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L'affaire Tariq Ramadan: une importante mise à jour - The Tariq Ramadan Case: A Critical Update

Free Tariq Ramadan

Jun 25, 2018 — (*English below)

L'AFFAIRE TARIQ RAMADAN: UNE IMPORTANTE MISE À JOUR
par Alain Gabon pour le site : www.milestonesjournal.net


Suite à des accusations de viols, Tariq Ramadan, l'intellectuel musulman le plus influent d'Europe, est maintenant incarcéré en France depuis plus de quatre mois depuis le 2 février dernier, ce, malgré son droit à la présomption d'innocence. Il a par ailleurs été placé en isolement total et se voit refuser l'accès à son propre dossier judiciaire (ainsi que, bien entendu, à son courrier privé, communications extérieures, etc.).

Cela complique évidemment sa défense juridique, ce qui est, nous pouvons le penser, précisément le but recherché. Pour plus d'informations sur cette affaire, consulter ce lien.


Outre la diffamation systématique qu'il continue de subir dans les médias dominants sans pouvoir se défendre contre ce véritable lynchage, le traitement juridique qui lui est réservé par la justice française a été infiniment plus dur que celui réservé à un violeur reconnu coupable ou même à un meurtrier. Par exemple, ses proches, y compris sa femme et ses enfants, se sont vus refuser des visites pendant près de deux mois sans aucune raison, ce qui est d'autant plus injuste dans le cas d'une personne présumée innocente par la loi française.

Plus choquant encore, en prison depuis déjà plus de quatre mois, ce n'est que le 5 juin que ses juges ont accepté de l'écouter pour la toute première fois, après avoir décliné ses demandes antérieures d'audition.

À notre connaissance, aucune autre personnalité de haut rang accusée de viol pendant cette même période, notamment les deux ministres du gouvernement Macron, Gérard Darmanin et Nicolas Hulot, n'a été placée en détention provisoire, présumés innocents tant qu’aucune preuve ne prouve leur culpabilité. Tariq Ramadan reste le seul. Ceci suggère fortement que les accusations de viol n'étaient qu'un prétexte pour le faire taire et l'éliminer, comme les médias et les politiciens français tentaient de le faire depuis une bonne quinzaine d'années déjà, sans succès.

Cet indéniable ‘deux poids, deux mesures’, facilement perceptible dans tous les aspects et à toutes les étapes de cette affaire, suggère donc que Tariq Ramadan est en effet un prisonnier politique. Sinon, pourquoi a-t-il été traité avec une telle singularité dès le premier jour et soumis à un traitement aussi exceptionnel, en dehors des normes judiciaires françaises?

Détérioration de sa santé

Physiquement et mentalement, Tariq Ramadan ne va pas bien du tout. Les quelques rares personnes qui ont été autorisées à lui rendre visite (ses proches, les avocats et le consul de Suisse) ont tous témoigné que sa santé et son apparence physique s'étaient rapidement détériorées de façon constante et dramatique. Son avocat, dont l'accès à son propre client est également limité, a exprimé son choc devant le fait qu'« il [Tariq Ramadan] ressemble maintenant à son propre père ».

La sclérose en plaques et la neuropathie dont il souffre nécessitent, entre autres traitements, quatre séances de kynésithérapie par semaine (comme l’ont déclaré les experts). Il n'en reçoit pourtant approximativement qu’une seule par semaine. Seul un neurologue peut soigner sa neuropathie, pourtant, au jour du 10 juin, il n'en avait encore vu aucun depuis plus de trois mois.

En dépit de sa double maladie, Ramadan était fort et en bonne santé quand il est entré en prison, au point que très peu de personnes savaient ou soupçonnaient qu'il était atteint, depuis des années, de maladies chroniques. Désormais, il peut à peine marcher, il doit utiliser un fauteuil roulant ou un déambulateur pour se rendre au parloir, et il souffre de douleurs constantes (membres inférieurs, tête, mains, migraines sévères, ainsi que dépression et crises d'anxiété). Il a des lésions physiques visibles sur son corps, ses cheveux sont maintenant entièrement blancs et il est devenu incontinent. Pour la première fois de sa vie, il était cette année trop faible pour jeûner le mois du Ramadan. Sa famille craint à présent qu’il subisse des dommages physiques et moteurs irréversibles. À nouveau, certains peuvent penser que c'est précisément l'objectif visé : Ramadan fut une telle épine dans le pied de toutes les puissances françaises, que depuis longtemps la plupart affichait un réel désir de vengeance, souhaitant que cet « indomptable musulman » soit éliminé de la sphère publique d’une quelconque manière. En outre, se moquer et rire de ses difficultés médicales sur les réseaux sociaux, à l'image des journalistes comme Jean-Pierre Elkabbach, rétorquant carrément : « Ne nous demandez pas de pleurer sur le sort de Tariq Ramadan » (après avoir lui-même sollicité des informations sur sa santé !) est devenu une routine.

Malgré cela, et dans la non-reconnaissance délibérée de pas moins de 9 certificats médicaux différents (dont au moins un du médecin en chef d'un hôpital pénitentiaire qui estimait que son état de santé n'était pas compatible avec la prison), les tribunaux ont décidé de suivre l'avis d'un expert médical (désigné par ces mêmes tribunaux) qui avait conclu que la santé de [Tariq Ramadan] n'était « pas incompatible avec sa détention à condition de recevoir tous les soins médicaux dont il a besoin » (ce qui n'a manifestement jamais été le cas).

Le fait qu'il ait passé la majeure partie de ces quatre mois dans divers hôpitaux pénitentiaires, mourant à petit feu (il est de retour à l'unité médicale de la prison de Fresnes) montre à quel point son état de santé est « compatible » avec une incarcération prolongée !

En raison de la détérioration rapide de sa condition physique, son avocat a récemment demandé une autre expertise médicale. Même cela a été refusé par les juges.

Un système judiciaire kafkaïen

Les nombreuses demandes de mise en liberté faites par Tariq Ramadan, assorties de solutions alternatives concrètes incluant le port d'un bracelet électronique, la remise de son passeport, et même la possibilité d'être placé en résidence surveillée par la police, ont également été refusées. Les justifications fournies par les juges des cours d'appel sont franchement ridicules et même absurdes. Pour le maintenir en prison et à l'isolement, ils invoquent trois raisons: s'il devait être libéré, il pourrait essayer de « s'échapper dans un autre pays », il pourrait « exercer des pressions pour intimider ses accusatrices » et il pourrait « commettre de nouveaux viols ».

La crainte qu'il cherche à s'échapper est ridicule pour au moins trois raisons : d'abord, il a lui-même proposé de remettre son passeport et d'être placé sous surveillance policière ; en second lieu, fuir ferait non seulement de lui un fugitif et un hors-la-loi (ce qu'il n'est pas jusqu’à présent), mais constituerait aussi un aveu de culpabilité et annihilerait ses chances d'être acquitté ; troisièmement, sa coopération avec le système judiciaire français a toujours été absolue, ce que personne ne nie. « Faire pression sur ses victimes présumées » serait également suicidaire et ne pourrait qu'aggraver sa situation déjà catastrophique, y compris son statut judiciaire. D'ailleurs, quelle « pression » pourrait-il exercer, sans alliés et avec seulement des ennemis autour de lui qui tiennent absolument à le garder emprisonné à vie et exploiter le moindre faux pas de sa part?

