La Documentation Photographique en danger!

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Suite à l'initiative d'une tribune, cosignée par de nombreux universitaires parue dans Le Monde le 17 avril 2018, à propos du triste état de la Documentation française  http://www.lemonde.fr/idees/article/2018/04/17/l-edition-publique-et-le-parti-pris-de-l-ignorance_5286547_3232.html complétée par l’émission d’Emmanuel Laurentin : « La fabrique de l’Histoire » sur France culture le vendredi 20 avril, nous souhaitons vous alerter sur le sort à venir de la revue d'histoire-géographie intitulée La Documentation photographique, qui éclairait pourtant le débat public en osant interroger toutes les périodes historiques et toutes les parties du monde pour offrir aux citoyens un regard informé et éclairé. Si vous partagez nos inquiétudes, n'hésitez pas à signer la pétition en ligne ici et à partager ce lien avec tous ceux que cette situation préoccupe. En vous remerciant par avance.

 Les membres démissionnaires du comité éditorial :  Raphaëlle Branche (université de Rouen), Françoise Dieterich (lycée Montaigne, Mulhouse), Boris Grésillon (université Aix-Marseille), Pierre Méheust (lycée Marie Curie, Versailles), Olivier Milhaud (Sorbonne Université), Pascal Orcier (lycée Beaussier, La-Seyne-sur-Mer),  Karim  Merakchi (collège Pablo Néruda. Stains)

 

 

L’édition publique et le parti pris de l'ignorance

 

La Documentation française, éditeur de référence de l'État, a pour mission d’informer les citoyens et de nourrir le débat public. Associée aux Journaux officiels, elle forme la Direction de l’information légale et administrative (Dila). À l’heure où l’info-divertissement et les fausses nouvelles gagnent un terrain inquiétant, cette voix ne semble pas de trop pour aider les Français à analyser et comprendre les grands défis contemporains. Sa direction semble cependant renoncer peu à peu à tenir son rôle dans l’arène publique, sous prétexte de modernisation et de passage au numérique.

Fin 2016, la direction de la Dila supprimait Problèmes économiques. Cette revue, pourtant très rentable financièrement, a formé depuis son origine en 1948 des centaines de milliers de citoyens et de décideurs. Elle a nourri un débat contradictoire, notamment (à travers l’éclairage apporté) par des articles issus de la presse étrangère. Si l’économie n’est pas au cœur du débat public aujourd’hui, quel domaine peut se targuer de l’être ?

Fin 2017, la direction de la Dila enterrait sa collection Réflexe Europe, le jour-même où le président Macron prononçait un discours enflammé sur l'Europe à la Sorbonne : “l'Europe (...) c’est notre histoire, notre identité, notre horizon, ce qui nous protège et ce qui nous donne un avenir”. Cette collection posait pourtant des questions de fond : La construction européenne est-elle irréversible ? À quoi sert la Banque centrale européenne ? L'Europe peut-elle faire face à la mondialisation ? À croire que l'administration et les citoyens français comprennent si bien les rouages de l’Union européenne qu'ils peuvent désormais se dispenser d’y réfléchir.

Aujourd’hui, la Documentation photographique, revue d’histoire et de géographie depuis 1947, est sur la sellette, malgré ses ventes remarquables. La direction de la Dila estime qu’il n’est plus dans ses missions de s'interroger sur un passé trop lointain. Seul le contemporain comptera à présent. La géographie est à peine en meilleure posture. Priorité à la France et à la comparaison avec ses voisins proches, place au regard occidentalo-centré. Comme si le décentrement n'avait aucune valeur. Comme si la connaissance de l'autre, du différent, qu'il soit de jadis ou de là-bas, n'apportait pas un rapport au monde riche de pertinence et d'ouverture d'esprit.

Non, décidément, c’est le parti pris de l'ignorance qui semble ici être adopté. Renoncer à nourrir le débat public ici et maintenant, c’est manquer, pour la Documentation française, à sa mission essentielle. C’est, plus largement, renoncer à participer à la construction d’un avenir fondé sur le vivre ensemble. Il est temps de redonner à cette maison une ambition claire et réelle au service du débat public, donc de la démocratie.

 



Francoise compte sur vous aujourd'hui

Francoise DIETERICH a besoin de votre aide pour sa pétition “Les membres démissionnaires du Conseil éditorial: La Documentation Photographique en danger!”. Rejoignez Francoise et 2 944 signataires.