Non au pétrole off-shore en Algérie

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A Monsieur le Président Directeur Général de la SONATRACH

Objet: Demande d’entrevue.
Monsieur,

La protection de notre littoral et la préservation de la biodiversité en général et marine en particulier, sont un défi crucial pour notre monde et pour notre pays.

En tant que responsable d’une des plus grandes entreprises du secteur du pétrole et du gaz, nous reconnaissons que vous devez faire face à la fois à la compétitivité et les exportations des hydrocarbures, la balance d’exportations économiques de notre pays et l’importance de l'énergie pour la vie et le bien-être humain.
Nous reconnaissons que la tâche est rude et aux répercutions macroéconomiques stratégiques pour l’Algérie et que la tendance actuelle est vers la diversification des procédés d’exploitation et la mise en production de nouveaux sites.
Le défi est de savoir comment répondre à une demande accrue d’énergie tout en respectant la nature et préserver la biodiversité et notre littoral.

Nous représentons un collectif d’associations, d’experts, d’universitaires et de citoyens qui depuis prés d’une décennie milite activement pour la protection de la biodiversité marine en Algérie. Les expéditions et campagnes scientifiques d’étude ou d’exploration auxquelles nous avons participé ou que nous avons organisé, témoignent toutes d’un intérêt scientifique et d’une démarche citoyenne afin de garantir aux générations futures un capital environnemental viable et des équilibres écologiques nécessaires.

Hélas, nous constatons depuis le début de cette année que des annonces concernant l’exploitation du pétrole en off-shore sur les côtes Est algériennes, ont été faites de façon unilatérales et expéditives.
Ce qui semble être une campagne de communication, sous forme de communiqués de presses, d’articles , d’émissions radiophoniques et de reportages télévisuels éparses, ont été servis aux citoyens algériens d’une manière bâclée, à sens unique, quasi insultante.

Nous comprenons que l’exploitation du pétrole off-shore obéisse à des considérations économiques et stratégiques mais permettez moi d’attirer votre attention sur le fait qu’elle doit également répondre à des considérations écologiques, sécuritaires et tenir compte des impacts sur les populations locales.
Lors de cette pseudo-campagne de communication de votre entreprise, il a été décrété de façon non consensuelle, quasi mécanique que les prospections puis exploitations n’avait qu’un effet limité sur la faune et flore marine, le littoral et les populations.

Or aucune étude indépendante sérieuse n’a semble-t-il été faite, ni publiée.Aucun schéma de prise en charge de marée noire communiqué, aucune association de protection de la biodiversité marine, digne de ce nom n’a été contactée et summum de la communication à sens unique, aucune université des régions concernées par les futurs sites d’exploitation n’a collaboré ou publié, le début du commencement d’une étude d’impact.
Monsieur le PDG, nous sommes dans un monde ou il faut dorénavant compter avec les forces de propositions telles que les mouvements écologistes et les forces d’oppositions comme celles que notre pays connait depuis un mois et qui a déjà eu raison des accords de Houston discutés entre ExxonMobil et l’entreprise dont vous avez la charge, le huit Mars dernier.
Ceçi devrait vous alertez, Monsieur Ould Kaddour à anticiper de futurs conflits et mouvements populaires qui risquent de venir entailler les projets prévus en mer et sur le littoral algérien.

Notre réseau, les associations qui le constituent ont de tout temps été des centres de propositions. Nous avons toujours privilégié le débat aux opérations de démonstration de force et les situations de crise.
Nous sommes des militants, des scientifiques et nous croyons au débat, à l’échange et aux consultations.
Nous l’avons prouvé par le passé avec le Ministère de l’agriculture du développement rural et de la pêche, sur le dossier des récifs artificiels.
Ce dossier qui connu des hauts, des bas et d’âpres négociations durant deux années a fini par un texte réglementaire sur l’immersion de ces dispositifs, destinés à régénérer la biomasse marine, une assise légale, un film documentaire, une dynamique nationale et donc une victoire synergique pour les deux camps.

Cette dynamique de dialogue, nous voulons aujourd’hui, vous proposez de l’instaurer entre la SONATRACH et la société civile car quelque soit les enjeux stratégiques, énergétiques, économiques et commerciaux, votre entreprise ne peut pas venir installer des plateformes pétrolières au large de villes comme Bejaia, Jijel et Skikda, sans qu’au préalable toutes les garanties ne soient données en matière de marées noires, d’impact et de pollution aux populations de ces villes, qui vivent essentiellement de la pêche et du tourisme.
Vous ne pouvez pas, Monsieur le Président directeur général, implanter des mégastructures en mer, sans que les impacts sur la biodiversité marine ne soit quantifiés avec exactitude.Vous ne pouvez pas poser des installations polluantes sans que les émanations aériennes ne soient identifiées et les dispositifs de limitation, reconnues comme conformes et suffisantes.

Monsieur Ould Kaddour, vous l’aurez compris, je crains qu’il faille plus qu’un communiqué de presse qui annonce le off-shore sur les cotes algérienne fin 2019, pour convaincre les communautés scientifiques, écologistes et locales, que vos installations auront et là, je cite l’un des ambassadeurs de votre entreprise sur la radio nationale « un effet limité sur la biodiversité ».
Ce qui devrait en revanche vous rassurer et vous réjouir, c’est que le mouvement écologiste en Algérie a adopté un militantisme pragmatique, conscient des enjeux économiques.Que notre réseau privilégie le débat et l’échange aux démonstrations de force de nos camarades de Greenpeace.
Ce débat et cet échange, nous souhaitons l’instaurer avec vous et votre entreprise, dans les plus brefs délais afin de réfléchir à des solutions de consultations, dans le cadre de la démocratie participative et d’un développement durable, assurant la protection de notre patrimoine marin et de notre littoral, en incluant tous les protagonistes et intervenants.

En conclusion, nous vous demandons, Monsieur le P.D.G de recevoir une délégation représentant notre réseau, les populations locales, les professionnels de la mer et la communauté scientifique, afin d’ouvrir le dossier du Off-shore sur le littoral algérien au débat et créer une consultation citoyenne à même de garantir une atmosphère d’échange harmonieuse.

Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer Monsieur le Président directeur général, nos salutations les plus distinguées.

Dr Emir BERKANE
Porte parole du Réseau Probiom
Réseau algérien pour la protection
de la biodiversité marine

Association Ardh, Bejaia-Association Hippone Sub, Annaba-Club Blue planet, Skikda- Association Trident, Mostaganem- Association Marenostrum, Cherchel- Association El Mordjene, Alger - Fondation Ness El Khir - Club de spéléoplongée et des sports de montagne CSPS Ain Beida, Oum El bouaghi - Association Femme rurale « Main dans la main », Oran - Association HOME, Tipasa.



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