Mais la troisième raison évoquée (le fait qu'il puisse « réitérer les crimes de viol ») est à la fois la plus choquante, la plus grotesque et la plus révélatrice de la mentalité biaisée des juges qui, dès le départ, ont été complètement dénués d'objectivité et d'équité judiciaire fondamentale : prétendre que Ramadan doit rester derrière les barreaux pour « éviter de nouveaux viols » est une antithèse légale qui montre que ses juges l'ont déjà déclaré coupable avant que le procès ait lieu et avant même que les enquêtes ne soient terminées. D'ailleurs, si tant est que ces allégations soient sincères, quel fou suicidaire, dans la situation de Ramadan, tenterait de violer « à nouveau » en étant assigné à résidence, sous les feux des médias et sous surveillance policière 24/7? Si ces juges croient vraiment de telles imbécillités (il n'y a pas d'autre mot), alors cela montre que pour eux, Ramadan n'est pas un être humain normal, capable de raison ou d'instinct d’auto-préservation, mais un animal hors de contrôle, uniquement animé par une soif bestiale de "violer", quoi qu'il arrive. Ce qui correspond à la façon dont ses accusatrices et les médias l'ont dépeint pendant des mois : au mieux, un monstre sexuel et une brute dépourvue d'humanité (« plus je criais, plus il me battait », disait l’une d’entre elles), un personnage effrayant directement sorti d'un film d'horreur ou de tueurs en série.

Pourtant, ses trois juges continuent d'invoquer ces raisons risibles, affichant un visage impassible, une évidente incrédulité et une mauvaise foi.

Un tournant? Pas de troisième mise en examen

Le 5 juin dernier a marqué ce qui pourrait être un tournant dans l'affaire et le premier développement positif (pour Ramadan) depuis son incarceration. Le cas de la troisième accusatrice ("Marie", de son vrai nom Mounia Rabbouj, une ancienne escorte-girl rendue célèbre par le scandale sexuel DSK [Dominique Strauss Khan dans l’affaire du Carlton], a été abandonné par les juges lorsque, avec son avocat Emmanuel Marsigny, Tariq Ramadan a finalement été auditionné pendant 11 heures et a pu pour la première fois plaider lui-même et produire des contre-preuves massives totalisant 300 vidéos et 1000 photos. Sur une vidéo de smartphone, la femme s'est filmée confortablement assise dans un train, s’adressant avec tendresse à Tariq Ramadan, l'air parfaitement détendue et heureuse, disant qu'elle avait hâte de le revoir bientôt. Elle termine son message avec une émotion touchante: « Je t'aime beaucoup, mon amour ». Or cela remonte au lendemain de l'un de ses neuf viols prétendument « traumatisants », qu'elle avait décrit aux médias et aux juges comme étant terriblement violents, entre deux sanglots, une véritable séance de torture et de tabassage qui l'aurait laissé terrifiée, ajoutant : « Cette nuit-là, je pensais que j'allais mourir.» (Regardez son interview ici).

Considérant les sérieux éléments à décharge que Ramadan a finalement pu présenter le 5 juin, les juges ont décidé de ne pas le mettre en examen, bien que l'avocat aigri de Mounia prétende qu'il pourrait encore être formellement inculpé plus tard, ce qui ressemble à un vœu pieu.

En ce qui concerne le seul cas américain contre le théologien suisse, l'enquête semble se poursuivre, mais Tariq Ramadan n'a toujours pas été inculpé, et les autorités américaines n'ont fourni aucune information sur cette affaire jusqu'à présent. Après s'être enthousiasmée du fait qu’il existait au moins une accusation contre lui en dehors de la France et de la Suisse, la plupart des médias français ne se réfèrent désormais plus à cette affaire.

Mais il y a beaucoup plus. À l'instar de cette troisième victime présumée ("Marie" / Mounia Rabbouj), que les juges ont au moins pour le moment abandonnée, les accusations des deux premières femmes ainsi que leur crédibilité se sont également effondrées, au point qu’il est franchement surprenant que les tribunaux français insistent pour que Ramadan soit maintenu en détention, compte tenu de la présomption d'innocence qui aurait dû être appliquée dans son cas, et qui ne l'a jamais été.

Henda Ayari (première plaignante)

En dépit de son omniprésence dans les médias et du traitement VIP qui lui est réservé par les responsables, les journalistes et les animateurs (ainsi que plusieurs éminents politiciens de droite qui l'ont reçue), Henda Ayari (la première et la plus célèbre accusatrice) est toujours aujourd'hui incapable de produire le moindre élément de preuve en 8 mois, même minuscule, pour étayer son accusation. Incidemment, il en va de même pour les médias anti-Ramadan, ce qui démontre clairement qu'ils n'ont vraiment rien à montrer contre lui. S'ils avaient des preuves, ils seraient trop heureux d'en faire les gros titres, compte tenu de la rage haineuse qu'ils ont investie pendant des années à le calomnier et à à le détruire par tous les moyens possibles.

Henda Ayari a d'abord affirmé pouvoir prouver la véracité de ses accusations. Pourtant, 8 mois plus tard, ses ordinateurs, téléphones portables, etc. ont tous été fouillés par la police, l'expertise technique est terminée et n'a produit aucun élément de preuve. En revanche, l'avocat de Tariq Ramadan a réussi à prouver que les affirmations d’Henda Ayari étaient fausses. Par exemple, elle a déclaré avoir cessé toute communication avec Tariq Ramadan mi-2013, pourtant elle lui a envoyé près de 300 courriels entre juin et août 2014 dans lesquels elle lui demandait un rendez-vous et le suppliait de ne pas l’effacer de ses contacts. Ceci, rappelons-le, après son viol présumé, et après avoir revendiqué abondamment sur tous les médias qu’elle avait été « terrifiée » par Tariq Ramadan au point que «même prononcer son nom était difficile ». Les preuves fournies par ses propres appareils électroniques suggèrent lourdement qu'elle aussi, comme "Marie" - Mounia Rabbouj-, mentait et était probablement celle qui harcelait Ramadan sans succès. Dans l’un de ses textes (encore une fois, après son viol présumé), elle dit : « Je sais que tu ne seras jamais amoureux de moi, mais la semaine prochaine, tu seras entre mes cuisses.» !

