
Collectif pour la sauvegarde DE L'HÔPITAL DE GUINGAMPFrance
Dec 15, 2016
Lettre ouverte à Mme la députée LE HOUEROU et M. MULLIEZ, directeur adjoint de l'ARS, en particulier,
et aux politiques et directeurs d'ARS en général.
La viralité d'une pétition, pour la sauvegarde d'un hôpital en particulier et de la qualité de l'offre de soins en général, ne se mesure pas qu'aux nombres de signataires qui y adhèrent. La viralité de cette pétition se mesure surtout, par la qualité de la réponse qui y est apportée. Et là, nous devons bien le dire, la pluralité de réponses apportées par nos élites par voie de presse (députée, directeur adjoint d'ARS et directeur d'hôpital) dépasse largement le cadre de ce que nous aurions pu espérer. Loin de nous enorgueillir devant un tel déploiement de moyens et de communications, cela nous conforte dans le bien fondé de notre démarche aussi atypique soit-elle.
Nous nous étonnons encore de la posture éculée de « l'outragée », adoptée par Mme la députée, tant son absence rayonne durant les différentes phases de restructurations programmées de l'hôpital de Guinguamp. Absence de soutien auprès des personnels congédiés. Absence de soutien auprès des personnels en lutte. Absence totale d'empathie même si ce « gros » mot est une hérésie politico-politicienne. Les voies de la réélection politique ont, sans doute, leurs raisons que la raison ne connaît pas.
En extrapolant à minima, nous constatons que la raison est la faculté la moins bien partagée dans la modernisation de l'hôpital d'hier.
La politique de Santé, décidée par nos élites et appliquée, sans ménagement aucun par leurs généraux, a contribué à transformer notre système de soins envié de tous, en l'ombre de lui-même.
L'hôpital public est devenu une usine géante de production massive à laquelle on applique une cadence d'effort de guerre. Les termes : indicateurs, audits, managements, part de marchés, profits, tarification(s) à l'activité(es), usagers, « clients », rentables, performances ont fini par gommer l'essence même de sa mission première : l'Humain.
Afin de dégager plus d'économies (terme hospitalier pour le mot profits), les cadences sont augmentées (toujours plus de patients à soigner) et le nombre de personnels abaissés. Mais l'effort de guerre devant être maintenu quoi qu'il puisse en coûter, les personnels par empathie et par dignité continuent sans relâche.
Sans relâche, malgré le fait qu'ils soient « usés » et « désabusés ». Ne nous trompons pas, ici nous ne parlons pas de boites de conserves mais bien de patients ; patients ayant, peut-être même, votés pour ces élites successives responsables de ce savant et sournois fiasco sanitaire.
Ironie du sort ? Non, triste reflet d'une société devenue mercantile.
A force de vouloir extraire le maximum de chacun sans donner, en compensation, le minimum qu'il est en droit d'attendre, les personnels restants (comprendre ceux ayant survécu aux différentes purges) s'épuisent.
Et malheureusement, nous en sommes là !!!
Quand les derniers ne seront plus (démographie médicale vieillissante, personnels paramédicaux en reconversion...), qui restera t-il pour s'occuper de nos patients ? Des politiques et des administratifs ? Il est fort à parier que ces messieurs/dames seront ravis d'assurer la continuité des soins 24h/24, 7jours/7, 365jours/an, de travailler en alternance de jour comme de nuit, d'être rappelés sur leur jour de repos, de voir leurs congés annulés au dernier moment pour raison de service, de se voir opposer le paiement des heures supplémentaires effectuées pour raison d'économies, d'assister et de ressentir quotidiennement la souffrance, la détresse, la mort, de se sentir démunis face aux manques de moyens flagrants et imposés, de se sentir coupables de ne pas avoir le don d'ubiquité et, tout ça, pour une seule reconnaissance « soigne et tais-toi ».
Les déclarations politiques comme celle du directeur adjoint de l'ARS sont comme les promesses, elles n'engagent que ceux qui y croient !!!
Ce qui est vrai aujourd'hui, ne le sera certainement plus demain et comme disait Coluche « La politique, c'est pas compliquée; il suffit d'avoir une bonne conscience, et pour cela, il suffit d'avoir une mauvaise mémoire ».
Pour cette raison, nous resterons on ne peut plus vigilants quant à l'évolution, dans les mois à venir, de la pérennité avérée des services concernés. Nous ne pouvons que continuer à encourager nos concitoyens à signer cette pétition qui est la garante de la mémoire de nos politiques.
Nous ne pouvons qu'inciter nos collègues des différents territoires de France et de Navarre à créer des collectifs soignants et les pétitions adéquates, afin de sensibiliser la population sur la déliquescence voulue et orchestrée de notre système de soins.
Le collectif pour la sauvegarde de l'hôpital de Guingamp
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