Petition updateMonsieur, le Préfet de l’Aisne, laissez Maurice vivre et travailler ici en France !Maurice expulsé à Conakry : collecte et suite de la mobilisation
Resf MARNEFrance
Jul 6, 2022

Bonjour à toutes et tous,

Un très grand merci pour votre mobilisation de dimanche. Malgré l'abondance de participants à notre chaîne d'appels téléphoniques, malgré les déclarations de la Police aux Frontières qui expliquait à 17h qu'il avait été débarqué, Maurice est arrivé à Conakry dans la soirée.

Il dort depuis à l'hôtel, sa famille ne voulant pas le reprendre en charge ("Ils m'ont dit que j'étais maudit"), il est malade, souffre du changement de climat et de ses violentes conditions d'expulsion. Cependant il garde le moral. Quand nous arrivons à le joindre, il blague et s'étonne devant les changements qu'il perçoit au pays. Il nous impressionne comme toujours par son courage face aux difficultés. Il n'a qu'une envie : repartir...

Nous avons sollicité des amis guinéens pour l'aider à se réinsérer sur place en attendant de construire un projet de plus long terme, et nous lançons une collecte : https://www.lepotcommun.fr/pot/82zdie8i
Merci à vous de ce que vous pourrez donner : chaque petit geste compte.

Par ailleurs, nous restons mobilisés : un communiqué de presse a été envoyé hier pour témoigner de la maltraitance subie par ce jeune à laquelle nous ne nous résignons pas ! Ce texte est cosigné par la Ligue des Droits de l'Homme, par le RESF (Réseau Education sans Frontières) et par Patron.ne.s solidaires qui s'associent pour poursuivre la mobilisation. Notre voulons faire connaître cette situation, semblable à tant d'autres, pour la dénoncer. Nous souhaitons faire changer la loi pour que les jeunes en formation soient régularisés.

MERCI ENCORE POUR VOTRE SOUTIEN. Continuons à promouvoir cette pétition pour faire connaître cette situation !

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Nous vous partageons ci-dessous, le texte de Margot (Patron.ne.s solidaires 44) qui exprime bien notre révolte face aux événement des derniers jours.

Nous les avons recueillis alors qu'ils étaient à l'abandon dans les rues de nos villes.
Nous, associations, collectifs, anonymes solidaires.
Nous avons combattu à leurs côtés pour la reconnaissance de leur minorité, donc de leur identité. Nous avons arraché avec les dents une inscription à l'école, une ouverture de compte en banque, un apprentissage.
Nous avons accompagné leurs progrès scolaires incroyables, nous les avons vu travailler d'arrache-pied leurs cours.
Nous avons été témoins de leur immersion dans la culture d'ici, de leur curiosité insatiable à cet égard.
Nous avons été chercher des papiers au fin fond de leur pays de naissance s'il le fallait.
Nous avons tremblé à l'approche de leurs 18 ans, avec l'envie folle de fêter ça, tout en sachant que le couperet de l'OQTF pouvait tomber en même temps.
Et il est tombé, bien sûr, nous laissant anéantis, submergés par la peur pour eux, la rage de l'impuissance, mais aussi l'envie de combattre encore et toujours.
Car il nous a été facile de les aimer comme nos propres gosses, tout pareil!
Ils nous ont épatés par leur vivacité, leur volonté, leur envie d'ogres de réaliser enfin leurs rêves : VIVRE et APPRENDRE en premier lieu, Se construire un avenir ensuite, mais la liste est bien plus longue...
Ils ont forcé notre respect par leur probité, leur morale, leur gentillesse.
Maurice est de ceux-là, que l'administration française vient de renvoyer de force dans son pays natal où il n'a aucun avenir.
Que penser de la violence de l'administration, quand elle se comporte ainsi?
Que penser de cette même administration quand elle ment et nous cache ce qu'elle fait, nous mettant, nous citoyens, devant le fait accompli?
Que penser d'une République, d'une Démocratie qui se comporte ainsi?
 
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Communiqué de presse du mercredi 6 juillet 2022

Expulsion violente et scandaleuse dimanche 3 juillet d’un jeune Guinéen présent en France depuis 5 ans

Maurice, jeune guinéen de 20 ans, en France depuis 5 ans, emprisonné depuis deux mois au Centre de rétention administrative de Vincennes, a été expulsé le 3 juillet. Amené à Roissy, Il y a été frappé, ligoté, porté comme un paquet dans l’avion en direction de Conakry. Il s’est débattu, a crié, des passagers s’en sont indignés et ont refusé de voyager dans de telles conditions. Départ de l’avion retardé. Les policiers interviennent, menacent d’interpeler les passagers protestataires. Ils finissent par obtenir un calme relatif en prétendant que Maurice est un terroriste. 17h05 l’avion décolle avec presque deux heures de retard.

Maurice est arrivé en France à l’âge de 15 ans. D’abord pris en charge comme mineur à Epinal, sa minorité a ensuite été contestée… comme c’est le cas pour des centaines de mineurs étrangers dans de nombreux départements, dont la politique d’accueil se fonde sur la suspicion systématique de la minorité rejetant à la rue des enfants, des enfants dont ils font des SDF.
Maurice ne s’est pas laissé abattre. Aidé par des associations, parfois hébergé par des habitants, il est devenu apprenti en restauration : cours au CFA de Laon et travail en alternance dans les restaurants de son patron. Très content de son travail, ce patron voulait l’embaucher en CDI.
Maurice est dans un de ces restaurants à Amiens en juillet 2021 au moment où le Préfet de l’Aisne décide de lui délivrer une Obligation de Quitter le Territoire en réponse à sa demande de régularisation. Maurice n’a pas reçu le courrier et il laisse passer le délai du recours. Placé en mai dernier en rétention au CRA de Vincennes suite à un contrôle d’identité, Maurice est expulsé au bout de deux mois de rétention.

Cette expulsion et les conditions dans lesquelles elle s’est déroulée sont proprement scandaleuses. Elle n’est pas la seule et ne sera la dernière. Ce gouvernement affiche son intention d’accroître les expulsions et n’aura aucun mal pour trouver à sa droite extrême de quoi faire voter des lois encore plus dures. Il doit entendre aussi qu’une large part de la société s’en indigne et saura exprimer refus et solidarité.

Maurice doit revenir, ses amis, ses proches, son patron aussi, l’attendent.

RESF

Ligue des Droits de l’Homme

Patron.ne.s Solidaires
(Antennes 56,59,44)

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