

Les bibliothèques brûlent à Gaza
Le problème
La plupart des bibliothèques de Gaza sont détruites et brûlées par l’Etat israélien avec le soutien actif de Trump et la complicité de l’Union Européenne.
Des centaines de bibliothécaires et de journalistes qui transmettent l’information sur l’horreur que vivent la population gazaouie, avec l’empêchement de l’aide alimentaire et médicale ont disparu.
Malgré le projet de reconnaissance de l’Etat palestinien en septembre 2025, le ministère de la Culture, la BNF, les organisations et associations professionnelles comme l’Abf qui n’ont pas cessé de manifester à juste titre, leur soutien à l’Ukraine, observent un silence complice lorsqu’il s’agit des Palestiniens. Ces deux poids, deux mesures et cette neutralité à deux vitesses sont incompréhensibles par les bibliothécaires et les acteurs culturels qui observent une impartialité et une égalité de traitement de toutes les causes qui défendent les bibliothèques.
C’est pourquoi, nous demandons au ministère de la Culture, aux organisations et associations culturelles de dénoncer la destruction volontaire des bibliothèques palestiniennes, d'apporter leur soutien aux bibliothécaires, aux écrivains palestiniens et aux équipements culturels qui subissent ce culturicide.
Voici la lettre envoyée au BN de l'Association des Bibliothécaires de France restée sans réponse:
" Au dernier congrès de l’ABF, j’ai alerté les collègues présents à « l’atelier sur le positionnement des bibliothécaires entre neutralité et engagement » sur la situation dramatique, l’autodafé des bibliothèques à Gaza, la disparition physique et le déplacement contraint des bibliothécaires. C’est une situation qui relève du nettoyage ethnique et de la disparition forcée de la mémoire et de la vie culturelle palestiniennes.
Je sais que l’ABF n’est pas un parti politique ou un syndicat. Cependant, dans des situations limites engendrées par des politiques intérieures ou étrangères qui présentent un danger pour la vie des bibliothèques, elle a su se positionner sans perdre son impartialité dans le sens d’un positionnement juste et équitable. Ainsi, elle a pris position, à juste titre, en faveur de l’Ukraine[1] et pour le monde du savoir et de l’information aux Etats-Unis[2] en invitant au dernier congrès des collègues américains.
Pour ces raisons, je m’étonne du silence que vous manifestez vis-à-vis du culturicide que l’armée israélienne est en train de commettre à l’égard des bibliothèques, symbole d’éducation populaire et permanente, de transmission de l’information, des savoirs et de la conservation d’un patrimoine voué à l’oubli et à l’effacement volontaire dans une situation coloniale d’autant plus criminelle qu’elle bafoue le droit international, utilise la famine contre les civils et les humanitaires et s’inscrit dans le projet trumpiste de déplacer ou de faire disparaitre physiquement la présence palestinienne de Gaza[3].
Certains membres dirigeants de l’ABF s’entêtent à justifier ce silence par un positionnement de stricte neutralité qu’une organisation professionnelle est appelée à observer. Soit, dans ce cas, pourquoi pratiquer deux poids, deux mesures et une neutralité ou un engagement à deux vitesses selon qu’on est bibliothécaire ukrainien et américain ou bibliothécaire palestinien ?
Malgré les difficultés d’avoir des informations actualisées dues au black out de l’Etat israélien et de ses amis, à l’interdiction de la presse étrangère et à l’assassinat ciblé des journalistes palestiniens, je tiens à vous présenter des données confirmées dans leur majorité par l’ONU et le ministère palestinien de la Culture sur la situation actuelle des bibliothèques gazaouies. Ces informations émanent aussi des rapports de l’association des Bibliothécaires et archivistes de Palestine (LAP) et de l’association des Universitaires pour le respect du droit international de la Palestine (AURDIP) :
- Destruction totale de l’unique bibliothèque anglophone Edward Saïd crée en 2014 et assassinat, avec toute sa famille d’un ami bibliothécaire y travaillant Thoha Al Masri.
- Destruction complète des deux bibliothèques construites en 2008 par IBBY International, celle Al Taha pour les livres de jeunesse de Beït Hanoun et la bibliothèque du musée de Rafah.
- Destruction partielle de la bibliothèque municipale de Gaza crée en1999 suite au soutien de la Banque mondiale, du gouvernement français et de la ville de Dunkerque jumelée avec Gaza à l’époque de Michel Delebarre. Elle comprenait plus de 20 000 documents et rayonnait grâce à ses multiples actions culturelles en direction des enfants.
- Destruction des bibliothèques Al Naïm. Al Chourouk Al Daïm, Louboud Al Nahdha, Maghazi et Samir Mansour.
- Destruction des archives centrales de la ville de Gaza contenant 150 ans de documents relatifs à l’histoire de Gaza et assassinat de l’archiviste Marwan Tarazi
- Destruction complète de la bibliothèque Diana Sabbagh du Centre Culturel Rashad Al-Shawa et ciblage le 25 novembre 2024 d’une centaine de Palestiniens déplacés qui s’y abritaient.
- Destruction complète de la bibliothèque de la mosquée Al-Omari qui contenait 200 manuscrits et constituait l’une des plus importantes collections de livres rares en Palestine depuis le XIème siècle.
- Destruction complète de la bibliothèque de l’Institut Kanahan pour les nouvelles pédagogies.
- Destruction des quatre bibliothèques universitaires Al Aqsaa, Al Qods, Al Azhar, Jawahir Al Nhr et la Bibliothèque et le Musée National de l'Université Al-Israa.
Par ailleurs, les nombreux musées de Gaza abritant souvent des bibliothèques qui sont totalement ou partiellement détruites comme c’est le cas du musée de Rafah, du musée Akkad, connu pour sa riche collection de 2800 artefacts de la préhistoire à l'époque moderne, du musée Kararah abritant des artefacts archéologiques, du musée Deir Al-Balah , du musée Ibrahim Abu Sha’ar Heritage Diwan, spécialisé dans la culture bédouine mais également des musées Khudari, Shahwan et Khan Younis. Récemment l’unique église de Gaza vient d’être touchée.
En dehors du bibliothécaire Thoha Al Masri et de l’archiviste Marwan Tarazi précédemment cités, nous sommes sans nouvelles depuis 2024 du sort de la plupart des bibliothécaires déplacés. Enfin, plusieurs intellectuels palestiniens sont tués comme l’écrivain Abdul Karim Hashash, le directeur de Press House Bilal Jadallah, l’historien et universitaire Jihad Suleiman Al-Masri, le spécialiste de la littérature orale Iman Abu Saeed assassiné avec toute sa famille et la liste est longue.
Utiliser le présent historique pour évoquer l’ampleur des dégâts, les vies détruites de 60 000 palestiniens dont 18 500 enfants et autant de blessés, de ces penseurs, des bibliothécaires et de la destruction volontaire par Netanyahu et son armée des bibliothèques est une perte irréversible et une grande douleur. Plus qu’un conflit interne dans un pays provoquant des dégâts collatéraux ou la lutte d’un pays contre la dictature, le ciblage systématique des bibliothèques et des bibliothécaires à Gaza ainsi que tous les équipements culturels, présente les signes avant-coureurs d’un culturicide et d’un nettoyage ethnico-culturel qui méritent une attention de votre part au moins par un communiqué comme vous l’avez fait pour d’autres pays ou d’autres régions de France.
Wahed Allouche
[1] https://www.abf.asso.fr/1/218/957/ABF/-communique-solidarite-avec-lukraine-soutenons-la-democratie-et-la-liberte-dexpression
[2] https://www.abf.asso.fr/1/22/1130/ABF/-communique-soutien-au-monde-du-savoir-et-de-linformation-aux-etats-unis
[3] Voir la photo d’un soldat israélien largement médiatisée qui pose devant les flammes de la bibliothèque universitaire d’Al Aqsaa. https://www.liberation.fr/checknews/un-soldat-israelien-a-t-il-brule-des-livres-dans-une-bibliotheque-universitaire-de-la-ville-de-gaza-20240526_QNLL6LPITFFLFHE4H67AAI77JM/

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Le problème
La plupart des bibliothèques de Gaza sont détruites et brûlées par l’Etat israélien avec le soutien actif de Trump et la complicité de l’Union Européenne.
Des centaines de bibliothécaires et de journalistes qui transmettent l’information sur l’horreur que vivent la population gazaouie, avec l’empêchement de l’aide alimentaire et médicale ont disparu.
Malgré le projet de reconnaissance de l’Etat palestinien en septembre 2025, le ministère de la Culture, la BNF, les organisations et associations professionnelles comme l’Abf qui n’ont pas cessé de manifester à juste titre, leur soutien à l’Ukraine, observent un silence complice lorsqu’il s’agit des Palestiniens. Ces deux poids, deux mesures et cette neutralité à deux vitesses sont incompréhensibles par les bibliothécaires et les acteurs culturels qui observent une impartialité et une égalité de traitement de toutes les causes qui défendent les bibliothèques.
C’est pourquoi, nous demandons au ministère de la Culture, aux organisations et associations culturelles de dénoncer la destruction volontaire des bibliothèques palestiniennes, d'apporter leur soutien aux bibliothécaires, aux écrivains palestiniens et aux équipements culturels qui subissent ce culturicide.
Voici la lettre envoyée au BN de l'Association des Bibliothécaires de France restée sans réponse:
" Au dernier congrès de l’ABF, j’ai alerté les collègues présents à « l’atelier sur le positionnement des bibliothécaires entre neutralité et engagement » sur la situation dramatique, l’autodafé des bibliothèques à Gaza, la disparition physique et le déplacement contraint des bibliothécaires. C’est une situation qui relève du nettoyage ethnique et de la disparition forcée de la mémoire et de la vie culturelle palestiniennes.
Je sais que l’ABF n’est pas un parti politique ou un syndicat. Cependant, dans des situations limites engendrées par des politiques intérieures ou étrangères qui présentent un danger pour la vie des bibliothèques, elle a su se positionner sans perdre son impartialité dans le sens d’un positionnement juste et équitable. Ainsi, elle a pris position, à juste titre, en faveur de l’Ukraine[1] et pour le monde du savoir et de l’information aux Etats-Unis[2] en invitant au dernier congrès des collègues américains.
Pour ces raisons, je m’étonne du silence que vous manifestez vis-à-vis du culturicide que l’armée israélienne est en train de commettre à l’égard des bibliothèques, symbole d’éducation populaire et permanente, de transmission de l’information, des savoirs et de la conservation d’un patrimoine voué à l’oubli et à l’effacement volontaire dans une situation coloniale d’autant plus criminelle qu’elle bafoue le droit international, utilise la famine contre les civils et les humanitaires et s’inscrit dans le projet trumpiste de déplacer ou de faire disparaitre physiquement la présence palestinienne de Gaza[3].
Certains membres dirigeants de l’ABF s’entêtent à justifier ce silence par un positionnement de stricte neutralité qu’une organisation professionnelle est appelée à observer. Soit, dans ce cas, pourquoi pratiquer deux poids, deux mesures et une neutralité ou un engagement à deux vitesses selon qu’on est bibliothécaire ukrainien et américain ou bibliothécaire palestinien ?
Malgré les difficultés d’avoir des informations actualisées dues au black out de l’Etat israélien et de ses amis, à l’interdiction de la presse étrangère et à l’assassinat ciblé des journalistes palestiniens, je tiens à vous présenter des données confirmées dans leur majorité par l’ONU et le ministère palestinien de la Culture sur la situation actuelle des bibliothèques gazaouies. Ces informations émanent aussi des rapports de l’association des Bibliothécaires et archivistes de Palestine (LAP) et de l’association des Universitaires pour le respect du droit international de la Palestine (AURDIP) :
- Destruction totale de l’unique bibliothèque anglophone Edward Saïd crée en 2014 et assassinat, avec toute sa famille d’un ami bibliothécaire y travaillant Thoha Al Masri.
- Destruction complète des deux bibliothèques construites en 2008 par IBBY International, celle Al Taha pour les livres de jeunesse de Beït Hanoun et la bibliothèque du musée de Rafah.
- Destruction partielle de la bibliothèque municipale de Gaza crée en1999 suite au soutien de la Banque mondiale, du gouvernement français et de la ville de Dunkerque jumelée avec Gaza à l’époque de Michel Delebarre. Elle comprenait plus de 20 000 documents et rayonnait grâce à ses multiples actions culturelles en direction des enfants.
- Destruction des bibliothèques Al Naïm. Al Chourouk Al Daïm, Louboud Al Nahdha, Maghazi et Samir Mansour.
- Destruction des archives centrales de la ville de Gaza contenant 150 ans de documents relatifs à l’histoire de Gaza et assassinat de l’archiviste Marwan Tarazi
- Destruction complète de la bibliothèque Diana Sabbagh du Centre Culturel Rashad Al-Shawa et ciblage le 25 novembre 2024 d’une centaine de Palestiniens déplacés qui s’y abritaient.
- Destruction complète de la bibliothèque de la mosquée Al-Omari qui contenait 200 manuscrits et constituait l’une des plus importantes collections de livres rares en Palestine depuis le XIème siècle.
- Destruction complète de la bibliothèque de l’Institut Kanahan pour les nouvelles pédagogies.
- Destruction des quatre bibliothèques universitaires Al Aqsaa, Al Qods, Al Azhar, Jawahir Al Nhr et la Bibliothèque et le Musée National de l'Université Al-Israa.
Par ailleurs, les nombreux musées de Gaza abritant souvent des bibliothèques qui sont totalement ou partiellement détruites comme c’est le cas du musée de Rafah, du musée Akkad, connu pour sa riche collection de 2800 artefacts de la préhistoire à l'époque moderne, du musée Kararah abritant des artefacts archéologiques, du musée Deir Al-Balah , du musée Ibrahim Abu Sha’ar Heritage Diwan, spécialisé dans la culture bédouine mais également des musées Khudari, Shahwan et Khan Younis. Récemment l’unique église de Gaza vient d’être touchée.
En dehors du bibliothécaire Thoha Al Masri et de l’archiviste Marwan Tarazi précédemment cités, nous sommes sans nouvelles depuis 2024 du sort de la plupart des bibliothécaires déplacés. Enfin, plusieurs intellectuels palestiniens sont tués comme l’écrivain Abdul Karim Hashash, le directeur de Press House Bilal Jadallah, l’historien et universitaire Jihad Suleiman Al-Masri, le spécialiste de la littérature orale Iman Abu Saeed assassiné avec toute sa famille et la liste est longue.
Utiliser le présent historique pour évoquer l’ampleur des dégâts, les vies détruites de 60 000 palestiniens dont 18 500 enfants et autant de blessés, de ces penseurs, des bibliothécaires et de la destruction volontaire par Netanyahu et son armée des bibliothèques est une perte irréversible et une grande douleur. Plus qu’un conflit interne dans un pays provoquant des dégâts collatéraux ou la lutte d’un pays contre la dictature, le ciblage systématique des bibliothèques et des bibliothécaires à Gaza ainsi que tous les équipements culturels, présente les signes avant-coureurs d’un culturicide et d’un nettoyage ethnico-culturel qui méritent une attention de votre part au moins par un communiqué comme vous l’avez fait pour d’autres pays ou d’autres régions de France.
Wahed Allouche
[1] https://www.abf.asso.fr/1/218/957/ABF/-communique-solidarite-avec-lukraine-soutenons-la-democratie-et-la-liberte-dexpression
[2] https://www.abf.asso.fr/1/22/1130/ABF/-communique-soutien-au-monde-du-savoir-et-de-linformation-aux-etats-unis
[3] Voir la photo d’un soldat israélien largement médiatisée qui pose devant les flammes de la bibliothèque universitaire d’Al Aqsaa. https://www.liberation.fr/checknews/un-soldat-israelien-a-t-il-brule-des-livres-dans-une-bibliotheque-universitaire-de-la-ville-de-gaza-20240526_QNLL6LPITFFLFHE4H67AAI77JM/

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Pétition lancée le 18 août 2025