Adressée à Ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport Sébastien Proulx

Pour un programme d'histoire inclusif / For an inclusive history curriculum

English version follows.

 

Curriculum de l’enseignement des 3e et 4e secondaires du Québec : des modifications sont nécessaires.

Au printemps 2016, le gouvernement libéral du Québec a annoncé qu’il mettrait en œuvre une réforme du programme d’histoire des 3e et 4e secondaires de la province, un programme d’histoire qui avait été lancé par le précédent gouvernement péquiste. Apparemment, cette réforme visait à répondre à ce qui était largement reconnu comme un problème structurel du programme que beaucoup plusieurs estimaient être une source de confusion indue pour les étudiants, à savoir l’approche thématique plutôt que chronologique du programme actuel du 4e secondaire. Cependant, grâce aux efforts de lobbying de La Coalition  pour l’histoire, un organisme fondé et financé par certains des éléments les plus conservateurs du mouvement nationaliste québécois, cette réforme est allée bien au-delà des changements apportés à la structure du programme. Elle est allée modifier le contenu du cours pour refléter les étroits points de vue idéologiques de La Coalition pour l’histoire et de ses partisans.

Que demandons-nous?

  • D’abord et avant tout, nous voulons un programme dont le contenu reconnaît la complexité et la diversité de la société québécoise et qui oblige les élèves à développer leurs aptitudes à la réflexion critique dans l’examen des événements historiques. Un programme qui cherche à endoctriner les élèves avec un récit simpliste motivé par des considérations idéologiques est une insulte à l’intelligence des étudiants et un mauvais service à la société en général. Pour être clairs, nous ne demandons pas de remplacer une étroite vision idéologique de l’histoire par une autre. Il ne s’agit pas de remplacer un récit souverainiste par un récit fédéraliste ou un récit conservateur par un libéral. Les perspectives nationalistes conservatrices existent et ont leur place dans l’enseignement de l’histoire du Québec. Mais, comme d’autres courants importants de pensée, ils elles doivent être présentées comme des perspectives et non comme l’uniquee récit définissant structurant.
  • Nous voulons un programme qui traite de l’histoire autochtone comme indiqué aux points 62, 63 et 64 des appels à l’action lancés par la Commission de la vérité et de la réconciliation (CVR). La réforme actuelle a ignoré ces recommandations. Nous voulons également un programme qui tient compte des recherches actuelles sur l’histoire autochtone, c’est- à -dire un programme qui révèle le rôle actif joué par les peuples autochtones dans la construction de l’histoire nord-américaine dans chaque période historique, plutôt que de les représenter seulement comme des victimes malheureuses et passives de la colonisation. Pour atteindre ces objectifs, il faudra procéder à de vastes consultations avec les communautés autochtones et les universitaires à chaque étape du processus d’ élaboration des programmes.
  • Nous voulons un programme qui reconnaît les luttes et les contributions positives des diverses minorités ethniques et des communautés locales du Québec. Les étudiants doivent apprendre à connaître les 4 000 Noirs et Autochtones asservis qui ont subi l’esclavage au Québec pendant le régime français, les luttes contre la discrimination des immigrants juifs, italiens et grecs pendant les premières vagues d’immigration, les efforts récents pour accueillir les réfugiés fuyant la guerre et l’oppression dans des endroits comme le Vietnam, le Liban, le Chili, Haïti ou la Syrie. L’histoire de la communauté noire québécoise doit aussi être intégrée au programme d’études plutôt que de laisser l’enseignement à la discrétion de chaque enseignant. Le programme actuel a complètement omis les contributions historiques de ses communautés minoritaires du Quebec. Aucune communauté les communautés qui a ont contribué au développement de la société québécoise ne doivent pas être rendues invisibles ou diabolisées.
  • Nous voulons un programme qui reconnaît la diversité de la communauté anglophone du Québec et ses contributions positives à la société québécoise. Les étudiants doivent savoir que la majorité des anglophones du Québec ne faisaient pas partie d’une élite vivant dans le « Golden Square Mile » (« Mille carré doré »). Beaucoup étaient irlandais de classe ouvrière qui a  et subissaient d’innombrables indignités aux mains de la classe marchande britannique. Certains, comme lors des rébellions de 1837, ont même travaillé main dans la main avec les francophones résistant à l’autorité britannique. D’autres encore, comme les femmes anglophones qui ont participé aux débuts du mouvement féministe québécois, ont apporté d’importantes contributions positives pour faire du Québec une société plus égalitaire. Le programme actuel réduit la communauté anglophone du Québec à un bloc monolithique d’élites qui cherchent à entraver l’amélioration de la société à tout moment.
  • Nous voulons un programme qui reconnaît les évolutions importantes de l’histoire du Québec qui ont été motivées par des valeurs politiques progressistes. Les étudiants doivent connaître le Rapport Parent, la résistance à Duplessis dirigée par des individus comme Georges-Henri Lévesque et des institutions comme la revue Cité Libre et le nationalisme inclusif de René Lévesque. Le programme actuel omet cette histoire progressive et offre plutôt une vision très conservatrice de l’histoire québécoise où, par exemple, même des personnalités largement critiquées comme Maurice Duplessis sont redéfinies comme étant des défenseurs de l’autonomie québécoise.

