Scolarisation des jumeaux et multiples: Stop à la séparation forcée

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La scolarité des jumeaux-elles et multiples pose aux parents et aux équipes éducatives la question de la séparation. Actuellement, il n'existe aucune règle clairement définie à ce propos et ce sont les directions des écoles qui tranchent. Deux choix sont alors possibles: Laisser la décision aux parents ou bien imposer aux parents et aux enfants la séparation.

Dans les faits, il semble que la séparation imposée soit la politique la plus répandue et ce dès l'entrée en maternelle: il faut "dégémelliser" les jumeaux-elles et multiples au plus tôt.

Concept popularisé dans les années soixante par R. Zazzo, la "dégémellisation" visait à favoriser l'autonomie et l’épanouissement personnel des jumeaux-elles et multiples. Depuis Zazzo nos connaissances ont évolué. On sait aujourd'hui que les jumeaux ont un développement cognitif spécifique constitué de quatre étapes distinctes au cours desquelles ils s'individualisent. Vouloir imposer une séparation sans en tenir compte risque de produire l'effet inverse du résultat escompté et peut s'avérer sur le long terme préjudiciable au bon développement des enfants. En effet, la séparation des multiples n'est pas sans conséquence. A ce propos les associations de jumeaux et certains spécialistes s'accordent à dire que trop précoce ou imposée brutalement, la séparation peut avoir un impact délétère sur leur développement psycho-affectif, leur développement cognitif, leur équilibre et leur réussite scolaire.

Dans une interview accordée au journal libération en 2008, Fabrice Bak psychologue et gémellologue évoquait déjà la question de la séparation forcée : "Toute séparation de force fait des dégâts. Or, trop souvent, l'Education nationale la recommande. Officiellement, pour le bien des jumeaux. Officieusement, à mon avis, pour des raisons proches de celles que l'on retrouve dans la fascination pour les jumeaux et dans la mythologie : la peur de celui qui est seul face au bloc de ceux qui sont deux." Il éclaire ici sous un autre angle la perception de la gémellité au sein des écoles et l'approche qui peut en découler. Sa réflexion questionne le bienfondé même de l’obligation de séparer.

Il faut savoir que peu d’études ont porté sur la séparation des multiples à l’école et si aucune n’en démontre formellement les bienfaits, la plupart concluent qu’elle ne devrait pas être considérée d’emblée. En réalité, la séparation imposée ne trouve aucune justification scientifique. Dans le doute, ne serait-il pas préférable d’abandonner toute obligation concernant les modalités de scolarisation des multiples? Pourquoi parents et enfants se retrouvent confrontés à la rigidité de certaines équipes éducatives qui semblent avoir érigé en dogme la séparation des multiples à l’école ? Le bien-être des enfants est-il réellement pris en compte dans cette obligation de séparation? Ne serait-il pas souhaitable et dans l'intérêt des enfants de dialoguer avec les familles plutôt que d'imposer sans aucune concertation une décision dont les conséquences pourraient impacter négativement certains enfants?

La problématique des multiples à l'école n'est pas unique, une seule et même réponse pour tous à savoir la séparation forcée, ce n'est pas satisfaisant. L'individualisation des jumeaux-elles et multiples peut se faire sans imposer une séparation, dans le respect de leur développement particulier et dans celui du choix des familles. Aujourd'hui, nombre de parents doivent se battre pour être écoutés, font appel aux inspections académiques dans l'espoir d'être entendus et finissent parfois par saisir la justice pour trancher. D'autres se taisent et pour éviter d'aller au conflit, acceptent à contrecœur la séparation tout en ayant l'impression d'hypothéquer le bien-être de leurs enfants. Triste constat à l'heure où la refonte de l'école publique plébiscite la coéducation. Face à ces situations, on est en droit de se demander sur quelles bases reposent les échanges entre les parents et les équipes éducatives et quelle est la place accordée aux parents au sein de l'école. Faciliter les échanges, élaborer une relation de confiance, cela passe à mon sens par la discussion et la concertation. Chaque partie a un point de vue intéressant et aucun ne devrait prévaloir sur l’autre, continuer à cautionner cette obligation de séparation va à l’encontre du concept même de coéducation. Dans l’intérêt de tous, ne pourrait-on pas envisager une approche où l'absence d'obligation concernant la séparation des multiples à l'école serait la règle?

Bien-sûr Il ne s'agit pas ici d'être pour ou contre la séparation des multiples mais d'essayer de favoriser au sein des écoles une posture ouverte au dialogue. À cette question de séparer ou non, il n'existe à mon sens pas de réponse type: ce qui conviendra aux uns ne sera pas forcément la solution la plus adaptée aux autres. De fait, la décision devrait être prise en fonction de ce qui est le plus profitable aux enfants et issue d'une concertation entre les parents et les équipes éducatives, autrement dit au cas par cas. Laisser la possibilité aux parents de choisir (et aux enfants lorsqu’ils sont en âge de le faire) la séparation ou non éviterait bon nombre d'incompréhensions voire de conflits et favoriserait une relation de confiance entre les parents de multiples et les enseignants. Cela permettrait également aux jumeaux-elles et multiples ainsi qu'à leurs parents de choisir ce qui est le mieux pour eux en fonction de leur vécu familial et de leur réalité propre, sans que de fausses croyances viennent nuire au bien-être des enfants, car c'est bien ça le plus important: le bien-être et l'épanouissement des enfants.

Merci à celles et ceux qui liront et soutiendront cette pétition, parents de jumeaux-elles et multiples, jumeaux-elles et multiples eux-mêmes ou tout autre personne se sentant concernée par cette question.

(Illustration: Eliot et Zoé les jumeaux rigolos, Agnes Cathala et Yves Calarnou)

 



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