Ligne 5307 : rendez-nous des transports le week-end à Limours

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Le problème

Depuis le 1er septembre 2026, les nouveaux horaires de la ligne 5307 ont considérablement réduit l’offre de transport le samedi à Limours et ses environs. À l’arrêt Chambord par exemple, le premier bus permettant de rejoindre Orsay est désormais à 8h09, contre 6h32 auparavant. Le soir, le dernier retour depuis Orsay n’est plus qu’à 19h50, avec une arrivée à Chambord à 20h08, contre 22h43 auparavant.

Ces suppressions rendent certains déplacements impossibles.

Les transports publics ne servent pas uniquement aux lycéens et aux salariés travaillant du lundi au vendredi aux horaires de bureau.

Des habitants travaillent tôt le matin, tard le soir ou le week-end : personnels hospitaliers, agents d’entretien, salariés de la grande distribution, de la restauration, de la sécurité, de la culture, indépendants et bien d’autres. Les anciennes courses matinales étaient réellement utilisées par ces travailleurs.

Vivre en grande couronne doit aussi permettre d’avoir une vie sociale, culturelle et familiale. Aller voir un spectacle, dîner chez des amis, boire un verre à Paris, rendre visite à sa famille ou simplement rentrer après une soirée ne devrait pas nécessiter de posséder une voiture.

Même en semaine, le dernier départ de la ligne 5307 depuis Orsay est désormais à 21h30. Le week-end et les jours fériés, il est à 19h50.

En pratique, le message envoyé aux habitants est assez brutal : vous pouvez aller travailler si vos horaires correspondent aux heures de bureau, puis rentrer chez vous. Pour le reste, prenez une voiture.

Cette situation est d’autant plus incompréhensible qu’en parallèle, les politiques publiques nous demandent légitimement de réduire l’usage de la voiture individuelle. 

Les solutions présentées comme alternatives ne remplacent pas une ligne régulière. Le transport à la demande fonctionne sur des amplitudes limitées et ne répond notamment pas aux besoins des départs très matinaux. Les bus de soirée ne desservent pas Limours. Le covoiturage dépend de la présence d’un conducteur effectuant exactement le même trajet au même moment. Les plateformes IDFM, BlaBlaCar Daily ou Karos ne garantissent aucune solution. Quant aux dispositifs de covoiturage spontané aux arrêts dédiés, ils ne peuvent pas offrir la fiabilité nécessaire à un salarié qui doit prendre son poste à une heure précise, ni à une personne qui doit pouvoir rentrer chez elle. Un service public de transport ne peut pas reposer sur l’espoir qu’un automobiliste passe au bon endroit au bon moment.

Cette réduction de l’offre pénalise en premier lieu ceux qui dépendent le plus des transports collectifs : personnes sans voiture, jeunes, personnes âgées, travailleurs modestes ou en horaires décalés, habitants éloignés des gares.

L'absence éventuelle de réclamation ne signifie pas que les usagers sont satisfaits. Tous ne connaissent pas les démarches permettant d’interpeller Île-de-France Mobilités, un transporteur ou une collectivité.

En 2026, alors que l’on construit le Grand Paris et que l’on affirme vouloir rapprocher les territoires, il est contradictoire de renforcer toujours davantage la mobilité dans le cœur de la métropole tout en réduisant l’autonomie de ceux qui vivent en grande couronne en maintenant un modèle dans lequel posséder une voiture reste indispensable pour travailler en horaires décalés, sortir le soir ou se déplacer le week-end.

Une grande couronne condamnée à la voiture ?

Limours ne fait pas partie institutionnellement de la Métropole du Grand Paris. Pourtant, ses habitants vivent pleinement dans le bassin économique francilien : en 2023, 83,3 % des actifs de Limours ayant un emploi travaillent dans une autre commune et 80,4 % utilisent une voiture pour se rendre au travail. Cette dépendance automobile n’est pas une fatalité culturelle : elle est aussi le résultat d’une offre de transport insuffisante. La Communauté de communes du Pays de Limours reconnaît elle-même  que le manque de bus entretient l’usage massif de la voiture individuelle, avec ses conséquences sur la circulation et les émissions de CO₂.  À quoi sert alors de demander aux Franciliens de réduire l’usage de la voiture si, parallèlement, on supprime les transports qui leur permettraient réellement de s’en passer ? Chaque matin, la route de Chartres illustre cette contradiction : une succession de voitures individuelles engorgent l’axe vers les bassins d’emploi. 

La question ne concerne pas seulement les habitants de Limours qui partent travailler ailleurs. Il faut aussi pouvoir venir travailler à Limours. Qui pense aux personnes dépourvues de voiture qui arrivent de territoires parfois très éloignés pour remplir les rayons des magasins, nettoyer des locaux ou des établissements de santé, travailler sur des chantiers, assurer la restauration, l’entretien ou les services ? Un territoire économique ne fonctionne pas uniquement de 9 h à 18 h. 

Paris est la première destination touristique française et concentre des milliers d’emplois de restauration, commerce, culture, sécurité, nettoyage et services dont les horaires commencent tôt ou finissent tard. Comment un habitant de grande couronne est-il censé occuper ces emplois lorsque son dernier bus quitte Orsay à 21h30 en semaine et 19h50 le week-end ?

 Une grande couronne où l’on peut rejoindre son emploi mais où sortir le soir suppose de posséder une voiture est une grande couronne transformée en territoire-dortoir.

Les « heures creuses » ne sont pas des heures vides.

La concentration de l'offre sur les traditionnelles heures de pointe ne correspond plus à la diversité des rythmes de vie franciliens. Île-de-France Mobilités constate des déplacements répartis sur toute la journée pour le travail, les études, les achats, les démarches, les loisirs, les visites et la vie familiale.

Nous en faisons quotidiennement l'expérience : même à 12h30, les bus de la ligne 5307 transportent des voyageurs. Une fréquentation inférieure à celle de 8h ne signifie pas une absence de besoin.

Un réseau de transport public n'a pas vocation à concentrer ses moyens uniquement sur les moments où les véhicules sont pleins. Il doit permettre de se déplacer tout au long de la journée. À défaut, on crée un cercle vicieux : moins de bus aux heures dites creuses, donc un service moins pratique, donc davantage de recours à la voiture, puis une faible fréquentation utilisée à son tour pour justifier la réduction du service.

Avant de réduire l'offre en milieu de journée, le soir ou le week-end, nous demandons donc que les décisions reposent sur les profils horaires réels de fréquentation de la ligne 5307 et sur l'ensemble des besoins de mobilité de ses usagers.

Nous demandons donc à Île-de-France Mobilités, à Transdev et aux collectivités concernées : 

  1. le rétablissement de départs tôt le samedi matin, permettant notamment de rejoindre le réseau ferroviaire avant 8h,
  2. le rétablissement d’une véritable desserte en soirée, en semaine comme le week-end,
  3. une réévaluation des horaires de la ligne 5307 fondée sur l’ensemble des usages, et pas uniquement sur les déplacements scolaires et domicile-travail aux heures de pointe, 
  4. une concertation avec les habitants avant toute nouvelle réduction importante de l’amplitude du service.

Le Grand Paris ne peut pas s’arrêter à 20h08 à Limours.

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Anna CHRONLanceur de pétition

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