démocratiser le fonctionnement des collèges


démocratiser le fonctionnement des collèges
Le problème
Le débat sur la réforme du collège s’est jusqu’ici focalisé sur des points relativement marginaux : l’enseignement du latin, les classes « bilangues ». Elles sont importantes, mais ne remettent pas en cause les deux axes essentiels de la réforme : l’instauration « d’enseignements pratiques interdisciplinaire » (EPI) et d’activités de soutien individualisé. Elle implique la mise en œuvre de démarches jusqu’à présent peu pratiquées au collège : travaux de groupe, recherches documentaires, enquêtes, débats, collaboration entre enseignants de plusieurs disciplines. Elle accorde à ceux-ci une marge d’autonomie d’environ 20 % des horaires et des contenus, ce qui est loin d’être négligeable.
Actuellement les collèges fonctionnent sous le régime d’une gouvernance monarchique. Les « conseils pédagogiques » instaurés dans les collèges sont régis par le décret 2014-1231 du 22 octobre 2014. C’est le chef d’établissement qui en désigne les membres (article 5) ; le conseil « est consulté sur l’organisation et la coordination des enseignements » (article 7).
Il est temps de réformer cette gouvernance. Quand les professeurs de collège étaient recrutés à bac+2 ou +3, on pouvait comprendre qu’ils soient placés sous l’autorité d’un collègue mieux formé et plus expérimenté.
Aujourd’hui, ils sont titulaires d’un Master. On souhaite qu’ils travaillent d’une manière interdisciplinaire et collaborative. On ne saurait les inviter à plus d’autonomie et de coopération tout en les subordonnant à un chef d’établissement omnipotent, qui souvent n’a plus enseigné depuis longtemps.
La réforme actuelle du collège n’aura donc une chance de réussir que si elle s’accompagne d’une réforme de la gouvernance des collèges, introduisant enfin un peu de démocratie dans leur fonctionnement. Le conseil pédagogique d’établissement, qui pour l’instant n’a qu’une voix consultative, doit devenir un organe élu et délibératif. Sous la présidence du principal, il doit être habilité à prendre toutes les mesures d’ordre pédagogique, bien entendu dans le cadre des programmes et des instructions réglementaires. Il doit pouvoir statuer à la majorité, sans que le chef d’établissement puisse s’opposer à ses décisions dès lors qu’elles sont conformes aux lois, programmes et directives nationales.
Le fait de reconnaître aux enseignants un pouvoir de décision au sein de leur établissement changerait beaucoup de choses. Ils ne se sentiraient plus impuissants face à une autorité intransigeante. Le caractère collectif des décisions les conduirait à discuter, réfléchir ensemble, et donc à collaborer. La réforme ne serait plus pour eux une injonction venue d’en haut, mais une chance à saisir et l’occasion d’exercer une autonomie souvent revendiquée mais qui fait peur. Loin de déprécier les chefs d’établissement, cette mesure valoriserait au contraire leur fonction. Ils seraient des animateurs et des inspirateurs au lieu d’être des contrôleurs. Si le collège doit apprendre aux élèves à vivre en démocratie, peut-il le faire sans avoir lui-même un fonctionnement démocratique ?
Le problème
Le débat sur la réforme du collège s’est jusqu’ici focalisé sur des points relativement marginaux : l’enseignement du latin, les classes « bilangues ». Elles sont importantes, mais ne remettent pas en cause les deux axes essentiels de la réforme : l’instauration « d’enseignements pratiques interdisciplinaire » (EPI) et d’activités de soutien individualisé. Elle implique la mise en œuvre de démarches jusqu’à présent peu pratiquées au collège : travaux de groupe, recherches documentaires, enquêtes, débats, collaboration entre enseignants de plusieurs disciplines. Elle accorde à ceux-ci une marge d’autonomie d’environ 20 % des horaires et des contenus, ce qui est loin d’être négligeable.
Actuellement les collèges fonctionnent sous le régime d’une gouvernance monarchique. Les « conseils pédagogiques » instaurés dans les collèges sont régis par le décret 2014-1231 du 22 octobre 2014. C’est le chef d’établissement qui en désigne les membres (article 5) ; le conseil « est consulté sur l’organisation et la coordination des enseignements » (article 7).
Il est temps de réformer cette gouvernance. Quand les professeurs de collège étaient recrutés à bac+2 ou +3, on pouvait comprendre qu’ils soient placés sous l’autorité d’un collègue mieux formé et plus expérimenté.
Aujourd’hui, ils sont titulaires d’un Master. On souhaite qu’ils travaillent d’une manière interdisciplinaire et collaborative. On ne saurait les inviter à plus d’autonomie et de coopération tout en les subordonnant à un chef d’établissement omnipotent, qui souvent n’a plus enseigné depuis longtemps.
La réforme actuelle du collège n’aura donc une chance de réussir que si elle s’accompagne d’une réforme de la gouvernance des collèges, introduisant enfin un peu de démocratie dans leur fonctionnement. Le conseil pédagogique d’établissement, qui pour l’instant n’a qu’une voix consultative, doit devenir un organe élu et délibératif. Sous la présidence du principal, il doit être habilité à prendre toutes les mesures d’ordre pédagogique, bien entendu dans le cadre des programmes et des instructions réglementaires. Il doit pouvoir statuer à la majorité, sans que le chef d’établissement puisse s’opposer à ses décisions dès lors qu’elles sont conformes aux lois, programmes et directives nationales.
Le fait de reconnaître aux enseignants un pouvoir de décision au sein de leur établissement changerait beaucoup de choses. Ils ne se sentiraient plus impuissants face à une autorité intransigeante. Le caractère collectif des décisions les conduirait à discuter, réfléchir ensemble, et donc à collaborer. La réforme ne serait plus pour eux une injonction venue d’en haut, mais une chance à saisir et l’occasion d’exercer une autonomie souvent revendiquée mais qui fait peur. Loin de déprécier les chefs d’établissement, cette mesure valoriserait au contraire leur fonction. Ils seraient des animateurs et des inspirateurs au lieu d’être des contrôleurs. Si le collège doit apprendre aux élèves à vivre en démocratie, peut-il le faire sans avoir lui-même un fonctionnement démocratique ?
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Pétition lancée le 20 mai 2015