Petition updateCollectif des Mutualistes Inquiets par le projet de scission du Crédit Mutuel ArkeaScission au CMB : Le montage qui met en danger salariés et mutualistes
Collectif des Mutualistes Bretons Inquiets du CMB
Mar 23, 2018
Le Crédit Mutuel de Bretagne, navire sous pavillon de complaisance ? Le saviez-vous ? Les cadres dirigeants du CMB Arkea ne partagent plus le même navire que leurs salariés ni les mutualistes sociétaires. Eh oui ! Ils ont, en effet, créé leur propre société anonyme, la SA Société Des Cadres (SCD), dont l’objet est de « mettre à disposition des ressources humaines à leurs clients ». Ces ressources humaines ? Il s’agit d’eux-mêmes, de ces cadres dirigeants, mis ainsi à la disposition d’une entreprise, le CMB, dont juridiquement ils ne font plus partie. Incroyable, hallucinant mais vrai ! Et cette entreprise se porte plutôt bien avec un taux d’augmentation du chiffre d’affaires annuel, c’est-à-dire de facturation des rémunérations versées à ses membres, atteignant les 20% quand même, correspondant à ce que tout le Crédit Mutuel de Bretagne leur verse sous forme…d’honoraires pour mise à disposition d’eux-mêmes mais à distance de l’entreprise dont on les croyait membres à part entière ! C’est une formule ingénieuse qui leur permet d’échapper aux accords collectifs en vigueur et aux règles de publicité relatives aux rémunérations des dirigeants. Circulez, il n’y a rien à voir. Cela ne vous regarde pas, il s’agit d’une autre entreprise, d’un autre navire, à quelques encablures du CMB. Une formule confortable et profitable pour quelques-uns grâce à laquelle ces rémunérations ont connu une progression spectaculaire. Ainsi le PDG, il y a encore peu de temps fonction bénévole et qui l’est pratiquement toujours dans les caisses locales, comme il est de tradition dans le mutualisme militant, ce PDG en arrive à une rémunération de près de 2 millions d’€, deux fois supérieure à celle du président de la Confédération nationale du Crédit Mutuel au sein de laquelle il ne pèse pourtant pas plus de 10%. Mais aussi une formule des plus aventureuses. Car, quand la maistrance et les officiers de l’état-major ne relèvent plus du même équipage, quand ils prennent place à bord d’une autre embarcation, on peut craindre pour l’avenir du navire principal, le CMB. Leurs destins, d’évidence, ne sont plus directement liés, chacun voguant à son gré. Avec ses cadres, la SA peut cultiver son autonomie avec ses ressources propres. Ce qui veut dire, en clair, qu’elle pourrait fort bien s’éloigner du CMB et mettre ses services à disposition d’autres clients plus profitables. Ce n’est pas une hypothèse, c’est la réalité d’un possible et sans doute d’un probable. Comment ? C’est d’une simplicité terriblement implacable. Une fois réalisé le désarrimage vis-à-vis de la maison-mère -le Crédit Mutuel national- il suffirait de s’adosser à d’autres structures de crédit et de garanties, éventuellement créées de toutes pièces. Dégagés des obligations liées au fonctionnement mutualiste, les dirigeants ainsi externalisés, tout en gardant le contrôle des commandes du navire CMB, pourraient prendre toutes décisions utiles pour se l’approprier et le livrer -vendre leur service de contrôle du navire ou même carrément le vendre totalement- à qui les intéresserait. Dans tous ls cas avec une plus-value considérable dont profiterait évidemment la fameuse SA. Dans ce cas, exit le Groupe, exit le Crédit Mutuel de Bretagne et bon vent à l’équipage résiduel qui connaîtra le sort de ceux qui seront au mieux repris et au pire liquidés. Avec, à la clé, la mort de l’esprit mutualiste dans l’espace du financement local et régional. Y aura-t-il des cadres, des dirigeants de la Société Des Cadres assez lucides et attachés aux valeurs du mutualisme humaniste pour se lever et refuser avec fermeté une telle perspective qui n’a rien, répétons-le, d’une hypothèse d’école ? On peut l’espérer. Il n’est pas encore trop tard, mais le temps presse, pour mettre fin à ce montage qui pourrait se révéler légal mais certainement pas moral et qui, insensiblement s’éloigne d’une tradition centenaire et réintégrer l’équipage du CMB pour affronter, ensemble, l’avenir commun. Telle doit être la place d’un état-major et d’officiers qui ont encore le sens de la mission qu’ils sont censés servir. A défaut, un seul mot s’imposera à ceux qui sacrifieront ainsi leur équipage : trahison de leur mission.
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