Ce que nous ne demandons pas

Afin que l’objectif de cette déclaration soit 100 % clair et transparent, nous allons souligner certaines choses que nous ne demandons pas, afin d’éviter toute confusion.

  • Nous ne demandons pas la « dénationalisation » du programme. Les références à la nation québécoise et diverses formes de conscience nationale existaient dans le programme avant cette réforme et devraient continuer à le faire.
  • Nous ne demandons pas que l’accent du programme soit porté uniquement sur la majorité francophone du Québec. Dire que nous voulons un programme qui englobe les minorités ethniques et les communautés autochtones ne signifie pas que nous voulons qu’elles soient accordées un poids égal à la majorité francophone.
  • En suggérant que la diversité et les contributions positives de la communauté anglophone soient reconnues, nous ne suggérons en aucune façon que les diverses mesures négatives du régime britannique et de la classe commerçante anglaise doivent être omises ou minimisées.

Ce que nous demandons au gouvernement du Québec

  • Nous demandons au gouvernement du Québec de travailler avec les conseils scolaires et les principaux intervenants pour produire immédiatement du matériel pédagogique supplémentaire. Celui-ci prendra en considération les omissions les plus fragrantes contenues dans le nouveau programme. Les précisions du document du programme d’apprentissage et les examens du Ministère devront être mis à jour pour inclure ce matériel.
  • Cela ne serait qu’une mesure palliative en attendant qu’une consultation publique puisse être organisée pour permettre aux diverses communautés du Québec d’apporter leurs commentaires. L’objectif de cette consultation serait d’élaborer un nouveau programme d’enseignement inclusif avec de nouveaux manuels scolaires et des ressources pédagogiques pour les enseignants.

À propos du comité qui a émis cette déclaration

Cette déclaration a été émise par le Comité pour l’amélioration du programme d’histoire au Québec (COMECH-Québec), et un comité spécial créépar l'Association des comités de parents anglophones (ACPA), le Réseau québécois du patrimoine anglophone (QAHN), la Fédération québécoise des associations familiales et scolaires (QFHSA) et l'Association québécoise des enseignantes et enseignants de géographie. Le comité est présidé par Robert Green, enseignant à l’École secondaire Westmount.

 

 

Quebec’s Secondary III & IV History Curriculum: In Need of Change

In the Spring of 2016 Quebec's Liberal Government announced it would be implementing a reform to the province's Secondary III and IV History curriculum that had been initiated by the previous PQ Government. Ostensibly this reform was intended to address what was widely recognized as a structural problem with the program that many felt was causing undue confusion for students: namely the thematic rather than chronological approach of the current Secondary IV program. However, thanks to lobbying efforts of La Coalition pour l’histoire – an organization founded and financed by some of the most conservative elements of Quebec’s nationalist movement – this reform came to be about far more than changes to the program’s structure. It became about changing the content of the course to reflect the narrow ideological views of La Coalition pour l’histoire and its supporters.