Elle a aussi abondamment, à plusieurs reprises et graphiquement, décrit son viol comme horrible, bestial, ultra-violent, sadique, terrifiant et profondément traumatisant, en disant : « Je pensais que j'allais mourir. » (Un leitmotiv récurrent que les trois autres femmes semblent simplement avoir copié de cette première accusation ainsi que d'autres, insistant sur le fait d’être « sous son emprise mentale (de Tariq Ramadan) »). Et pourtant, Henda Ayari admet que c’est elle qui voulait revoir Tariq Ramadan après ce « viol traumatisant et terrifiant » qu'elle décrit comme un « cauchemar », qu'elle a fait tout ce qu'elle pouvait pour cela, et qu'elle a même gardé « une relation sexuelle épistolaire » avec lui (ici à la min 4-6 de sa dernière apparition à la télévision dans une grande émission populaire).

Aucun des centaines de messages Facebook et e-mail produits par l'avocat de Ramadan et envoyés par Henda Ayari elle-même après son viol présumé ne mentionnent quelque chose de proche d'un viol ou d'autres actes de violence. Loin de là, puisque beaucoup la montrent littéralement suppliant Ramadan de ne pas l’« effacer », de ne pas le priver d'accès à sa personne, lui demandant à plusieurs reprises un rendez-vous (d'après sa propre communication, il n'était manifestement pas intéressé). À priori, ce n'est pas typique d'une femme qui a été récemment violée et qui est « terrifiée » par l'homme. Surtout quand elle prétend aussi que Tariq Ramadan a menacé de la tuer, elle et ses enfants ! (ici, min 7).

Il est également à noter - ou du moins cela aurait dû l'être pour les juges - qu'outre l'absence totale de preuves matérielles et concrètes de quelque type que ce soit pour ne pas mentionner les contre-preuves accumulées, Henda Ayari n’a pas pu produire un seul témoin crédible. Même un parent ou un ami proche qui aurait pu témoigner qu'elle aurait été meurtrie (elle prétend que Tariq Ramadan l'aurait également étranglée et battue) ou affectée psychologiquement, émotionnellement, etc. Mais à nouveau, les témoins contre elle abondent, y compris ses parents, son fils aîné, son ancienne belle-sœur et d'autres, qui ont déjà témoigné officiellement ou accepté de témoigner devant le tribunal, la désignant comme une menteuse pathologique et complète « mythomane », reconnue comme telle par sa famille et son entourage proche (qu'elle démolit abondamment dans son premier livre).

Henda Ayari est maintenant célèbre pour ses contradictions systématiques et ses changements d'histoire dramatiques. Le dernier rebondissement date du 24 mai. Face à des preuves remettant en question sa dernière version des faits, elle a simplement changé la date et l'endroit de son viol présumé. On peut encore imaginer une erreur sur la date du viol, mais ne pas se souvenir du lieu où l'on a été violé est difficile à croire. Mieux encore, la nouvelle date, qu'elle prétend avoir rectifié « après avoir fouillé la maison pendant une journée » et trouvé « un petit cahier » où elle avait écrit le jour de sa rencontre avec Ramadan, s'est également révélée improbable ! Dans sa version modifiée, le viol s'est produit le 26 mai 2012 (par opposition à « entre mars et avril » dans sa version précédente). Elle dit s’en souvenir clairement car ce jour-là, « il pleuvait à Paris » et quand elle est arrivée de Rouen, la pluie avait ruiné sa coiffure et elle aurait même dû changer de vêtements. Malchance : l'avocat de Ramadan, Emmanuel Marsigny, a vérifié la météo de Météo-France ce jour-là, ce qui lui a confirmé qu'aucune goutte de pluie n'était tombée à Paris pendant toute la journée et toute la nuit [du 26 mai 2012].


Henda Ayari ne s'est pas expliquée sur cette dernière mésaventure et les médias profondément empathiques ne lui ont posé aucune question à ce sujet. Mais il ne fait aucun doute qu'elle trouvera un autre petit carnet pour réajuster son histoire, dans le cas improbable où un juge lui poserait des questions sur cette dernière impossibilité de son nouveau récit de viol.

Enfin, les personnes qui devaient témoigner pour elle ont en fait contredit et invalidé son histoire. Par exemple, Henda Ayari a dit que juste après son « viol traumatisant et terrifiant », elle s'était rendue auprès de son amie proche « Malica A. » pour trouver un peu de réconfort. Or, auditionnée par les juges, Malica A. a déclaré qu'Henda Ayari était alors « dans son état normal, l'air heureux et vigoureuse, elle n'a jamais mentionné aucun viol ou incident, et elle n'avait aucune trace suspecte sur son visage ou ailleurs » (bien qu'elle était censée avoir été sauvagement agressée).


Plus surprenant encore, aucune de ces contre-preuves accablantes et accumulées ne semblent déranger, ni même intéresser les juges de Tariq Ramadan de quelque façon que ce soit, et encore moins affecter leur détermination à le maintenir en détention sans aucune raison sérieuse et crédible.

Capitalisant pleinement sur sa renommée et son statut d'icône mineure parmi les suprématistes occidentaux blancs et autres islamophobes enragés (elle a récemment reçu le soutien de Robert Spencer, une figure clé de l'industrie américaine de l'islamophobie, ce qui ne l’a nullement dérangée), Henda Ayari n'essaie même plus d'apporter la preuve de ses accusations (clairement, elle n'en a aucune) ou d'expliquer ses contradictions incessantes, ses changements extrêmes de récits et ses revendications extravagantes (chaque fois qu'elle dit qu'elle est sur le point de produire une preuve tangible, celle-ci disparaît mystérieusement sans la moindre trace, prétendant par exemple que la preuve en question « a été volée de sa voiture », etc.).

Une assoiffée des médias qui, longtemps avant de finalement gagner en popularité grâce à ses accusations contre Ramadan, posait déjà (sans succès) dans des interviews et des tabloïds sensationnalistes comme Closer en tant qu'« ex-salafiste qui s'est libérée de l'islamisme pour devenir une femme libre et moderne ». Maintenant occupée à promouvoir son nouveau livre (opportunément intitulé « Plus jamais voilée, plus jamais violée » et annoncé comme « Écrit par la première femme qui a accusé Tariq Ramadan de viol»), tout en faisant de son mieux en tant que « Survivante du salafisme » est un modèle de « féminisation, laïcisme et émancipation anti-islamiste.» Entre deux apparitions médiatiques larmoyantes, elle diffame régulièrement d'autres femmes musulmanes (le "mauvais" genre, les voilées, les salafistes etc.) sur sa page Facebook et son tweeter (dont les adeptes sont quasi exclusivement des islamophobes français blancs de diverses allégeances politiques). Gratuitement elle accuse les autres musulmans d'être des "islamistes" dangereux, exigeant que la France interdise tous les salafistes, et ferme leurs mosquées, et ainsi de suite. Elle cherche évidemment à attirer l'attention et les faveurs des puissants de la France, des cercles Sionistes avec le discours « laïciste-anti-islamiste » dominant et pseudo-patriotique et les « valeurs de la République française », discours indispensable en France pour bien s'en sortir, surtout quand il s'agit d'un musulman ou d'un arabe anciennement musulman.

