les merles noirs à l’aide de tiges en bois engluées dissimulées dans les arbres. Une fois capturés, ces oiseaux sont élevés en volière et servent à attirer leurs congénères avec leur chant. « Il n’y a aucune garantie que des oiseaux d’autres espèces ne soient pas englués et ne se blessent pas lors de ces captures » indique Laurent Godet. Cependant, si cette pratique est « considérée comme du braconnage dans les autres départements français, le Conseil d’Etat a reconnu arbitrairement ces pratiques comme relevant d’un patrimoine culturel, au nom de traditions ».

Conséquences sur la faune

Dans un contexte où la biodiversité est au plus mal, les oiseaux disparaissant des campagnes à une vitesse encore jamais observée, la décision peine à convaincre. L’Espagne avait d’ailleurs été condamnée par l’Europe pour l’utilisation de gluaux dans la communauté de Valence. Décision qui s’était appuyée sur des rapports d’experts vétérinaires constatant les dommages irréversibles sur les espèces capturées. Concernant les merles noirs et les grives, le constat est le même et la chasse n’apporte pas grand-chose en terme de régulation de ces espèces. « En l’état actuel des connaissances, les espèces [de grives et de merles] ont des tendances démographiques plutôt stables à l’échelle européenne, voire en déclin dans certains pays. Il n’y a donc aucun besoin de réguler les populations de ces espèces » nous confie Laurent Godet, qui met finalement en garde : « L’enjeu majeur en France et ailleurs en Europe actuellement est l’effondrement des abondances, c’est-à-dire le nombre d’individus, des espèces communes. Ces espèces n’ont pas disparu mais elles arrivent à des effectifs très bas. Elles pourront bien disparaître à terme, entraînant dans leur sillage probablement d’autres espèces, selon le principe bien connu "d’extinctions en chaîne". »

 

De Arnaud Sacleux  tiré de National géographic.fr