"N'expulsez pas le squatt Utopia 002."

Le problème

Expulsés une première fois juste avant la trêve hivernale, ils vont être expulsés cette fois d'un bâtiment public, les anciens locaux désaffectés depuis des années de la DDASS, propriété du Conseil général. 80 personnes rejetées à la rue en plein hiver.

Et pourtant, ils n'ont fait que mettre en œuvre un rêve. Ecoutons leur voix :

"UTOPIA 001 c'était le rêve de pouvoir construire un projet entre précarisés, travailleurs sans domicile, familles réfugiées, étudiants. Le but étant de pouvoir prendre soin les uns des autres, de se former, s'informer, et subvenir solidairement à nos besoins fondamentaux : Un accès au logement, à la santé, à l’alimentation, à la culture, à un travail.

Les hébergements d'urgences sont saturés, en incapacité structurelle de prendre en compte des gens qui devraient rentrer dans leurs dispositifs ; qui souhaitent s’en sortir ensemble avec le soutien de la société civile. « Pour ne pas crever, garder notre dignité et faire notre devoir de citoyen ».

Accès à la langue française, échange des savoirs, des expériences, des pratiques : tant de choses qui amènent des gens de tous horizons à se comprendre. Mais aussi interagir et réussir à exercer leurs responsabilités citoyennes.

L’expérience d'UTOPIA 001 avait pourtant démontré l’intérêt de telles pratiques, et espaces de vies. Nous étions dans les locaux de l'ordre des avocats, ce que nous pouvions y faire participait à sauver des vies.

UTOPIA 002, 85 rue d'Assas à Montpellier. Après avoir passé un mois d’errance auprès de notre réseau d’une nuit sur l’autre, à droite ou à gauche. C'est un nouveau départ. Les cours de langue reprennent, des répétitions, des ateliers, pourquoi pas des cours d'écriture, certains envisagent même de raccrocher avec des formations diplômantes.

On était en survie, on essaie à nouveau de s'en sortir de nouveau ensemble. De plus, c'est un bâtiment public, on ne gêne personne. Comme à notre habitude, nous avons sympathisé avec les habitants du quartier.

Confrontés à la justice, nous sommes encore naïfs, on s'imagine que celle-ci est équitable. Et que du fait de notre précarité, on nous laisserait le temps pour pouvoir nous défendre. Premièrement d’avoir droit à un procès juste (Pendant les fêtes, donc des avocats en vacances.). Préparer correctement une défense. Produire 35 dossiers juridiques justifiant de la situation de chacun par 10 degrés à l'intérieur des murs de la DDASS est un vrai challenge. Malgré cela, nous restions naïfs,nous disant quand même, qu’on se ferait pas foutre dehors durant le mois de Janvier/Février...

 Les populations précarisées et marginalisées aujourd’hui, subissent toujours plus d'insultes et d'amalgames. Quand on bosse 39h par semaine, qu’on n’atteint pas le smic, qu'on soit : sans domicile fixe, mal-logés, ou en insécurité permanente nous sommes toujours victime de la stigmatisation, des préjugés et de l’indifférence. Parfois tout à la fois, voila le courage quotidien et l'effort permanent qui nous est demandé ! Et ce, en gardant la tête baissée, s'il vous plaît !

On a participé à la manifestation du choc, puis à celle contre l'islamophobie, vous l'avez compris nous sommes de tous les combats, contre toutes les formes de discrimination et d’exclusion

Mardi 20 Janvier 2015, rendu de justice, on a 24h pour se trouver un bout de trottoir. Ensuite, les larmes, le sang, l'abandon, la faim, la maladie de nouveau (la dernière expulsion avait entraîné une épidémie de gale)

Promis on va essayer de continuer à vous aimer, vous les gens qui dites comprendre et soutenir, qui par votre action ou inaction vont à nouveau permettre un drame.

On va sans doute encore perdre des camarades, trop malades pour continuer, trop déçus pour croire encore en notre société ou trop en colère pour vous comprendre.

Nous montons sur l’échafaud à nouveau car nous essayons de vivre en prenant soin les uns des autres. Nous montons sur l’échafaud à nouveau car on rend visible les carences de l'Etat. Nous montons sur l'échafaud à nouveau car on veut rester digne, la tête droite. Nous montons sur l'échafaud à nouveau car des précaires qui se forment, s'organisent, qui sollicitent de l'aide, créent des associations d'entraide, ça dérange..."