Henda Ayari s'affiche désormais comme la pâle version française d'une Ayan Hirsi-Ali, bien que, contrairement à Hirsi-Ali, elle dit être toujours musulmane. Dans la culture française d'aujourd'hui, Henda Ayari est l'une des « bonnes » musulmanes que l'État français et les médias dominants instrumentalisent (avec leur plein consentement) pour essayer de délégitimer, contrôler, « reformer », exclure ou briser d'autres musulmans – le « mauvais » genre, des femmes voilées aux « salafistes », des « islamistes » aux intellectuels islamiques qu'ils ne peuvent pas contrôler, comme Ramadan lui-même. La production quasi quotidienne et répétitive d'Ayari sur tweeter et Facebook regorge de sens communs propres à la pensée de groupe, de peur et de calomnie anti-musulmane telles que « L'islamisme est le nouveau fascisme et le nazisme » ou le classique « L'antisionisme est égal à l'antisémitisme ». Dans certains postes, elle accuse ouvertement les activistes pro-palestiniens d'être essentiellement une bande d'antisémites, prise de position pour lesquelles elle est généreusement récompensée (y compris financièrement), par exemple lorsque le philosophe sioniste Bernard Henri-Lévy lui promet, en direct à la télé, un gros chèque pour son "« association féministe» juste après l'émission (ici à la min 9). (Ayari, qui n'a apparemment jamais eu d'emploi ni de revenu stable, se plaint régulièrement de sa situation financière difficile et sollicite de l'argent de ses partisans sur Facebook pour elle et pour son "association").

Christelle" / Paule-Emma A. (Deuxième Plaignante)

Outre le fait que ses prétendues preuves font également défaut ou ont été invalidées par les investigations et les expertises techniques, la laissant, comme Henda Ayari, avec absolument rien pour soutenir ses accusations, pas même un seul témoin, la crédibilité de cette deuxième victime présumée s'est effondrée encore de manière plus spectaculaire que celle de Henda Ayari et Mounia Rabbouj. "Christelle" avait très tôt admis devant les juges qu'elle avait créé de faux comptes email sous le nom de Tariq Ramadan pour diffuser de faux messages en son nom et discréditer sa réputation. Cela donnait déjà une idée de sa loyauté et de son caractère. Mais bien pire encore a été révélé depuis.

Après une longue et minutieuse enquête de six mois, le Muslim Post a révélé en avril que "Christelle", de son vrai nom Paule-Emma A., qui s'est présentée comme une pieuse musulmane convertie et a expliqué dans tous les médias qu'elle a été brutalement violée et battue alors qu’elle cherchait « un conseil religieux auprès de Tariq Ramadan », était en fait une suprématiste blanche occidentale et une militante du Front National de Marine Le Pen! (Ces révélations, jamais démenties par la plaignante ou ses avocats, sont maintenant pleinement corroborées par les juges eux-mêmes qui, après la publication de l’article d'enquête du Muslim Post, ont commencé à utiliser son vrai nom aussi).

Après avoir brigué les élections sur la liste d'un autre parti de droite, anti-immigration, traditionaliste et souverainiste, "Christelle" / Paule-Emma A. a fondé le site web « Femmes Françaises Magazine », anciennement «Femmes pour Marine Le Pen »). Derrière son titre trompeur et ses photos glamour, Femmes Françaises est un site trash du pire genre, un blog islamophobe et raciste entièrement dédié à présenter tous les musulmans comme des terroristes et l'islam comme une menace et une religion de la haine. Rappelez-vous: la femme qui l'a fondée s'est présentée aux médias comme musulmane convertie à l'islam depuis 2007. Les minorités ethniques, les citoyens français et arabes, les immigrés et les réfugiés sont systématiquement décrits comme des criminels, des violeurs, des assistants sociaux (au mieux), et des dangers pour la nation française et la citoyenneté, elles-mêmes présentées comme éternellement blanche et chrétienne et pourtant menacée par « l'islamisation » et par des élites « multiculturalistes » faibles, lâches et traîtres qui n'ont pas le courage de protéger leur pays contre ces hordes d'envahisseurs bruns, barbares et musulmans. En d'autres termes, il s'agit du genre le plus cruel et le plus vulgaire de suprématisme occidental blanc et islamophobe. Comparé à Paule-Emma A., Trump (celui du Muslim Ban et des accusions des Mexicains comme violeurs) ferait figure d'activiste antiraciste dévoué.

Ironie du sort, alors que Paule-Emma incarnait une convertie musulmane en quête de conseils religieux auprès de Tariq Ramadan et trompait tous les médias complices dans son imposture, l'une des bêtes noires du « Femmes Françaises Magazine » n'est autre que Tariq Ramadan lui-même et les Frères musulmans.

Sur son site internet, on peut lire des titres tels : des touristes américains agressés et volés par des « racailles algériennes » ; « 400 djihadistes» « soutenus par l'Irak »« attendent des ordres pour attaquer l'Angleterre » ; de courageuses Françaises « ont été violées et tuées par la horde sauvage » (des noirs, évidemment), qui torturent aussi des bébés. (On remarque que beaucoup de ces titres sont en fait des reportages issus d'autres blogs suprématistes chrétiens et Trumpistes connus tel que Dreuz Info). Ou encore un article sur un musulman nigérian ("Mohammed"), ses « 86 femmes et 170 enfants »; des vidéos et des photos de « jeux de viols collectifs arabes "» ; et (mon préféré), « le cheikh saoudien tué par l'âne qu'il essayait de sodomiser » !

Tout est du même genre si ce n'est pire. Et l'esprit créatif derrière tout cela n'est autre que la "Christelle" anonyme, deuxième accusatrice de Ramadan, paradée et religieusement écoutée par tous les médias, qui ont pris ses propos pour argent comptant sans se soucier de procéder à une simple vérification de ses antécédents, comme l'aurait fait tout journaliste digne de ce nom, surtout quand l'accusé est l'Ennemi public musulman numéro un de la France.

Dans des pièces subséquentes, méticuleusement étayées par des preuves concrètes provenant des enquêtes policières et du dossier judiciaire de Paule-Emma, le Muslim Post révéla également que Paule-Emma A. communiquait depuis des années avec d'autres personnes, dont Caroline Fourest (ennemie jurée de Ramadan depuis le début des années 2000) afin, selon ses propres termes, « de mettre fin à la carrière politique de Ramadan à sa propre façon ». Elle a également avoué à une ami proche qu'elle en avait « marre » d'être « harcelée par des journalistes, des éditeurs, les services secrets français et des politiciens », qui l'auraient apparemment fait chanter pour la pousser à accuser Ramadan de viol. Au cours de cette période, probablement dans le cadre de cet harcèlement, elle a fait l’objet de pas moins de quatre enquêtes fiscales de la part des services fiscaux français, ce qui est vraiment exceptionnel pour une personne ordinaire. (Extraits de ces conversations ici).

Suite à ces révélations, l'avocat de Ramadan a demandé qu'une enquête soit menée sur tout cela, y compris sur la subornation des témoins. Cette demande, comme toutes les autres, a été refusée, même si elle aurait dû être automatique, voire d'usage, compte tenu de la preuve tangible venant notamment des appareils électroniques de la plaignante et des enquêtes policières.

