Decision Maker Response

Julien Denormandie’s response

May 6, 2020 — Chers signataires,

Je tenais à vous répondre directement parce que votre message, évidemment, m’interpelle.

Tant qu’il y aura des personnes vivant à la rue, ce sera un échec pour notre société. Personne ne peut accepter que des gens vivent dehors. C’est pour cela que tout au long de l’année avec les associations, nous luttons pour mettre à l’abri ceux qui n’ont pas de toit. Au début de l’épidémie, chaque soir, près de 160.000 personnes étaient hébergées par les services de l’Etat et les associations. 160.000 personnes, c’est l’équivalent de la taille d’une ville comme Grenoble.

Au début du confinement, la première des priorités a été la mise à l’abri de ceux qui en avaient besoin. Il fallait agir avec rapidité. C’est pourquoi nous avons immédiatement réquisitionné des chambres d’hôtel laissées vides par l’épidémie. Depuis le début du confinement, ce sont plus de 20.000 places supplémentaires qui ont ainsi été ouvertes. Hier soir, 180.000 personnes ont ainsi été mises à l’abri par le dispositif dont j’ai la responsabilité en lien avec les associations que je salue. Et nous continuons à ouvrir des places.

La deuxième priorité a été de s’assurer que les sans-abris ne pâtissent pas de l’arrêt d’aides alimentaires. En effet, certaines associations ont parfois été dans l’obligation de réduire leur capacité d’accompagnement. Pour y remédier, nous avons lancé des « chèques services », un peu comme des tickets-restaurant, financés par l’Etat et distribués par les associations. Chaque jour durant la crise, ce sont 90.000 femmes, hommes et enfants qui en bénéficient.

La troisième des priorités a été de s’occuper des sans domicile fixe atteints par le Covid-19. Ceux devant être hospitalisés l’ont été. Pour les cas les moins graves, plus de 90 centres dédiés ont été créés partout en France permettant d’accueillir 3.000 malades. 90 centres créés en 7 semaines pour accompagner ceux qui en ont besoin. Personne ne doit être laissé de côté.

Malgré l’effort constant de l’Etat, des collectivités et des associations, il reste des personnes à la rue. C’est pour cela que nous continuons à agir : en ouvrant plus de places d’hébergement, en poursuivant la distribution des chèques services ou encore en accompagnant les associations qui font des maraudes.

Au-delà, pour protéger les plus fragiles, dès le premier jour, nous avons reporté la trêve hivernale pour interdire toute expulsion locative. C’est aussi pour cela que nous avons mis en place des aides exceptionnelles pour 4 millions de familles pauvres et modestes et 800.000 jeunes qui subissent la crise de plein fouet. Nous continuerons à lutter sans relâche pour éviter qu’à la crise sanitaire s’ajoute une crise sociale.

Je souhaite vous assurer que, tout au long de l’année, et plus encore avec cette crise sanitaire, l’Etat, en lien avec les collectivités et les associations, lutte sans relâche pour mettre à l’abri le plus de personnes démunies possible. La réponse à la crise que nous traversons collectivement est évidemment sanitaire et économique, mais elle est également sociale. Parce que la solidarité ne doit pas être une victime du Covid-19, soyez certains que nous continuerons à agir pour protéger ceux qui, encore trop nombreux, continuent à vivre à la rue.


Cordialement,

Julien Denormandie
Ministre chargé de la Ville et du Logement