Petition updateNon aux prisonniers politiques : #LibérezLoïc !L'OMBRE DE DARMANIN
Manon AUBRYBesançon, France
Oct 5, 2023

À nos soutiens,

Après le déferlement d'une brigade antiterroriste dans sa cabane à la veille de l'été, cinq semaines en détention provisoire à 500 kilomètres de ses proches passées, et la peine d'une année ferme sous bracelet électronique prononcée à l'issue du procès fantoche contre le moine de Sainte-Soline n'ayant pourtant commis aucun acte de violence ; la répression s'abat une fois encore sur Loïc

En l'occurrence : le jeudi 21 septembre au matin, le téléphone de Loïc résonne. Un policier lui annonce, implacable, qu'il sera convoqué au commissariat de Lobau, à Nancy, le jeudi suivant. Il s'y rendra, serein. Et se verra un instant plus tard placé en garde à vue. Et au soir, chargé d'un nouveau procès politique contre lui, en sortira. 

Voici le récit de cette nouvelle bascule :  

« Le jeudi 21 septembre, un appel téléphonique inconnu. J'écoute le message vocal : c'est un policier.

Depuis le procès du moine de Sainte-Soline et la détention provisoire qui aura duré cinq semaines, mon téléphone est encore sous scellé. J'ai dû en racheter un nouveau, changeant par la même occasion mon numéro.

En seulement deux semaines, la police m'a ajouté à ses contacts. C'est une invitation que l'on ne peut pas refuser... Un échange peu poétique loin du consentement.

Il parle vite sans dire grand-chose sur le motif de ce rendez-vous : il faut trouver une date pour se rencontrer au commissariat. Il me propose le mardi matin, je ne peux pas : je travaille en EHPAD.

Tout est froid dans sa voix.

Finalement, le rendez-vous sera le jeudi 28 septembre, à 9h ; au commissariat de Lobau, à Nancy.

Alors que je suis sous bracelet électronique pour un an ferme depuis deux mois, sans jamais arriver une seule fois en retard ; la répression ne semble pas se satisfaire de ma situation. 

Qui veut à ce point me voir en prison ?

Cette semaine d’incertitude, je l’ai passée aux côtés de Manon, dans l’attente. Avec des frissons angoissants et parfois des sanglots.

Vais-je pouvoir ressortir libre du commissariat ? Y aura-t-il un autre procès ? Pour quel motif, cette fois ?

Le jour de la convocation, devant cet imposant commissariat, on s’échange un dernier baiser.

Je rentre dans l’enceinte, Manon reste devant.

Comme je n’ai pas eu de convocation écrite pour ce rendez-vous, le policier à l’accueil est un peu perdu et peine à retrouver la trace de ce rendez-vous.

L’enquêteur finit par arriver.

Il m’amène alors dans les bureaux de l’Unité Spéciale des Atteintes aux Personnes. Une autre personne est déjà présente, très grande, silencieuse et bien droite. Elle ne dira rien mais prendra continuellement des notes sur un petit carnet.

Je demande dans quel cadre je suis entendu aujourd’hui : « Attends deux secondes, j’ai encore des trucs à écrire ! » dira-t-il, tapotant sur son clavier. 

Mon regard se balade alors dans la pièce. Sur un tableau, dans la case du jeudi matin, il est écrit : 9h GAV.

Effectivement, quelques instants après, le policier annonce solennellement : « Vous êtes actuellement placé en GAV pour une durée maximale de 24h, renouvelable sur demande du parquet ». Je demande alors l’assistance d’un avocat et que ma compagne soit prévenue.

En attendant l’arrivée de ce dernier, je suis emmené menotté en cellule.

... Surprenant, d'arriver de votre plein gré au commissariat, pour finir les mains liées. Mon avocat notera cette irrégularité de procédure au cours de la GAV, ce qui crispera un peu plus encore l’enquêteur, déjà très tendu.

Après les questions sur mon identité, ces dernières deviennent de plus en plus surprenantes : « Utilisez-vous des pseudos en ligne ? Avez-vous un compte Facebook ? Connaissez-vous le pseudo Loïc Citation ? »

Le policier me montre alors une page du dossier d’enquête : on y voit un post Facebook publié le 5 novembre 2022 : j’avais relayé une chanson satirique sur Darmanin titrée « Darmanin qu’on dissoudra bientôt – les petites darmanines », disponible sur YouTube.

Une vidéo qui n’a même pas atteint 2 000 vues le jour de la garde à vue. 

Accusé de l’avoir relayée, j'apprends donc que j'écope d'un nouveau procès : le 1er Décembre 2023, à Nancy, pour « incitation à commettre un crime ou des violences à l’encontre de Gerald Darmanin ». 

Actuellement sous bracelet électronique - condamné à un an ferme suite au procès du moine de Sainte-Soline - le traumatisme d’une brigade anti-terroriste lors de l’arrestation, le Ministre de l'Intérieur s'acharne et porte plainte contre moi.
 
Fruit de son obsession à vouloir dissoudre tout être ou organisation dissident ? Ou bien, Gérald Darmanin, après avoir par sa toute-puissance dissout « Le Bloc Lorrain », n'a pas encaissé l'affront de cette vidéo relayée le 5 Novembre 2022, jour de la manifestation nancéienne contre la dissolution de cette association.

Une chanson qui serait pour lui crime de lèse-majesté ?

 
Loin de la responsabilité du pouvoir d’avoir engendré des blessés, des dissouts, des incarcérés ; demeure en moi cette sensation d’être plus vertueux que nos gouvernants.

Nous aurons des horizons de paix.

Loïc Schneider. »

Votre soutien nous est fondamental ; car à l'image de l'engagement pour des valeurs humaines que porte Loïc : il les fait trembler. 

Pour Loïc, contre la répression qui massivement s'abat et pour la possibilité, encore, d'exercer nos droits politiques les plus fondamentaux en ce pays : nous aurons, chaque jour davantage, besoin de votre mobilisation. 

Pour cela, restez alertes.

Nous vous tiendrons informés. 

Manon Aubry, compagne de Loïc. 

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