Et, tout comme dans le cas d'Henda Ayari, les conclusions de la police ont jusqu'ici systématiquement contredit et invalidé les affirmations de Paule-Emma. La liste est trop longue mais à titre d’exemple, la chambre d'hôtel qu'elle a décrite, là où elle aurait été [soi-disant] violée, ne correspond en rien à la chambre d'hôtel réelle de l’époque (malgré le fait, selon elle, d’y être restée toute la nuit suite à son viol [présumé] - seule après le départ de Ramadan pour sa conférence de 21:00 - et que, selon ses aveux, elle aurait quitté le matin après le petit déjeuner, signifiant qu'elle aurait passé une bonne dizaine d’heures dans cette chambre). Les registres de l'hôtel contredisent d'autres détails qu'elle a donnés (par exemple, il y avait des gens dans les chambres à côté de la sienne, alors qu'en réalité elles étaient toutes vides et sans occupants). Aucun des témoins qui, selon elle, l’auraient vue meurtrie, en larmes et traumatisée juste après son viol (commis d'hôtel, chauffeur d'autobus, etc.), ne se souviennent de quelque chose de ce genre, bien que la police ait réussi à les trouver et les interroger. Et ainsi de suite.

Il est maintenant clair que non seulement les dossiers de la première et la deuxième femme (Henda Ayari et "Christelle" / Paule-Emma A., la fausse musulmane convertie) sont complètement vides de toute preuve corroborante ou de témoins, mais tout porte à croire qu'elles mentent grossièrement. Toutes les deux étaient en contact prolongé et soutenu avec l'ennemie jurée de Ramadan, Caroline Fourest, chose qu'elles ont toutes deux tenté de dissimuler aux juges, avant de s’en «souvenir», mais seulement lorsqu'elles étaient mises devant le fait accompli par l'avocat de Ramadan.

En tous les cas, leurs accusations ainsi que leur crédibilité se sont totalement effondrées ces derniers mois. Les preuves disculpant Tariq Ramadan dans les deux cas sont totalement écrasantes. Tandis que, comme expliqué ci-dessus, les juges ont reconnu le 5 juin que le dossier de la troisième plaignante ("Marie" / Mounia Rabbouj, l'ancienne escorte de DSK et de plusieurs émirs du Golfe) n’était jusqu’à présent pas concluant. Le dossier de la quatrième et dernière plaignante européenne (une Suissesse) est pour l'instant, à ce stade, aussi vide de toute preuve que les trois autres. Enfin, Tariq Ramadan n'a même pas été inculpé par les autorités américaines dans le cas de l’unique plaignante américaine.

Conclusion

À la lumière de cette montagne de preuves disculpatoires qui ne sont en fait accablantes que pour les plaignantes, il est tout simplement étonnant que les juges français, comme n’importe quel juge d'ailleurs, insistent pour garder Tariq Ramadan emprisonné et à l’isolement, avec un état de santé qui se dégrade, surtout lorsque des alternatives ont été proposées par ses avocats et que l'homme est dans tous les cas présumé innocent.

Pourtant, les tribunaux français ont récemment fait savoir à Ramadan, à sa famille et à son avocat qu'ils auront besoin de seize mois supplémentaires pour l'enquête. Les juges projettent clairement de le garder incarcéré jusqu'à son procès (soit près de deux ans), espérant probablement que de nouvelles accusatrices plus crédibles sortiront, maintenant que les trois affaires françaises se sont presque effondrées. Fait intéressant, les juges ne prétendent même pas qu’ils gardent Tariq Ramadan en prison parce que les documents dont ils disposent indiqueraient qu'il pourrait effectivement être coupable. Ce serait une justification pourtant bien plus convaincante que les trois excuses risibles qu'ils invoquent, mais c'est une justification qu'ils n'ont au demeurant encore jamais utilisée.

Tout ceci suggère que les dossiers sont effectivement vides et que Tariq Ramadan devrait en toute équité être libéré jusqu'à son procès afin qu'il puisse travailler correctement sur sa défense, recevoir les soins médicaux dont il a grandement besoin et se voir accorder la présomption d'innocence qui a été accordée à toutes les autres personnalités publiques accusées de viol ces derniers mois.

Source : https://www.milestonesjournal.net/articles/2018/6/17/the-tariq-ramadan-case-a-critical-update


*** Alain Gabon est un citoyen français et professeur agrégé d'Etudes Françaises basé aux États-Unis. Il dirige le département des langues et littératures étrangères de la Virginia Wesleyan University et a rédigé de nombreux articles et essais sur la France contemporaine et l'islam en Europe pour des revues académiques et des groupes de réflexion, notamment la Cordoba Foundation et les grands médias comme Saphirnews et Les cahiers de l'Islam.

https://www.lereveilcitoyen.com/tariq-ramadan-une-importante-mise-a-jour

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The Tariq Ramadan Case: A Critical Update

By Alain Gabon

Following rape accusations, Tariq Ramadan, Europe’s most influential Islamic intellectual, has now been incarcerated in France for over four months since February 2, despite the presumption of innocence. He has furthermore been placed in solitary confinement and to this day has been denied access to his own judicial file (and private mail, outside communications, etc.), obviously rendering his legal defense complicated, which one might think is precisely the whole point. For more background information on this affair, see here.

Besides the systematic vilification he continues to suffer in the mainstream media without being able to talk back and defend himself against this veritable lynching, his legal treatment by France’s justice system has literally been harsher than that of a convicted rapist or even murderer. For example, his own close relatives including his wife and children were denied visitation rights for nearly two months for no reason whatsoever, which is all the more unjust in the case of a person who, by French law, is supposed to be presumed innocent.

Even more shockingly, though in jail for already four months, it was only on June 5 that his judges accepted to listen to him for the very first time, after they denied his prior requests to be auditioned.

To our knowledge, no other high-profile personality accused of rape during that same time frame, including most notably President Macron's two ministers Gérard Darmanin and Nicolas Hulot, has been placed in preventive detention while innocent until proven guilty. Ramadan remains the only one. This strongly suggests that the rape accusations were just a pretext to silence and eliminate him, as France’s media and politicians had been trying to do for a good fifteen years already, without success. The obvious double standard, easily visible in every aspect and at every stage of this affair, therefore suggests that Tariq Ramadan is indeed a political prisoner. If not, then why has he been singled out from day one and subjected to such an exceptional treatment well outside French judicial norms?

Deteriorating Health

Medically and mentally, Ramadan is not doing well at all. The rare few persons who have been authorized to visit him (his close relatives, lawyers and the Swiss consul) all testified that his health and physical appearance have rapidly, steadily and dramatically deteriorated. His lawyer, whose access to his own client is also restricted, expressed shock at the fact that “he now looks like his own father”. The multiple sclerosis and neuropathy he suffers from require, among other treatments, four massage therapy sessions a week. He is receiving only one. Only a neurologist can treat his neuropathy, yet, as of June 10, he has not seen any for three months.

