Petition updateLettre ouverte à Delphine Horvilleur qui accuse Israël “d’affamer des enfants”“Delphine Horvilleur invente un judaïsme tout entier dressé contre le destin juif” (A. Finkielkraut)
Pierre LURCATFrance
May 12, 2025

Je viens de tomber sur ce texte très éclairant grâce à l’Observatoire juif de France, dont il faut saluer le travail méritoire contre l’antisémitisme en France. L’OJF l’a republié en réaction aux propos scandaleux de Delphine Horvilleur, qui continuent de susciter l’indignation légitime de la communauté juive et de tous les amis d’Israël.

 

En lisant cet échange entre Alain Finkielkraut et Pierre Manent, il m’a semblé qu’A. Finkielkraut avait mis le doigt sur un aspect essentiel de “l’imposture Horvilleur” (il emploie lui aussi ce mot la concernant). Cet aspect, Finkielkraut l’appelle un “judaïsme dressé contre le destin juif”, c’est-à-dire contre l’identité et contre la transmission. Dire “merde à l’identité”, de la part d’une femme qui se dit rabbin, c’est effectivement le comble de l’inconséquence, ou de la trahison intellectuelle.

 

Comme le dit Finkielkraut, Delphine Horvilleur “Tend à l’hyper modernité, en guise de judaïsme, un miroir où elle rit de se voir si mélangée”. Jolie métaphore pour dire combien la rabbin-people a dilué l’identité juive, au point qu’il n’en reste que peau de chagrin. Son judaïsme médiatique et dans l’air du temps n’a plus grand chose à voir avec la Tradition, notion qu’elle récuse puisqu’elle semble, tout comme son personnage Ajar, “rompre avec la filiation”.

 

Cette analyse est d’autant plus remarquable à mes yeux qu’elle émane de quelqu’un qui partage grosso modo les opinions politiques de D. Horvilleur (même s’il ne les a pas exprimées de manière aussi scandaleuse). Mais Finkielkraut reste un intellectuel, capable (parfois) de penser contre son camp. Qu’il en soit remercié.

 Pierre Lurçat

“Delphine Horvilleur invente un judaïsme tout entier dressé contre le destin juif” (A. Finkielkraut). - VudeJerusalem.over-blog.com

Alain Finkielkraut

Je me souviens d’un article du Débat de Tony Judt en 2004 où il disait : 

« Dans le monde du mélange, où les obstacles à la communication sont presque effondrés, où nous sommes toujours plus nombreux à avoir des identités multiples, des identités électives, Israël est un véritable anachronisme. » Ce mot m’a fait sursauter. Il actualise le vieux réquisitoire, développé également, il faut le dire, par Pascal, contre le juif charnel, le juif de génération en génération. Ce réquisitoire, je le retrouve, à ma grande stupéfaction, dans des propos et dans le dernier livre de Delphine Horvilleur : Il n’y a pas de Ajar. Le héros de ce monologue, fils putatif du pseudo de Romain Gary, n’y va pas avec le dos de la cuiller : « Merde à l’identité, merde à l’engendrement », dit-il. Et il fustige les appartenances, il s’appuie sur Abraham pour rompre avec la filiation.

 

Delphine Horvilleur invente un judaïsme tout entier dressé contre le destin juif. Elle réussit le prodige de judaïser le procès du juif charnel. C’est pour moi une imposture, et même une impiété. Tendre à l’hyper modernité, en guise de judaïsme, un miroir où elle rit de se voir si mélangée, ce tour de force me met hors de moi.

 

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