Petition updateMa fille veut apprendre, avoir des amis, vivre comme les autres… mais exclue depuis 4 ans.

Plus que jamais, elle veut apprendre, se faire des amis et progresser, pas juste être occupée.

HALIMA EL MASSASSIToulouse, France
Jun 10, 2026

Merci à toutes les personnes qui ont signé et partagé cette pétition. Je poursuis sans relâche mes démarches pour que les droits de ma fille autiste de 23 ans soient enfin respectés, car c’est chaque jour qu’elle me demande elle-même à être aidée pour développer ses compétences sociales et apprendre. 
Son parcours est marqué par des ruptures, des exclusions et des refus répétés. Au moment du diagnostic, une spécialiste m’avait affirmé qu’elle ne parlerait jamais, ne serait jamais propre et qu’il était inutile de l’aider. Pourtant, grâce à la persévérance et aux efforts réalisés, elle parle, elle est propre et autonome dans de nombreux aspects du quotidien. 
Malgré ces progrès, sa scolarité a été marquée par de nombreux obstacles : scolarisation très partielle, exclusions répétées, y compris dans une classe pourtant adaptée et disposant de moyens importants, malgré des notifications MDPH et une décision de justice maintenant son orientation en ULIS. 
Des professionnels avaient pourtant alerté dès 2009 sur ses capacités d’évolution et la nécessité d’une inclusion adaptée, régulière et suffisante. 
Aujourd’hui, elle est privée de tout accompagnement pour son avenir professionnel. Depuis 2022, malgré des orientations MDPH claires vers des dispositifs adaptés et toujours valables, malgré ses compétences reconnues et sa forte motivation à travailler, les structures sollicitées refusent de l’accompagner. Elle ne bénéficie d’aucun soutien pour son projet professionnel, ou le développement de ses compétences sociales et de son autonomie. Elle bénéficie d'une orientation SAVS depuis 2022, valable jusqu'en 2027, ainsi que d'une orientation vers un dispositif de préparation à l'insertion professionnelle depuis 2023, valable jusqu'en 2028. Malgré ces décisions, aucune solution n'a été mise en place. J'ai alerté à plusieurs reprises le président du Conseil départemental ainsi que l'Agence régionale de santé, sans obtenir de réponse à mes demandes.
 Depuis son diagnostic, j'essaie d'organiser, avec les moyens dont je dispose, des temps de socialisation et des activités pour ma fille. Cependant, il s'agit souvent d'activités de loisirs ou d'occupation qui, bien qu'utiles, ne répondent pas à son principal besoin. Aujourd'hui, ces activités ne la motivent plus. Elle veut apprendre, évoluer et progresser, et pas seulement être occupée. Sa principale difficulté concerne les interactions sociales. Elle sait demander de l'aide, échanger avec des personnes qu'elle connaît et communiquer lorsqu'un objectif précis est identifié. En revanche, elle a beaucoup de difficultés à engager spontanément une conversation, à la maintenir, à comprendre les règles implicites des échanges et à créer des liens avec des personnes de son âge. Ces compétences ne peuvent pas s'apprendre uniquement à domicile ou de manière théorique. Elles nécessitent des mises en situation régulières, des interactions réelles et un accompagnement adapté. C'est précisément ce dont elle est privée aujourd'hui.

En 2024, j'ai visité avec ma fille un centre possédant un dispositif vers lequel elle est orientée jusqu'en 2028. L'éducateur m'avait indiqué que ce dispositif correspondait parfaitement à son profil et que les jeunes présents à ce moment-là étaient accompagnés quotidiennement depuis deux ans, ce qui expliquait leurs progrès. Il m'avait également expliqué qu'au départ, certains étaient aussi timides que ma fille, mais que le rôle du dispositif était justement de les aider dans leurs apprentissages sociaux, scolaires, informatiques, ainsi que dans l'acquisition de l'autonomie, de la régularité, de la ponctualité et de toutes les compétences nécessaires à la préparation au monde du travail. Pourtant, malgré cette orientation, cette aide dont elle a grandement besoin lui est toujours refusée. Un travailleur social m'a conseillé de saisir la Cour européenne . Pourtant, ma fille dispose déjà d'orientations censées lui permettre d'accéder à un accompagnement adapté. 
En France, des structures, des professionnels formés et des dispositifs d’accompagnement existent. J’ai vu des jeunes présentant des profils comparables progresser grâce à un accompagnement quotidien sur l’autonomie, les compétences sociales et l’insertion. Alors pourquoi certains jeunes en bénéficient-ils et d’autres non ? Pourquoi des personnes motivées, disposant de compétences reconnues et d’orientations adaptées, restent-elles sans solution ? 
Plusieurs faits illustrent cette situation préoccupante : 
• Une professionnelle m’a indiqué avoir été contactée par une structure médico-sociale qui aurait exprimé de fortes réserves quant aux capacités de ma fille, notamment sa capacité à effectuer des stages, ce qui aurait eu pour conséquence de la décourager de l’accompagner. Pourtant, ses stages ainsi qu’une activité de bénévolat se sont déroulés avec succès. 
• En 2024, la Communauté 360, recommandée par l’État, nous a indiqué qu’aucune structure n’acceptait alors de l’accompagner. 
• Au fil des années, j’ai parfois eu le sentiment d’être considérée comme une ressource pour certains professionnels, alors que ma fille restait sans l’accompagnement dont elle avait besoin. 
Sur le plan juridique, j’ai également tenté d’obtenir de l’aide : j’ai déposé un référé qui a été rejeté. Le Défenseur des droits m’a orientée vers le bâtonnier, à qui j’ai écrit en décembre 2025, sans recevoir de réponse à ce jour. 
Face à des structures disposant de moyens importants, je constate que certaines pratiques peuvent être perçues comme contraires à l’esprit des droits des personnes concernées. Cela peut créer un sentiment d’arbitraire : certaines personnes accèdent à un accompagnement tandis que d’autres restent sans solution, sans que les familles aient toujours la possibilité d’obtenir des explications ou de contester efficacement ces décisions. 
J’ai de nouveau saisi les organismes concernés. Le Gouvernement, que j’ai relancé, a transmis mon dossier à plusieurs autorités compétentes afin qu’il soit examiné. Pourtant, des solutions et des moyens existent. Nous avons les infrastructures, le personnel, les connaissances et les outils pour améliorer la vie de toutes les familles. 
La preuve, c'est que moi seule, sans soutien, avec peu de moyens et sans être experte, j'ai réussi à faire beaucoup de choses pour ma fille. Dès lors, il est permis de s’interroger sur les raisons qui expliquent que certaines personnes restent sans solution malgré l’existence de dispositifs, de professionnels et d’orientations adaptées. 
Merci à toutes celles et ceux qui signent, partagent et interpellent leurs députés. Il est primordial que le plus grand nombre soit informé de cette situation afin que les choses changent réellement et concrètement, non seulement pour ma fille, mais aussi pour les autres personnes et familles confrontées aux mêmes difficultés. 

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