Despite his double illness, Ramadan was strong and healthy when he entered jail, to the point very few knew about or suspected he had for years been afflicted by long-term diseases. But he can now barely walk, he must use a wheelchair or clutches to come to the parlor, and he is in quasi constant pain (lower limbs, head, hands, severe migraines and more including depression and episodes of anxiety attacks). He has visible physical lesions on his body, his hair is now entirely white, and he has become incontinent. For the first time in his life, he was too weak to do the Ramadan this year. His family is now worried he may suffer durably debilitating physical damage. Again, some may think this is also the goal intended: Ramadan had been such a thorn in the thighs of all French Powers that Be for so long that most wanted with a real vengeance this “indomitable Muslim” to be eliminated from the public arena any way possible. Besides, mocking and laughing at his medical hardship on the social media, or for journalists like Jean-Pierre Elkabbach, bluntly retorting “You won’t make us feel sorry for Tariq Ramadan” (after he himself solicited information on his health from his lawyer!) has become routine.

Despite this, and in deliberate ignorance of no fewer than 9 different medical certificates (including at least one from the chief physician of a prison hospital) that assessed his health condition was not compatible with jail, the courts decided to follow the one medical examiner (whom they themselves had chosen) who had concluded his health was “not incompatible with incarceration provided he receives all the medical treatment he needs” (which he clearly isn’t anyway).

The fact that he has spent most of these four months in various prison hospitals dying a slow death (he is now back again at the Fresnes prison medical unit) shows how his medical condition is “compatible” indeed with prolonged incarceration.

Due to his rapidly deteriorating physical condition, his lawyer recently asked for another medical examination. Even that was denied by the judges.

A Kafkaian Justice System

Ramadan’s numerous requests for liberation, assorted with concrete alternative offers including electronic bracelet, surrendering his passport, and even being placed in a communal house under house arrest and police surveillance, have also all been denied. The justifications provided by the judges from the appeal courts are frankly ridiculous and even absurd. To keep him jailed and in solitary confinement, they invoke three reasons: that if liberated, he might try to “escape to another country”, that he may “exert pressure to intimidate his accusers”, and that he may “commit new rapes”.

The fear he may seek to escape is ludicrous on at least three counts: first, he has himself offered to surrender his passport and be placed under police surveillance; second, fleeing would not only make him a fugitive and an outlaw (which so far he is not) but it would also constitute an admission of guilt and annihilate his chances to be acquitted; third, his cooperation with France’s justice system has always been absolute, something no one denies. “Exerting pressure on his presumed victims” would also be suicidal and could only aggravate his already awful situation including his judicial status. Besides, what “pressure” could he exert, with no allies and only enemies everywhere hell-bent on keeping him jailed for life and exploiting his slightest faux pas?

But the third reason (that he may “reiterate crimes of rape”) is both the most shocking, the most grotesque, and the most revealing of the partial mindset of judges who from the start have been utterly devoid of objectivity and basic judicial fairness: claiming that Ramadan must stay behind bars in order to “avoid further rapes” is a legal oxymoron that shows his judges have already declared him guilty before the trial and even before the investigations are over. Besides, provided they are even sincere, what suicidal madman would, in Ramadan’s situation, try rape “again” while being placed under house arrest, in full media limelight and with police surveillance on his back 24/7? If those judges truly believe such imbecilities (there is no other word), then it shows that for them, Ramadan is not a normal human being capable of reason or basic instinct of self-preservation, but an out-of-control animal solely animated by a bestial drive to “rape” no matter what. Which corresponds to how his accusers and the media have portrayed him for months: as at best, a sex monster and a brute devoid of any humanity (“the more I was yelling, the more he was beating me up”, said one), a frightening character straight from some serial killer horror movie.

Yet, his three judges continue to invoke those laughable reasons with a straight face, in obvious disingenuity and bad faith.

A turning point? No third indictment

On June 5, in what may a turning point in the affair and the first positive (for Ramadan) development since his incarceration, the case of his third accuser (“Marie”, real name Mounia Rabbouj, a former escort-girl rendered famous by the DSK sex scandal) was dropped by the judges, when, with his lawyer Emmanuel Marsigny, Ramadan was finally auditioned for 6 hours and could for the first time make his own case at length and produce massive counter-evidence totaling 300 videos and 1000 photos. On one smartphone video, the woman filmed herself comfortably seated in a train, talking lovingly to Ramadan, looking perfectly relaxed and happy, saying she is anxious to see him again soon. She ends her message with a touching and heartfelt “I love you very much, my love”. This was the day after one of her nine alleged “traumatizing” rapes, which, between two sobs, she described to the media and judges as horrifically violent, a true torture and beating up session that left her durably terrified, adding “that night, I thought I was going to die” (watch her video interview here).

Considering the overwhelming exculpatory evidence Ramadan was finally able to present on June 5, the judges declined to prosecute him, though Mounia’s embittered lawyer claims he may still be formally charged later on, which at this point sounds like wishful thinking.

As for the one U.S. case against the Swiss theologian, the investigation apparently continues yet Ramadan has to this day not been charged, and there has been no information whatsoever about that case for months from the American authorities. After getting excited there was at least one accusation against him outside France and Switzerland, most French media are no longer referring to that affair either.

But there is a lot more. Like the case of that third presumed victim (“Marie”/Mounia Rabbouj), which at least for the moment has been dropped by the judges, the accusations of the first two women as well as their credibility have also at this point completely collapsed, to the point it is frankly surprising that the French courts are insisting on keeping Ramadan incarcerated, especially given the presumption of innocence that was supposed to apply to him too, but never did.

Henda Ayari (First Plaintiff)

Despite her ubiquitous media presence and red carpet VIP treatment by France’s talking heads, journalists and show hosts (as well as several prominent right-wing politicians who received her), Henda Ayari (the first and most famous accuser) has to this day been incapable of producing a single piece of evidence in 8 months, even a tiny one, to back her accusation. Incidentally, the same is true of the anti-Ramadan media, which suggests they truly have nothing to show against him. If they had any evidence, they would be all too happy to make headlines out of it, considering the heinous rage they have invested for years in vilifying and bringing him down by any means possible.

Ayari initially claimed she could prove her truthfulness. Yet, 8 months later, her computers, cell phones, etc. have all been searched by the police, the technical expertise is over and has produced no evidence whatsoever. In sharp contrast, Ramadan's lawyer did manage to show that her claims were at best false, for example when she said she had stopped all communication with Ramadan in mid-2013, yet nearly 300 emails from her to Ramadan where excavated, dated June-August 2014, in which furthermore she herself was asking Ramadan to see her, meet her, and not cut her off from his contacts. This, after her alleged rape, and after she claimed abundantly on all media she was "terrified" by Ramadan to the point that "even pronouncing his name was difficult". The evidence from her own electronic devices strongly suggests that she, too, like “Marie”-Mounia Rabbouj, was just lying and was most likely the one harassing Ramadan with no success. One of her texts (again, from after her alleged rape) reads: “I know you will never be in love in me, but next week, you will be between my thighs.”

