Pétition fermée

Révision du projet des programmes de mathématiques pour les cycles 3 et 4

Cette pétition avait 1 534 signataires


Pétition pour la défense de l’enseignement de la géométrie de l’école primaire jusqu’aux classes préparatoires

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Cette pétition a été signée par 500 chercheurs et enseignants-chercheurs scientifiques, dont deux mathématiciens Médaille Fields et un physicien Prix Nobel, mais aussi par de nombreux professeurs des collèges et lycées, professeurs des écoles, ingénieurs, architectes,...., et parents inquiets pour l'avenir de leurs enfants.

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Apparue à l'aube du troisième millénaire av. J.-C., la Géométrie s'est d'abord imposée comme une puissante partenaire de vie pour les contemporains de cette époque, qui ont rapidement saisi la richesse de ses ressources, et fait dès lors un usage immodéré de ses outils efficaces pour résoudre nombre de problèmes pratiques posés dans des domaines aussi divers que l'architecture, la topographie, l'arpentage ou les partages territoriaux. Peu à peu, la Géométrie a ensuite acquis ses lettres de noblesse et commencé à se développer en tant qu'entité propre, se dégageant des préoccupations utilitaires et se révélant progressivement comme une formidable école du raisonnement, dotant quiconque en faisait usage d'une propension à la rigueur et à la précision.

Pourtant, si l'on évalue la situation à l'aune de la dernière décennie, force est de constater que cette belle histoire semble vouée à connaître un bien lugubre épilogue. À chaque renouvellement des programmes scolaires, la quotité affectée à la géométrie se réduit en effet peu à peu comme peau de chagrin. Ce processus de destruction, qui transcende les partis politiques, va bientôt connaître une nouvelle étape puisque de nouveaux programmes seront appliqués dans les écoles primaires et dans les collèges. 

Au collège, depuis bien longtemps, les transformations affines n’agissent plus sur les points, mais sont devenues de vagues procédés de déformation de figures géométriques. Les vecteurs, quant à eux, ont disparu depuis  plusieurs années déjà, alors que les translations ont été étonnamment maintenues. Les théorèmes sur les positions relatives de droites et de plans ont également été supprimés. Aujourd’hui, la géométrie poursuit sa longue agonie : les médianes, les parallélogrammes, les cercles inscrits et circonscrits, les théorèmes des milieux, l’aire du disque et les volumes de la sphère, de la pyramide et du cône disparaîtraient des nouveaux programmes. Les figures usuelles (cercles, triangles, quadrilatères,…) n’ont plus de propriétés : il est vrai que les élèves n’apprendront qu’« à exercer un contrôle des caractéristiques d’une figure ». L’exemple de la section d’une pyramide ou d’un cône par un plan parallèle à la base qui permettait d’illustrer dans l’espace les notions d’agrandissement et de réduction abordées dans les classes du collège, a également été sacrifié.

Au lycée, les programmes suivent la même logique de destruction. Les recherches de lieux géométriques et les problèmes de construction qui agrémentaient les manuels scolaires, deviennent de plus en plus rares. Les transformations affines n’apparaissent toujours pas et les barycentres n’ont pas survécu.

En classe préparatoire, la géométrie affine a quasi disparu – à l’exception de la convexité, présentée de manière isolée et singulièrement hors contexte. Les coniques, après avoir été chassées des programmes de terminale, connaissent le même sort au sein des classes préparatoires.  Le calcul des aires et des volumes, mais aussi les propriétés métriques des courbes, ne seront également plus abordés. Seule la géométrie vectorielle semble résister. Mais pour combien de temps encore ?

D’une façon générale, les programmes successifs de mathématiques offrent de moins en moins de supports à l’apprentissage de la démonstration. Ainsi fragilisée, la géométrie est peu à peu réduite à sa dimension utilitaire, perdant ainsi son aspect plus formatif qui est celui de créer des esprits rigoureux. Blaise Pascal disait pourtant :

« Et je n'ai choisi cette science [la géométrie] (...) que parce qu'elle seule sait les véritables règles du raisonnement, (…) et se fonde sur la véritable méthode de conduire le raisonnement en toutes choses, que presque tout le monde ignore, et qu'il est si avantageux de savoir, que nous voyons par expérience qu'entre esprits égaux et toutes choses pareilles, celui qui a de la géométrie l'emporte et acquiert une vigueur toute nouvelle. »

Par le biais de la géométrie, l’Education Nationale s’en prend en définitive à toutes les mathématiques : les étudiants accueillis dans les universités et les écoles de l’enseignement supérieur n’auront pas été suffisamment formés à la rigueur de la démonstration et une nouvelle baisse du niveau général de la licence est encore à prévoir.

La situation est d’autant plus grave que les programmes du CAPES de Mathématiques suivent l’évolution des enseignements dispensés dans les établissements du second degré : si les collégiens et les lycéens ne sont plus correctement formés à la rigueur de la démonstration, les futurs enseignants ne seront plus formés à transmettre cette rigueur. Quant aux professeurs des écoles, nous savons déjà que très peu de lauréats sont issus des filières scientifiques. Nous sommes donc résolument entrés dans une boucle infernale qu’il est urgent de rompre.

En conséquence, nous demandons au Ministère de l’Éducation Nationale la prise en compte de ces remarques, ainsi que la révision intégrale du projet des programmes de mathématiques pour les cycles 3 et 4.



Florence compte sur vous aujourd'hui

Florence SORIANO-GAFIUK a besoin de votre aide pour sa pétition “MADAME LA MINISTRE DE L'ÉDUCATION NATIONALE, DE L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET DE LA RECHERCHE: Révision du projet des programmes de mathématiques pour les cycles 3 et 4”. Rejoignez Florence et 1 533 signataires.