Les événements qui entourent le combat pour la vérité et la
justice sur Thiaroye suivent leur cours selon une temporalité
très judiciaire. Nous vous en faisons ici un résumé.
Tout d’abord, le ministère des Armées a fini par reconnaître,
après la saisine du Tribunal Administratif, que M’Bap Senghor
n’était pas déserteur le jour du massacre.
Son fils, Biram Senghor, a donc sollicité des dommages et
intérêts au ministère des armées, qui, comme à l’accoutumée n’a
pas répondu. Une nouvelle requête a donc été déposée auprès du
tribunal administratif de Paris en plein contentieux
nécessitant le ministère d’un avocat. L’historienne Armelle
Mabon s’est portée en intervention volontaire au soutien de la
requête.
Un autre recours, engagé par Biram Senghor concerne
l'attribution de la mention « Mort pour la France » et le
paiement des sommes spoliées a été rejeté par le tribunal
administratif de Paris. Il faut poursuivre ce combat judiciaire
d’où notre appel pour le paiement des frais d’avocat.
Nous pouvons nous satisfaire qu’enfin le terme de massacre se
substitue à celui de mutinerie ou rébellion armée notamment
dans le documentaire « Décolonisations, du sang et des larmes »
diffusé sur France 2 le 6 octobre 2020 mais nous y dénonçons
une nouvelle réécriture de l’histoire de
Thiaroye. Contrairement à ce qu'affirme ce documentaire, les
hommes de Thiaroye n’ont pas fait le débarquement de Provence,
ils n’ont pas davantage été victimes du « blanchiment » de
l’armée française comme cela est sous-entendu.
Ils étaient tous sans exception d’anciens prisonniers de guerre
dont certains avaient rejoint la Résistance après leur évasion.
En octobre 2020, le député Philippe Michel Kleisbauer a choisi
de faire un focus sur Thiaroye dans son rapport « Anciens
combattants, mémoire et liens avec la Nation» destiné à la
commission de la défense à l’assemblée nationale. C’est une
première qu’il convient de souligner d’autant que ce député est
proche de Geneviève Darrieussecq, ministre déléguée aux
armées. Pour le député, le problème des sépultures repose sur
la responsabilité du Sénégal et il laisse entre-ouverte la voie
de la réparation.
Nous rappelons l'impératif qui consiste à exhumer les corps,
cet élément pouvant constituer le fait nouveau, préalable
juridique à l'ouverture d'un procès en révision pour la
réhabilitation pleine et entière des 34 condamnés du 6 mars
1945.
Nous comptons toujours sur votre soutien et nous ne cesserons
de vous tenir informés des suites judiciaires des actions
engagées.
Une cagnotte en ligne est ouverte pour appuyer la requête de
Biram Senghor devant la juridiction d'appel, elle est
accessible à l'adresse suivante: