Actualización sobre la peticiónAméliorons l'accès aux soins (urgents et non urgents) sur notre territoireUrgences (50) : Des impacts sur la santé des habitants, sur le SDI50 et les services d'imagerie
COLLECTIF DE MEDECINS
13 oct 2023

Lettre ouverte adressée à la DGS Paris, à Mme la présidente de la commission sociale de l'assemblée nationale, aux députés de la Manche et à l'ARS Normandie

Madame, Monsieur,

Depuis plus de 7 ans, le collectif de médecins de le Manche alerte sur les suppressions de services en matière de soins urgents sur le territoire. La situation est devenue critique au point de constater que la dégradation de ces services entraine des retards de prise en charge et séquelles mais aussi impacte, de façon secondaire, le fonctionnement habituel des hôpitaux et des services du SDIS 50. 
Ce sont en des termes plus précis puisque les autorités ne semblent pas s'en émouvoir :  fractures de fémur de l'enfant non médicalisées (donc sans antalgiques), des détresses respiratoires non médicalisées, des patients pris en charge par des pompiers volontaires avec des temps de trajets de plusieurs heures vers des urgences ouvertes...des scanners avec injection non réalisés en journée, des médecins d'astreinte dans les CH réveillés la nuit alorsqu'ils travaillent en journée etc...


Ci-joint un rappel historique de cette dégradation des soins orchestrée par la direction hospitalière du Sud Manche depuis 10 ans et validée par la direction de l'offre de soins de l'ARS Normandie.
Pour des raisons de coût budgétaire (et pas d'amélioration de la qualité des soins) : 


-Les infirmiers-anesthésistes ont été supprimés des SMUR du territoire ce qui a commencé à dégrader le service médical urgent lors des accidents de la route ou lorsque les médecins urgentistes formés avaient besoin d'aide. A noter qu'à l'époque, il n'y avait pas toujours d'ambulanciers dans les SMURs quand ils étaient partis à Caen (3h de trajet depuis Granville aller retour), Rennes ou Paris. Suite à un procès, la direction a été dans l'obligation de se mettre plus ou moins en règle en formant des soignants à devenir aussi ambulancier.


-La suppression du dernier SMUR2 de la Manche, décision prise par la direction du centre hospitalier Avranches Granville (et pourtant annulée une première fois par le tribunal administratif de Caen et la cour d'appel de Nantes), s'est suivie d'une vague de départs de 5 médecins urgentistes qui se sont reconverti. Ces médecins avaient, à l'époque, alerté sur l'incapacité à faire fonctionner les services d'urgence de la Manche, correctement sans médicalisation secondaire sachant que le territoire de la Manche est une presqu'ile avec des difficultés d'accès aux services des CHU. Les serices des urgences de CHerbourg et St lo ont toutes des SMUR paramédicalisés désormais. Ce service n'a pas été autorisé dans le Sud Manche par l'ARS.


-Il y a deux ans, suite à un conflit avec la direction de centre hospitalier du sud manche (directeur dont le contrat vient d'être renouvelé), dix médecins urgentistes ont démissionné alertant, avant leur départ, sur l'impossibilité à travailler avec la direction mais aussi dans ces conditions : manque de lit d'aval dans le centre hospitalier mais aussi de réponses en terme de transports, manque de réponses correctes à l'urgence (manque d'ambulances suite à la suppression du dernier smur 2 de la Manche, manque d'ambulanciers privés, pas de paramédicalisation IADE des SMUR comme annoncé lors de la suppression du SMUR2 etc.)


- La loi RIST a fini de dégrader le peu de services sanitaires urgents qui restait.


Parallèlement à ces lois, les médecins libéraux, en échec de signature des conventions avec la CNAM, ont prévu une grève massive à partir du 13 octobre 2023 (plus de 80% des cabinets fermés sur notre territoire) (cf lettre juin 2023)


- La suppression de lits d'aval a continué pendant le COVID au sein des centres hospitaliers malgré l'extrême difficulté de trouver des lits avant cette suppression. Il reste pourtant des lits disponibles au centre hospitalier de Granville dont tous les services ont progressivement été fermé malgré que Granville soit la 2e unité urbaine du département de la Manche. C'est aussi pourtant, le territoire le plus âgé de Normandie avec un taux de 23% d'ALD (contre 16% au niveau national). Certes, 16 lits seront ouverts à Granville en novembre 2023 mais c'est désormais plus de 25 lits en tout qui manquent au centre hospitalier.


Les difficultés évoquées ne permettent pas de travailler dans des conditions sereines pour les soignants médicaux et para-médicaux. De nombreux services de soins non urgents ont été impacté dans tous les CH du centre et sud Manche. Le CH de Saint-Lo n'a par exemple plus de services de médecine interne, plus de pneumologues. 


Le CH de Cherbourg, suite à une nouvelle direction plus à l'écoute des soignants, et qui a su rendre attractives les conditions d'accueil (l'installation d'un plateau de coronarographie est un signal positif pour les urgences vasculaires) semble un peu moins touché par cette dégradation des soins et est dans une dynamique de recrutement bien visible sur les réseaux sociaux


Un audit a été réalisé pour les urgences du Sud Manche (celui de la CNUH avec le Pr Carli), une deuxième mission est en cours (celle de la SFMU). Les directives seront très certainement exactement les mêmes mais vu que les premières n'ont pas été appliquées par le centre hospitalier Avranches Granville, elles n'ont pas pu bénéficier aux services de soins urgents.


Les directions départementales de l'ARS Normandie sont à l'écoute et ont plusieurs fois alerté l'ARS Normandie mais leurs alertes ne semblent pas suivre de faits concrets.


Nous demandons donc la mise en place d'une dérogation à la loi RIST pour répondre aux urgences de de notre territoire mais surtout un travail de fond et d'accompagnement de certaines directions hospitalières qui semblent être dans l'incapacité de mettre en places les directives proposées par l'audit de la CNUH que ce soit en terme de lits d'aval, de communication avec les urgentistes bas-normands ou d''attractivité de notre territoire.


Les soignants du département de la MANCHE ne pourront pas prendre en charge correctement leurs concitoyens si des efforts d'attractivité en terme de qualité des services ne sont pas réalisés par l'ARS Normandie (plateaux techniques efficients, filières de soins organisées etc) et si la CNAM se borne à dégrader la qualité des soins des médecins libéraux généralistes au niveau national.


Nous vous prions, d'agréer, madame, monsieur, l'expressions de nos salutations distinguées.
Le collectif des médecins de la Manche

mail : collectifmedecinsmanche@gmail.com

Contact presse : 06.63.78.33.35

Ancienne pétition (2018) : https://chng.it/V7SyQGHyQw

Nouvelle pétition (2023) : https://chng.it/K7LkMKFffK

Manche : après des fermetures de lits, la déroute des urgences et des médecins libéraux en grève

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