Réduire les algues vertes c'est possible!

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Proposition adressée à Mme la Préfète et M. le Président de la région Bretagne suite à l’intervention d’André Pochon au Comité directives nitrates réuni à Rennes le 3 juillet 2019.

Les signataires constatent qu’au terme de cinq programmes d’actions nitrates - le premier ayant été lancé il y a plus de vingt ans -, la concentration de nitrates dans les principaux cours d’eau bretons, à 40 mg/litre, reste de loin supérieure au plafond des 10 mg à respecter pour que les algues vertes disparaissent. L’insuffisance des mesures réglementaires prises jusqu’à présent est ainsi patente.

Or, dans les cours d’eau bretons, les nitrates résultent principalement du modèle agricole en vigueur. 

Les signataires demandent donc que ce modèle, initié en Bretagne dans les années 1970, soit remis en cause, et singulièrement deux pratiques, d’une part le système fourrager des bovins basé sur le maïs fourrage et le soja, d’autre part l’élevage de porcs sur lisier. Ces deux pratiques constituent la cause principale de la prolifération persistante des algues vertes (elle-même révélatrice du caractère non durable du modèle en question). En effet :   

·        le maïs fourrage est récolté trop tardivement en saison pour permettre une culture dite « piège à nitrates » nécessaire pour retenir l’azote, dont le sol est généralement gorgé après la culture du maïs ;

·        hautement lessivable, l’azote du lisier de porc s’écoule dans la nappe phréatique et les cours d’eau. En revanche, le fumier de porcs élevés sur litière ne présente pas ce risque car son azote est fixé dans le sol sous forme organique, ce qui contribue fortement, par le stockage du carbone dans le sol au détriment de celui de l’atmosphère, à la lutte contre le réchauffement climatique.

En conséquence, les signataires demandent que:

1.     au-delà de 10% de la surface fourragère, les surfaces en maïs fourrage soient exclues des primes européennes (actuellement 400 euros/ha/an)

2.     aucun projet de porcherie sur lisier ne soit autorisé par les préfets ; et que seules les porcheries sur litière le soient désormais,

3.     la subvention attribuée par les départements bretons pour la reconversion de porcheries sur lisier en porcheries sur litière soit doublée (à son niveau actuel la subvention départementale est insuffisamment incitative),

4.     la fertilisation des prairies en engrais azotés étant une cause supplémentaire de nitrates dans l’eau, les prairies soient désormais à base de légumineuses sans engrais azoté,

5.     le bilan entrée-sortie de l’azote dans chaque exploitation soit réalisé par son comptable à partir des factures d’achat et de ventes, suivant la méthode de l’Institut National de Recherche Agronomique (INRA), en tenant compte d’éventuels traitements des déjections ; et qu’au-delà d’un excédent de 50 kg d’azote/ha, l’agriculteur soit soumis à une contribution de 20 euros par kg excédentaire, comme le prévoyait déjà le projet de loi Voynet sur l’eau en 2002.

 

Devant l’échéance de la réforme de la Politique agricole commune (PAC) et vu l’influence de celle-ci sur le devenir de l’agriculture, nous pensons, Mme la Préfète et M. le Président, que ces propositions sont d’actualité et contribueront positivement au débat sur la réforme.

 

Proposition copiée à : M. le Président des Chambres d’Agriculture de Bretagne, M. le Ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Mme la Ministre de la Transition écologique et solidaire, M. le Président directeur général de l’INRA, M. le Directeur général de l’Agriculture et du développement rural de la Commission européenne, M. le Directeur général de l’Environnement, des affaires maritimes et de la pêche de la Commission européenne.