She too abundantly, repeatedly and graphically described her rape as horrific, bestial, ultra-violent, sadistic, terrifying, and deeply traumatizing, saying “I thought I was gonna die” (a recurrent leitmotif that the other three women simply seem to have copied from that first accusation along with others, especially “falling under his mental grip”, his emprise mentale). And yet, Ayari admits that she was the one who wanted to meet Ramadan again after that “traumatizing and terrifying rape” she describes as a “nightmare”, that she did everything she could for that, and that she even continued an “epistolary sexual relationship” with him (here at mns 4-6 of her latest tv appearance in a high-profile popular entertainment show).

None of the hundreds of text, Facebook and email messages produced by Ramadan’s lawyer and sent by Ayari herself after her alleged rape mention anything close to a rape or other acts of violence. Far from it, since many show her literally begging Ramadan not to “cut her off”, not to deprive her of access to him, asking him repeatedly to let her in (from her own communication, he himself was clearly not interested). At the very least, this is not typical of a woman who was recently raped and is “terrified” of the man. Especially when she also claims Ramadan threatened to kill her and her children! (here at mn 7).

It is also noteworthy—or at least it should have been for the judges—that besides the complete absence of material and concrete evidence of any type not to mention the accumulating counter-evidence, Ayari could not produce a single witness either to back her claims. Not even a relative or a close friend who could have testified she was bruised (she claims Ramadan strangled and beat her up too) or affected psychologically, emotionally, etc. But again, the witnesses against her are plenty, and they include both her parents, her older son, her former sister-in-law and others, who have formally testified already or agreed to testify in court that woman is a complete “mythomaniac” pathological liar who has for years been known as such by her family and close entourage (whom she abundantly trashes in her first book).

Ayari is now famous for her systematic contradictions and dramatic story changes. The latest? Faced with evidence her previous story was simply not possible, she just casually changed both the date and the place of her alleged rape so it fits. One can imagine how one could make a mistake about the date, but not remembering where one has been raped is a harder sell. Even better, the new date, which she claims she rectified “after searching around the house for a day” and finding “a little notebook” where she had written the day of her meeting with Ramadan, also proved to be impossible! In her modified version, the rape happened on May 26, 2012 (as opposed to “sometime between March and April” in her prior version). She said she now remembers clearly because that day, “it was pouring rain in Paris” and when she arrived from Rouen, the rain messed up her hairstyle and she even had to change clothes. Bad luck: Ramadan’s lawyer Emmanuel Marsigny verified the Paris weather that day from Météo-France (the national official weather institution), which confirmed to him that not a single drop of rain fell anywhere in Paris during that entire day and night.

Ayari has not explained that latest mishap nor has she been asked any question about that by the deeply empathic media, but there’s no doubt she will find another “little notebook” somewhere to adjust again her story, in the unlikely case a judge asks her about that latest impossibility of her new rape narrative.

Finally, people who were expected to testify on her behalf have actually further contradicted and invalidated her story. For example, Ayari said that right after her “traumatizing and terrifying rape”, she went to see her close friend “Malica A.” for some comfort. Yet, auditioned by the judges, Malica A. declared that Ayari was then “in her normal state, looking happy and thriving, she never mentioned any rape or incident, and she had no suspicious traces on her face or anywhere else” (though she was supposed to have just been beaten up savagely too).

More surprisingly, none of this damning and accumulating counter-evidence seems to bother or interest Ramadan’s judges in any way and even less affect their determination to keep him jailed for no serious and credible reason.

Fully capitalizing on her newfound fame and status as a minor icon among white Western supremacists and other raging Islamophobes (she recently received the support of Robert Spencer, a key figure of the U.S. Islamophobia Industry, which did not bother her a bit), Ayari is not even trying anymore to offer evidence of her accusations (clearly, she has none) or explain her ceaseless contradictions, radical story changes, and extravagant claims (e.g. each time she says she is about to produce hard evidence, that material somehow mysteriously disappears without a trace, “gets stolen from her car”, etc.).

A media seeker who long before finally grabbing the limelight thanks to her accusation was already posturing (without success) in interviews and sensationalist tabloids like Closer as an “ex-Salafist who liberated herself from Islamism to become a free, modern woman,”Ayari is now busy promoting her new book (opportunistically titled “I won’t be veiled, I won’t be raped” and advertised as “Written by the first woman who accused Tariq Ramadan of rape”), while hyping herself every possible way as a “survivor of Salafism” and a role model of “feminist, laicist, anti-Islamist emancipation”. Between two tearful media appearances, she regularly vilifies other Muslim women (the “wrong” type, the veiled ones, Salafists etc.) on her Facebook page and tweeter account (whose followers are quasi exclusively white French Islamophobes of various political stripes), gratuitously accusing other Muslims of being dangerous "Islamists", demanding France ban all Salafists and close their mosques, and so on. She obviously seeks to attract the attention and favors of France's Powers that Be and Zionist circles with the usual "laicist-anti-Islamist" dominant and pseudo-patriotic discourse on the “values of the French Republic”,a discourse that in France is guaranteed to fare well especially when it comes from a Muslim or former Muslim Arab.

Ayari has now fully cast herself as a pale French version of an Ayan Hirsi Ali, though unlike Ali she says she is still a Muslim. In today’s French culture, Ayari is one of the “right” kind of Muslim women the French state and dominant media instrumentalize (with their full consent) to try delegitimize, control, “reform”, exclude or break other Muslims—the “wrong” kind, from veiled women to Salafists, from “Islamists” to organic Islamic intellectuals they cannot control, like Ramadan himself. Ayari’s daily, repetitive tweeter/Facebook production is choke-full of the usual groupthink, scare and anti-Muslim defamation such as "Islamism is the new Fascism and Nazism" or the classic "Antizionism equals antisemitism". In some posts, she openly accuses pro-Palestinian activists of being essentially a bunch of anti-Semites too, all things for which she is generously rewarded (including financially), for example when the Zionist philosopher Bernard Henri-Lévy promises her, live on tv, a fat check for her “feminist association” right after the show (here at mn 9). (Ayari, who has apparently never had a job or steady income, regularly complaints about her difficult financial circumstances and solicits money from her Facebook followers for both herself personally and her “association”).

“Christelle” / Paule-Emma A. (Second Plaintiff)

Besides the fact her alleged evidence too proved to be lacking or was invalidated by the technical expertise, leaving her, like Ayari, with absolutely nothing to back her accusation and no witnesses either not even one, the credibility of this second alleged victim has fallen apart even more spectacularly than that of Henda Ayari and Mounia Rabbouj. “Christelle” had early on admitted in front of the judges that she had forged false email accounts in Ramadan’s name to disseminate fake messages in his name and discredit his reputation. This already gave an idea of her trustworthiness and character. But a lot worse has come out since.