 

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Caroline MOLINOLanceur de pétition
Cette pétition avait 184 signataires

Le problème

Expulsés une première fois juste avant la trêve hivernale, ils vont être expulsés cette fois d'un bâtiment public, les anciens locaux désaffectés depuis des années de la DDASS, propriété du Conseil général. 80 personnes rejetées à la rue en plein hiver.

Et pourtant, ils n'ont fait que mettre en œuvre un rêve. Ecoutons leur voix :

"UTOPIA 001 c'était le rêve de pouvoir construire un projet entre précarisés, travailleurs sans domicile, familles réfugiées, étudiants. Le but étant de pouvoir prendre soin les uns des autres, de se former, s'informer, et subvenir solidairement à nos besoins fondamentaux : Un accès au logement, à la santé, à l’alimentation, à la culture, à un travail.

Les hébergements d'urgences sont saturés, en incapacité structurelle de prendre en compte des gens qui devraient rentrer dans leurs dispositifs ; qui souhaitent s’en sortir ensemble avec le soutien de la société civile. « Pour ne pas crever, garder notre dignité et faire notre devoir de citoyen ».

Accès à la langue française, échange des savoirs, des expériences, des pratiques : tant de choses qui amènent des gens de tous horizons à se comprendre. Mais aussi interagir et réussir à exercer leurs responsabilités citoyennes.

L’expérience d'UTOPIA 001 avait pourtant démontré l’intérêt de telles pratiques, et espaces de vies. Nous étions dans les locaux de l'ordre des avocats, ce que nous pouvions y faire participait à sauver des vies.

UTOPIA 002, 85 rue d'Assas à Montpellier. Après avoir passé un mois d’errance auprès de notre réseau d’une nuit sur l’autre, à droite ou à gauche. C'est un nouveau départ. Les cours de langue reprennent, des répétitions, des ateliers, pourquoi pas des cours d'écriture, certains envisagent même de raccrocher avec des formations diplômantes.

On était en survie, on essaie à nouveau de s'en sortir de nouveau ensemble. De plus, c'est un bâtiment public, on ne gêne personne. Comme à notre habitude, nous avons sympathisé avec les habitants du quartier.

Confrontés à la justice, nous sommes encore naïfs, on s'imagine que celle-ci est équitable. Et que du fait de notre précarité, on nous laisserait le temps pour pouvoir nous défendre. Premièrement d’avoir droit à un procès juste (Pendant les fêtes, donc des avocats en vacances.). Préparer correctement une défense. Produire 35 dossiers juridiques justifiant de la situation de chacun par 10 degrés à l'intérieur des murs de la DDASS est un vrai challenge. Malgré cela, nous restions naïfs,nous disant quand même, qu’on se ferait pas foutre dehors durant le mois de Janvier/Février...

 Les populations précarisées et marginalisées aujourd’hui, subissent toujours plus d'insultes et d'amalgames. Quand on bosse 39h par semaine, qu’on n’atteint pas le smic, qu'on soit : sans domicile fixe, mal-logés, ou en insécurité permanente nous sommes toujours victime de la stigmatisation, des préjugés et de l’indifférence. Parfois tout à la fois, voila le courage quotidien et l'effort permanent qui nous est demandé ! Et ce, en gardant la tête baissée, s'il vous plaît !

On a participé à la manifestation du choc, puis à celle contre l'islamophobie, vous l'avez compris nous sommes de tous les combats, contre toutes les formes de discrimination et d’exclusion

Mardi 20 Janvier 2015, rendu de justice, on a 24h pour se trouver un bout de trottoir. Ensuite, les larmes, le sang, l'abandon, la faim, la maladie de nouveau (la dernière expulsion avait entraîné une épidémie de gale)

Promis on va essayer de continuer à vous aimer, vous les gens qui dites comprendre et soutenir, qui par votre action ou inaction vont à nouveau permettre un drame.

On va sans doute encore perdre des camarades, trop malades pour continuer, trop déçus pour croire encore en notre société ou trop en colère pour vous comprendre.

Nous montons sur l’échafaud à nouveau car nous essayons de vivre en prenant soin les uns des autres. Nous montons sur l’échafaud à nouveau car on rend visible les carences de l'Etat. Nous montons sur l'échafaud à nouveau car on veut rester digne, la tête droite. Nous montons sur l'échafaud à nouveau car des précaires qui se forment, s'organisent, qui sollicitent de l'aide, créent des associations d'entraide, ça dérange..."

 

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Caroline MOLINOLanceur de pétition

Les décisionnaires

M. André Vézinhet président du Conseil général de l'Hérault
M. André Vézinhet président du Conseil général de l'Hérault

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Pétition lancée le 23 janvier 2015