What We Are Asking For

  • First and foremost, we want a curriculum whose content acknowledges the complexity and diversity of Quebec society and challenges students to develop critical thinking skills in examining historical events. A curriculum that seeks to indoctrinate students with a simplistic ideologically driven narrative is an insult to the intelligence of students and a disservice to society as a whole. To be clear, we are not asking to replace one narrow ideological vision of history with another. This is not about replacing a sovereignist narrative with a federalist one or a conservative narrative with a liberal one. Conservative nationalist perspectives have a place in the telling of Quebec’s history. But they, like other important currents of thought, should be presented as that, perspectives, not the defining narrative.  
  • We want a curriculum that addresses Indigenous History as noted in items 62, 63 and 64 of the Calls to Action made by the Truth and Reconciliation Commission (TRC). The current reform has ignored these recommendations. We also want a curriculum that reflects the current scholarship on Indigenous history which reveals the active role of Indigenous people in shaping North American history in every historical period, rather than portraying them merely as hapless and passive victims of colonization. Achieving these goals will require extensive consultation with Indigenous communities and scholars at every step of the curriculum development process.
  • We want a curriculum that acknowledges the struggles and positive contributions of Quebec’s various ethnic minority and local communities. Students need to learn about the over 4,000 Black and Indigenous people enslaved in Quebec during the French regime, about the struggles against discrimination faced by Jewish, Italian and Greek immigrants during the early waves of immigration, about the more recent efforts to welcome refugees fleeing war and oppression in places like Vietnam, Lebanon, Chile, Haiti or Syria. The history of Quebec’s Black community also needs to be integrated into the curriculum rather than leaving it to be taught at the discretion of individual teachers. The current curriculum has completely omitted the historical contributions of its minority communities. No community that has contributed to the development of Quebec society should be rendered invisible or demonized.
  • We want a curriculum that acknowledges the diversity of Quebec’s Anglophone community and its positive contributions to Quebec society. Students need to know that the majority of Quebec Anglophones were not elites living in the Golden Square Mile. Many were working class Irish who suffered untold indignities at the hands of the British merchant class. Some, as in the 1837 rebellions, even worked hand in hand with Francophones resisting British authority. Still others, such as the Anglophone women who participated in the beginnings of Quebec’s feminist movement made significant positive contributions to making Quebec a more egalitarian society. The current curriculum reduces Quebec’s Anglophone community to a monolithic block of elites intent on impeding the society’s progress at every turn.
  • We want a curriculum that acknowledges the important developments in Quebec’s history that have been motivated by progressive political values. Students need to learn about the Parent Report, the resistance to Duplessis led by individuals like Georges-Henri Levesque and institutions like the Cité Libre journal and the inclusive nationalism of Réné Levesque. The current curriculum omits this progressive history and instead offers a very conservative vision of Quebec’s history where, for example, even widely reviled figures like Maurice Duplessis are recast as defenders of Quebec’s autonomy.  

What We Are Not Asking For

In order for the aim of this statement to be 100% clear and transparent we will outline some things that we are not asking for, so as to avoid any confusion.

  • We are not asking for the ‘denationalization’ of the program. References to the Quebec nation and various forms of national consciousness existed in the program prior to this reform and should continue to do so.
  • We are not asking for the program’s focus to be anything other than Quebec’s Francophone majority. To say that we want a program that is inclusive of ethnic minorities and Indigenous communities does not mean that we want them to be given equal weight to the Francophone majority.
  • In suggesting that the diversity and positive contributions of the Anglophone community be acknowledged, we are not in any way suggesting that the various negative actions of the British Regime and the English merchant class should be omitted or minimized.   

What We Are Asking of The Government of Quebec

  • We are asking The Government of Quebec to work with school boards and key stakeholders to immediately produce supplemental pedagogical materials. These would address the most glaring omissions in the new curriculum. The Precisions of Learning curriculum document and Ministry exams would need to be updated to include this material.
  • This would be a stop-gap measure until a process of public consultations could be held that would allow Quebec’s various communities to offer their input. The aim of this consultation would be to develop a new inclusive History curriculum with new textbooks and pedagogical resources for teachers.

About the Committee That Initiated This Statement

This statement was initiated by the Committee for the Enhancement of the Curriculum of History in Quebec (ComECH-Quebec), an ad hoc committee created by the English Parents’ Committees Association (EPCA), Quebec Anglophone Heritage Network (QAHN), the Quebec Federation of Home and School Associations (QFHSA), and the Quebec Association of Geography Teachers. The Committee is chaired by Westmount High School teacher Robert Green.

 

 

Cette pétition sera remise à:
  • Ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport Sébastien Proulx

    Robert Green a lancé cette pétition avec seulement une signature au départ et il y a maintenant 1 516 signataires. Lancez votre pétition pour créer le changement que vous souhaitez voir.




    Robert compte sur vous aujourd'hui

    Robert Green a besoin de votre aide pour sa pétition “Ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport : Pour un programme d'histoire inclusif / For an inclusive history curriculum”. Rejoignez Robert et 1 515 signataires.