Rendez au Bénin les trésors pillés pendant la Colonisation


Rendez au Bénin les trésors pillés pendant la Colonisation
Le problème
Le 26 août dernier, le président de la République du Bénin, M. Talon, a pris une décision importante en demandant à la France de bien vouloir restituer les biens culturels qui ont été enlevés pendant la Colonisation du Dahomey, l'actuel Bénin. Ces trésors se trouvent dans plusieurs musées, et notamment au Quai Branly, où figurent plusieurs trônes royaux, des récades, les portes sacrées du Palais d'Abomey, des statues anthropomorphes, etc. Ces objets ont pour le peuple béninois une valeur patrimoniale et spirituelle exceptionnelle.
A notre grande stupéfaction, le ministre des Affaires étrangères a répondu par la négative. Dans une lettre datée du 12 décembre 2016, M. Ayrault a adressé à son homologue béninois le courrier suivant à propos de ces biens culturels : « Conformément à la législation en vigueur, ils sont soumis aux principes d'inaliénabilité, d'imprescriptibilité et d'insaisissabilité. En conséquence, leur restitution n'est pas possible. » Dans cette missive, le ministre des Affaires étrangères propose au Bénin une coopération culturelle plus ou moins renforcée, mais refuse catégoriquement toute restitution.
Or, certes, ces objets sont classés au patrimoine de la France. Mais il existe en France une Commission scientifique nationale des collections, dont la mission est justement de déclasser les objets soumis à son examen, en vue d'une éventuelle restitution. Le principal critère est le mode d'acquisition. Quand des objets du patrimoine ont été volés, la Commission statue en conséquence, et peut alors les déclasser en vue d'une restitution intégrale. Par conséquent, ces biens qui ont été emportés par les armées coloniales (il n'y a évidemment aucun débat sur leur origine), peuvent être déclassés et restitués.
Le ministère des Affaires étrangères ne pouvait guère ignorer l'existence de cette Commission, qui est sous l'autorité du ministère de la culture avec lequel il a travaillé avant de formuler cette réponse. Par ailleurs, le CRAN, qui est à l'origine de la campagne pour la restitution a longuement discuté avec le cabinet de M. Ayrault, et a évoqué avec ses conseillers le principe et le fonctionnement de cette Commission, qui rend la restitution tout à fait possible, sans aucune difficulté.
Dans ces conditions, Français, Béninois, Européens ou Africains, citoyens du monde, tout simplement, nous interpellons le Président de la République française. Ce que la France a fait au Dahomey, à l'époque, c'est le passé. La France d'aujourd'hui n'en est pas responsable. Mais si elle refuse aujourd'hui toute restitution de ces biens très mal acquis, elle se rend de fait solidaire et même complice des spoliations du passé. Le dialogue interculturel ne saurait se fonder sur le pillage interculturel.
Le Bénin, pays ami de la France, a le droit de jouir de son propre patrimoine. Les enfants du Bénin ont le droit de voir et de connaître l'héritage laissé par leurs ancêtres. Le gouvernement béninois a même entrepris de créer un musée pour accueillir ces biens, et le Président du Bénin a décidé de développer le tourisme mémoriel dans son pays. Mais comment faire si les pièces principales du patrimoine sont à l'étranger ? Conscients de tous ces enjeux, nous nous associons à la démarche du président Patrice Talon pour demander à la France de procéder à la restitution de ce patrimoine, symbole de l'histoire d'un peuple soucieux de l'héritage qu'il pourra (ou non) laisser aux générations futures.
Il reste au président Hollande encore quelques semaines. C'est assez pour saisir officiellement la Commission, et pour acter la restitution de manière officielle et irréversible, au moins pour les objets royaux, qui ont été clairement acquis à la fin du 19e siècle. Le Bénin ne demande pas de repentance, le Bénin demande restitution. Si le président Hollande refuse, c'est l'image de la France dans le monde entier qui sera ternie, et ce sera un signe de mépris terrible pour les Français d'origine africaine vivant en France.
En revanche, si le président de la République française accepte cette requête, à l'heure où il quitte le pouvoir, il accomplira ainsi un geste pour l'Histoire, un geste pour l'avenir, un geste pour l'amitié entre les peuples. C'est ce à quoi nous l'exhortons maintenant.
Premiers signataires :
Louis-Georges Tin, président du CRAN-France
Laurent Tonegnikes, président du CRAN-Bénin
Dominique Sopo, président de SOS Racisme
Pierre Tartakowsky, président d'honneur de la Ligue des Droits de l'Homme
Michel Tubiana, président d'honneur de la Ligue des Droits de l'Homme
Amel Yacef, présidente de ENAR (European Network Against Racism)
Benjamin Abtan, président de EGAM (European Granssroots Antiracist Movement)
Razzy Hammadi, député français
Noël Mamère, député français
Sergio Coronado, député français
Pouria Amirshahi, député français
Orden Alladatin, député béninois
Norbert Ahivohozin, député béninois
Parfait Houangni, député béninois
Noël Akissoe, député béninois
JanvierDonhouahoue, député béninois
Edmond Zinsou, député béninois
Amadou Issifou, député béninois
Marcellin Ahonoukoun, député béninois
Cyprien Togni, député béninois
Maurice Chabi, député béninois
Justin Adjovi, député béninois
Octave Houdégbé, député béninois
Jean-Marie Alagbé, député béninois
Sa Majesté Dedjalagni Agoli-Agbo, roi d'Abomey
Blaise Ahan Hanzo Glèlè, maire d'Abomey
Jean-Roger Ahoyo, ancien ministre du Bénin
Serge Guézo, prince d'Abomey et de Savé
Sa Majesté Kpodegbe Toyi Djigla, roi d'Allada
Son Altesse impériale Sabi Naïna III, empereur de Nikki
Sa Majesté Daagbo Hounon To Madje Houna II, Pontife du Vaudou
Sa Majesté Adjagnon Honfin II, roi d'Adjahonmè
Sa Majesté Yeto Kandji, roi d'Agonlin
Sa Majesté Djagou Agba Kotan 2, roi de Dassa-Zoume
Sa Majesté Gandjegni Awoyo Gbaguidi, roi de Savalou
Sa Majesté Oba Adetutu, roi de Savè
Sa Majesté Chabi Yataou Tamou, roi de Bouè
Sa Majesté Akpaki Gobi Yesse Some, roi de Parakou
Sa Majesté Athanase, roi de Lokossa
Le problème
Le 26 août dernier, le président de la République du Bénin, M. Talon, a pris une décision importante en demandant à la France de bien vouloir restituer les biens culturels qui ont été enlevés pendant la Colonisation du Dahomey, l'actuel Bénin. Ces trésors se trouvent dans plusieurs musées, et notamment au Quai Branly, où figurent plusieurs trônes royaux, des récades, les portes sacrées du Palais d'Abomey, des statues anthropomorphes, etc. Ces objets ont pour le peuple béninois une valeur patrimoniale et spirituelle exceptionnelle.
A notre grande stupéfaction, le ministre des Affaires étrangères a répondu par la négative. Dans une lettre datée du 12 décembre 2016, M. Ayrault a adressé à son homologue béninois le courrier suivant à propos de ces biens culturels : « Conformément à la législation en vigueur, ils sont soumis aux principes d'inaliénabilité, d'imprescriptibilité et d'insaisissabilité. En conséquence, leur restitution n'est pas possible. » Dans cette missive, le ministre des Affaires étrangères propose au Bénin une coopération culturelle plus ou moins renforcée, mais refuse catégoriquement toute restitution.
Or, certes, ces objets sont classés au patrimoine de la France. Mais il existe en France une Commission scientifique nationale des collections, dont la mission est justement de déclasser les objets soumis à son examen, en vue d'une éventuelle restitution. Le principal critère est le mode d'acquisition. Quand des objets du patrimoine ont été volés, la Commission statue en conséquence, et peut alors les déclasser en vue d'une restitution intégrale. Par conséquent, ces biens qui ont été emportés par les armées coloniales (il n'y a évidemment aucun débat sur leur origine), peuvent être déclassés et restitués.
Le ministère des Affaires étrangères ne pouvait guère ignorer l'existence de cette Commission, qui est sous l'autorité du ministère de la culture avec lequel il a travaillé avant de formuler cette réponse. Par ailleurs, le CRAN, qui est à l'origine de la campagne pour la restitution a longuement discuté avec le cabinet de M. Ayrault, et a évoqué avec ses conseillers le principe et le fonctionnement de cette Commission, qui rend la restitution tout à fait possible, sans aucune difficulté.