Following a long and meticulous 6-month investigation, the Muslim Post revealed in April that “Christelle”, real name Paule-Emma A., who presented herself as a pious Muslim convert and explained in all media she was brutally raped and beaten up while “seeking religious advice from Tariq Ramadan”, was in fact, a White Western supremacist and a right-wing National Front activist for Marine le Pen! (Those revelations, never denied by the plaintiff or her lawyers, are now fully corroborated by the judges themselves, who after the publication of the Muslim Post’s investigative piece started using her real name too).

After running for elections on the list of another right-wing, anti-immigration, traditionalist/sovereignist party, "Christelle"/Paule-Emma A. founded the web site "Femmes Françaises Magazine" (“French Women Magazine”, formerly “Women for Marine le Pen”). Behind its misleading title and glamor pics, Femmes Françaises is a trash site of the worst type, an Islamophobic and racist blog entirely dedicated to presenting all Muslims as terrorists and Islam as a threat and a religion of hatred. Remember: the woman who founded this introduced herself to the media as a Muslim converted to Islam since 2007. Ethnic minorities, dual French-Arab and African citizens, immigrants and refugees are systematically portrayed as criminals, rapists, welfare suckers (at best), and dangers to a French nation and citizenry itself presented as eternally white and Christian yet threatened by “Islamization” and by weak, cowardly and treacherous “multiculturalist” elites who don’t have the guts to protect their country against those hordes of barbaric brown-skin Muslim invaders. In other words, the crudest and most vulgar type of racist and Islamophobic White Western Supremacism. Paule-Emma A. literally makes Trump (that of the Muslim bans and Mexicans as rapists) look like a dedicated antiracist activist.

Ironically, whereas Paule-Emma impersonated a Muslim convert in search of religious guidance from Tariq Ramadan and fooled all the complicit media in her imposture, one of the bêtes noires of “Femmes Françaises Magazine” is none other than Ramadan himself and the Muslim Brotherhood.

Here, from her web site, American tourists aggressed and robbed by “Algerian scum”. Here, “400 Jihadists” backed from Iraq are “waiting orders to attack England”. Here, more brave French people “raped and killed by the savage horde” (black people, evidently), who are also torturing babies. (One notices much of these are reposts of other better-known White Christian supremacist and Trumpist blogs like Dreuz Info). Here, a piece on a Nigerian Muslim man (“Mohammed”), his “86 wives and 170 children”. Here, videos and photos of “Arab collective rape games”. And (my personal favorite), “the Saudi sheikh killed by the donkey he was trying to sodomize”.

Everything is of the same ilk or worse. And the creative mind behind all this is none other than the so-far anonymous “Christelle”, Ramadan’s second accuser, paraded and religiously listened to by all media, who took her every word at face value without bothering to conduct even a basic background check as any journalist worthy of that name would have done, especially when the accused is France’s Islamic Public Enemy Number One.

In subsequent pieces, all meticulously backed by hard evidence straight from the police investigations and Paule-Emma’s own legal file, the Muslim Post also revealed that for years, Paule-Emma A. had been communicating and plotting with others including Caroline Fourest (Ramadan's sworn enemy since the early 2000s) in order to, in her own words, "end Ramadan's political career (?) our own special way". She also at some point, in a phone conversation, confessed to a close friend that she was “fed up” with being "harassed by journalists, publishers, the French secret services and politicians”, who were apparently blackmailing her to push her to accuse Ramadan of rape. During that period, most likely as part of that harassment, she went through no fewer than four fiscal investigations from the French tax services, which for an ordinary person is truly exceptional. (Excerpts from those conversations here).

Following those revelations, Ramadan’s lawyer requested that an investigation be conducted into all this including witness tampering. That request, like all the others, was denied, though it should have been automatic, even routine, given the hard evidence, which was furthermore coming from the plaintiff’s own electronic devices and the police investigations.

And just like with Ayari, the police findings have so far systematically contradicted and invalidated Paule-Emma’s claims. The list is too long but for example, the hotel room she described where she was supposedly raped corresponds in no way to the actual hotel room at that time (despite the fact she said she stayed the whole night there after her rape—alone after Ramadan left for his 9 p.m. conference—and in her admission only left in the morning, after breakfast, meaning she spent a good 10 hours in that room). The hotel records contradict other details she gave (for example that there were people in the rooms next to hers, while in reality they were all empty and without guests). None of the witnesses she said had seen her, bruised, in tears and traumatized right after her rape (hotel clerks, bus driver, etc.), remember anything of the sort though the police managed to find and interrogate all of them. And so on and so forth.

It is now clear that not only the files of the first and second women (Henda Ayari and “Christelle”/Paule-Emma A., the false Muslim convert) are completely empty of any corroborating evidence or witnesses, but everything suggests they have been lying to their teeth. The two of them were furthermore in prolonged and sustained contact together and with Ramadan’s arch-enemy Caroline Fourest, something they also both tried conceal from the judges, before “remembering”, but only when presented by evidence from Ramadan’s lawyer.

At any rate, their accusations as well as well as their credibility have totally crumbled in the past few months. The exculpatory evidence in both cases is already overwhelming. Meanwhile, as explained above, the judges have recognized on June 5 that the third plaintiff (“Marie”/Mounia Rabbouj, the former escort girl of DSK and various Gulf emirs) had no case so far, and they declined charging Ramadan in that third affair. The file of the fourth and last European plaintiff (a Swiss woman) is as far as we can tell at this point as empty of any proof as that of the other three. Finally, Ramadan has not even been charged by the U.S. authorities in the case of the one American plaintiff.

Conclusion

In the light of this mountain of exculpatory evidence that is truly damning but only for the plaintiffs, it is simply astonishing that the French judges, any judges for that matter, would insist on keeping Ramadan jailed and in solitary confinement, furthermore in poor and declining health, especially when alternatives have been offered by his lawyers and the man is supposed to be presumed innocent anyway.

Yet, the French courts have recently signified to Ramadan, his family and his lawyer that they will need another 16 months for the investigation. The judges are clearly planning to keep him jailed all this time until his trial (meaning for almost two years), probably hoping that new, more credible accusers will come out, now that the three French cases have all but collapsed. Interestingly, they are not even arguing that if they want to keep him in prison, it is because the material they have on file suggests he might actually be guilty. This would be a far more convincing justification than the three laughable excuses they invoke, yet it is a justification they have never used.

Which suggests further that those files are indeed empty and that Ramadan should in all fairness be liberated until his trial so he can properly work on his defense, receive the medical care he badly needs, and be granted the presumption of innocence that has been granted to all other public figures accused of rape in these past several months.

Alain Gabon is a French citizen and Associate Professor of French Studies based in the United States. He is the head of the Department of Foreign Languages and Literatures at Virginia Wesleyan University and has written numerous papers and articles on contemporary France and Islam in Europe for academic journals and think tanks, including Britain's Cordoba Foundation and mainstream media outlets, such as Saphirnews and Les cahiers de l'Islam.

Some information in this article was first shared on the Sociology of Islam listserv.

https://www.milestonesjournal.net/articles/2018/6/17/the-tariq-ramadan-case-a-critical-update


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