Monsieur le Président, La Guyane doit se développer, non plus être assistée

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La Guyane doit se développer.

Mrs Jadot et Wilson, que connaissez-vous de la Guyane (cf. tribune paru dans le journal Le Parisien le 03/06/2018) ?

Vous êtes respectivement professionnel de la politique et du cinéma, donc au regard de notre réalité territoriale, deux ultra-privilégiés.

Que connaissez-vous du quotidien de ce territoire frappé par la malédiction des 50 % : 50 % de la population a tour à tour moins de 20 ans, n’a pas de diplôme, rencontre des problèmes d’accès à un logement décent, à l’eau potable ou à l’électricité. Sans parler du numérique. Cette malédiction vire à la tragédie sociale avec une natalité et une immigration clandestine importantes dans un contexte financier exsangue des collectivités locales

Vous incarnez le cliché de l’homme Blanc, privilégié, vivant dans un confort quotidien certain et vous prétendez nous dire ce qui est bon pour le développement de notre territoire. N’avez-vous aucune décence ?

Les « saignées qui vont saccager la nature » sont celles qui ont permis à la France hexagonale d’être ce qu’elle est aujourd’hui. Et ces « saignées » persistent dans l’Hexagone sans que cela vous émeuvent outre-mesure.

Votre discours est celui du Nord au Sud. Au Nord l’extravagante exploitation des ressources planétaires avec une tardive prise de consciences et de vagues réformettes environnementales. Au Sud, l’interdiction formelle d’un développement qui se rapprocherait de celui du Nord. Il y a comme un relent colonialiste, non ?
Pour se développer, pour quitter « l’économie de comptoir » dans laquelle elle se trouve, pour ne plus dépendre des subsides de l’État, la Guyane a besoin d’activités. Vous évoquez le tourisme, la pêche et le bois. A quelle échelle ? Celle industrielle avec forcément un impact environnemental certain ou celle, sous-entendu, artisanale et in fine peu génératrice d’emplois
La Guyane est composée à 95 % de forêt, notre bilan carbone est ultra positif, nous sommes bien en avance de l’Hexagone e matière des énergies renouvelables
Le projet Montagne d’Or comme son nom l’indique est à l’état de projet. C’est aux guyanais qu’ils appartient d’y souscrire ou pas. En tout état de cause, la superficie dudit projet est infinitésimale (- 0.00004%) au regard d’un territoire grand comme le Portugal ou l’Autriche. Surtout, ladite superficie est déjà déforestée à plus de 50 % d‘orpaillage clandestin, facteur d’une pollution qui conduit au génocide larvé des amérindiens. Notre superficie est telle qu’en dépit des efforts de l’État, le record de sites d’orpaillages clandestins est battu chaque année.
"C'est la faute de l'Etat" selon Monsieur Jadot. Amis de l'Hexagone, souhaitez-vous que des compatriotes soient perpétuellement assistés via des minima sociaux qui font d'eux des citoyens de seconde zone? Les Guyanais ne veulent pas des prébendes de l'Etat. Ils veulent de la dignité, par là se doter des moyens de leur développement.
Les emplois verts ? Parlons-en, vous évoquiez la décision de Sarkozy et l’abandon d’un précédent projet minier contre la promesse d’emplois verts. 10 ans après et en dépit d’une concession de 120 hectares, cette promesse s’est traduite par … 0 emplois pour les guyanais. Aujourd'hui, le spatial est menacé. Il n'y a pas d'autres alternatives et les normes environnementales seront contrôlées.
Êtes vous prêts, vous le politique professionnel et vous l’artiste aux dizaines de films, à emprunter le chemin de la décroissance, à adopter le mode de vie de nombre de mes concitoyens, à vivre sous un carbet ouvert et dormir dans un hamac, sans accès à l’eau potable et à l’électricité, à vous priver d’internet et faire le deuil de vos nombreux voyages. La décroissance ne doit pas être que théorique. Sinon, je vous invite, à défaut de chercher l’or ou le pétrole, à trouver la juste définition des mots honnêteté et décence.



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