Les auteurs de violence conjugale et de contrôle coercitif utilisent la notion d’aliénation parentale pour obtenir la garde de leurs enfants. Ils continuent d’exercer la violence conjugale en instrumentalisant le système afin de détruire leurs victimes - le plus souvent des enfants et des femmes. En résultat, les victimes de violence conjugale subissent une victimisation secondaire par le système juridique.
À cause de ces «allégations aliénation parentale», les enfants sont retirés de force de leur milieu maternel protégeant et sont placés soit avec l'agresseur, soit confiés à des étrangers, comme des familles d'accueil ou des foyers de groupe.
Le gouvernement Legault a reconnu publiquement ce problème depuis au moins le 5 mars 2020, lorsque Sonia Lebel, ancienne ministre de la Justice du Québec, et Isabelle Charest, ministre de la Condition féminine du Québec, dans une entrevue
sur l'émission de Céline Galipeau «Ces femmes qu'on tue» [1] ont déclaré que les agresseurs utilisent l'aliénation parentale pour obtenir la garde des enfants et que tout le monde croit au mythe selon lequel, après la séparation, la violence prend fin et l'agresseur devient soudainement un bon père.
Simon Lapierre, chercheur spécialisé en violence conjugale, d’ailleurs membre d'un comité mis en place par le gouvernement Legault pour faire des recommandations afin de mieux soutenir les victimes de violence conjugale, a déclaré que l'aliénation parentale est utilisée par les agresseurs afin de détourner l’attention de leur comportements abusifs et de faire porter le blâme sur les victimes. [2]
Ses résultats de recherche indiquent que même lorsque les enfants ont été exposés à la violence conjugale, c’est la mentalité pro-contact, à tout prix, qui domine.
À la suite de ses conclusions, M. Lapierre a déclaré qu’il y a présentement, au Québec, des enfants qui courent un grave danger, alors qu’ils sont sous la garde d’inconnus ou avec l’agresseur lui-même et tenus à l’écart de leur mère protégeante.
Il a également déclaré que l'American Psychological Association a qualifié la théorie du «syndrome d'aliénation parentale» de « junk science».
M. Lapierre a souligné que tant que les services de protection de la jeunesse et les juges ne suivront pas de formation appropriée sur la violence conjugale, ils seront incapables de la reconnaître et de la comprendre.
Dans une entrevue accordée à CTV en octobre 2020, Lionel Carmant, le ministre responsable de la protection de la jeunesse, a convenu que les agresseurs utilisent des arguments de la pseudo-science du syndrome d'aliénation parentale pour obtenir la garde des enfants. [3]
M. Carmant a également confirmé qu’il y a effectivement des enfants, en ce moment au Québec, qui sont en danger parce qu’ils ont été éloignés de leur parent protecteur et ont été placés en foyers de groupe ou avec l’agresseur.
Toutefois, M. Carmant refuse de prendre action tant que le rapport de la Commission Laurent n’aura pas été déposé, soit en avril 2021.
Malgré qu’il reconnaisse les conséquences désastreuses du placement des enfants sous la garde d'inconnus alors que des parents abusifs forcent leurs ex-conjointes à engager des poursuites coûteuses au tribunal de la famille et de la jeunesse, le gouvernement Legault n'a pas réussi à résoudre ce problème systémique et n’a pas utilisé les avenues de l'éducation et la formation.
Il est impératif que nous soyons tous aux côtés de ceux qui sont opprimés et que nous protégions les droits des enfants et des victimes d'actes criminels.
Nous, les victimes de violence conjugale dont les enfants nous ont été enlevés de force sur la base d’une pseudo-science, demandons les actions suivantes de façon immédiate :
1- Que nos enfants soient de retour dans nos bras sûrs et aimants.
2- Que tous les jugements impliquant la notion d'aliénation parentale contre les victimes de violence conjugale soient immédiatement annulés et que nos enfants nous soient immédiatement confiés.
3- Que le gouvernement Legault assure rapidement que tous les juges et travailleurs de la protection de la jeunesse soient formés obligatoirement sur la violence conjugale, incluant la violence en contexte post-séparation.
4- Que le gouvernement Legault instaure immédiatement des lois pour protéger les enfants et les femmes victimes d'abus et de violence conjugale.
Nous, les victimes de violence conjugale, sommes épuisées financièrement. Face au refus d'agir du gouvernement, nous demandons aux gouvernements Legault et Trudeau de mettre en place immédiatement un programme de soutien et d'aide financière pour les victimes de violence conjugale qui ont perdu ou sont à risque de perdre leurs enfants au sein des tribunaux en matière familiale et en protection de la jeunesse.
Nous appelons tout le monde à se joindre à nous et à dire C’EST ASSEZ.
Veuillez SVP. signer et demander à vos amis et à votre famille de signer aussi.
Références
[1] Ces femmes qu'on tueyoutube.com
[2] Aliénation parentale dans les batailles de garde montreal.ctvnews.ca
[3] Extension du rapport sur la protection de la jeunessemontreal.ctvnews.ca