Dans ces conditions, Français, Béninois, Européens ou Africains, citoyens du monde, tout simplement, nous interpellons le Président de la République française. Ce que la France a fait au Dahomey, à l'époque, c'est le passé. La France d'aujourd'hui n'en est pas responsable. Mais si elle refuse aujourd'hui toute restitution de ces biens très mal acquis, elle se rend de fait solidaire et même complice des spoliations du passé. Le dialogue interculturel ne saurait se fonder sur le pillage interculturel.
Le Bénin, pays ami de la France, a le droit de jouir de son propre patrimoine. Les enfants du Bénin ont le droit de voir et de connaître l'héritage laissé par leurs ancêtres. Le gouvernement béninois a même entrepris de créer un musée pour accueillir ces biens, et le Président du Bénin a décidé de développer le tourisme mémoriel dans son pays. Mais comment faire si les pièces principales du patrimoine sont à l'étranger ? Conscients de tous ces enjeux, nous nous associons à la démarche du président Patrice Talon pour demander à la France de procéder à la restitution de ce patrimoine, symbole de l'histoire d'un peuple soucieux de l'héritage qu'il pourra (ou non) laisser aux générations futures.
Il reste au président Hollande encore quelques semaines. C'est assez pour saisir officiellement la Commission, et pour acter la restitution de manière officielle et irréversible, au moins pour les objets royaux, qui ont été clairement acquis à la fin du 19e siècle. Le Bénin ne demande pas de repentance, le Bénin demande restitution. Si le président Hollande refuse, c'est l'image de la France dans le monde entier qui sera ternie, et ce sera un signe de mépris terrible pour les Français d'origine africaine vivant en France.
En revanche, si le président de la République française accepte cette requête, à l'heure où il quitte le pouvoir, il accomplira ainsi un geste pour l'Histoire, un geste pour l'avenir, un geste pour l'amitié entre les peuples. C'est ce à quoi nous l'exhortons maintenant.
Premiers signataires :
Louis-Georges Tin, président du CRAN-France
Laurent Tonegnikes, président du CRAN-Bénin
Dominique Sopo, président de SOS Racisme
Pierre Tartakowsky, président d'honneur de la Ligue des Droits de l'Homme
Michel Tubiana, président d'honneur de la Ligue des Droits de l'Homme
Amel Yacef, présidente de ENAR (European Network Against Racism)
Benjamin Abtan, président de EGAM (European Granssroots Antiracist Movement)
Razzy Hammadi, député français
Noël Mamère, député français
Sergio Coronado, député français
Pouria Amirshahi, député français
Orden Alladatin, député béninois
Norbert Ahivohozin, député béninois
Parfait Houangni, député béninois
Noël Akissoe, député béninois
JanvierDonhouahoue, député béninois
Edmond Zinsou, député béninois
Amadou Issifou, député béninois
Marcellin Ahonoukoun, député béninois
Cyprien Togni, député béninois
Maurice Chabi, député béninois
Justin Adjovi, député béninois
Octave Houdégbé, député béninois
Jean-Marie Alagbé, député béninois
Sa Majesté Dedjalagni Agoli-Agbo, roi d'Abomey
Blaise Ahan Hanzo Glèlè, maire d'Abomey
Jean-Roger Ahoyo, ancien ministre du Bénin
Serge Guézo, prince d'Abomey et de Savé
Sa Majesté Kpodegbe Toyi Djigla, roi d'Allada
Son Altesse impériale Sabi Naïna III, empereur de Nikki
Sa Majesté Daagbo Hounon To Madje Houna II, Pontife du Vaudou
Sa Majesté Adjagnon Honfin II, roi d'Adjahonmè
Sa Majesté Yeto Kandji, roi d'Agonlin
Sa Majesté Djagou Agba Kotan 2, roi de Dassa-Zoume
Sa Majesté Gandjegni Awoyo Gbaguidi, roi de Savalou
Sa Majesté Oba Adetutu, roi de Savè
Sa Majesté Chabi Yataou Tamou, roi de Bouè
Sa Majesté Akpaki Gobi Yesse Some, roi de Parakou
Sa Majesté Athanase, roi de Lokossa
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Pétition lancée le 22 mars 2017